Quiconque aurait connu Andressa Alves il y a 17 ans aurait réfléchi à deux fois au moment de lui offrir une poupée. Elle ne jouait pas avec : elle préférait... les décapiter ! L’une des principales architectes de la victoire du Brésil en quart de final du Tournoi Olympique de Football Féminin, Rio 2016 avait une autre passion. "Le ballon, je ne jure que par le ballon depuis toute petite. Je n’ai jamais rien voulu d’autre", se souvient-elle pour FIFA.com après sa prestation aboutie face à l’Australie.

Quand on la voit déborder sur son côté gauche ou servir ses coéquipières sur un plateau, on se dit qu’en effet, elle a fait le bon choix en optant pour le ballon. Tant pis pour les poupées, elle n’en a plus besoin. Elles servaient juste de passe-temps en attendant que ses amis sortent dans la rue pour taquiner le cuir avec elle. "J’étais la seule fille. Les garçons m’aimaient bien parce que j’étais douée. Ils me choisissaient toujours en première", raconte-t-elle, aussi hilare qu'exténuée après un match éprouvant mentalement mais au dénouement heureux pour le Brésil.

Ce 16 août, place aux demi-finales du Tournoi Olympique contre la Suède. Ce sera l’occasion pour Andressa Alves de fouler la pelouse du Maracanã pour la première fois. "Même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais pensé pouvoir y jouer", explique-t-elle, tellement heureuse et surprise que ses yeux marron, grands ouverts, semblent sortir de leurs orbites. "Nous allons vivre un grand moment. Je n’en reviens pas. Le Maracanã est le temple du football brésilien. Zico, Ronaldo… Tous sont passés par là. Il me tarde d’y être pour prendre la mesure de l’événement."

Au niveau émotionnel, le fait de se produire devant des dizaines de milliers de Brésiliens représente une expérience unique pour les joueuses de la Seleção. Elles ne se mettent pas pour autant la pression : "Nous gardons les pieds sur terre. Sentir le pays derrière nous nous motive. Nous nous battons avec le soutien des supporters, qui nous transmettent leur énergie. Beaucoup de personnes nous encouragent. Je n’ai jamais joué devant autant de gens. Ouf... J’en ai déjà la chair de poule. C’est un magnifique moment pour nous. Les garçons jouent souvent devant 50 000 ou 60 000 personnes, mais nous non. Les gens nous suivent partout. Maintenant, nous sommes au Macaranã. C’est une autre dimension", estime-t-elle avant la demi-finale contre la Suède. "Nous ne devons pas nous emporter. Contre la Suède, nous nous attendons à un match difficile. Notre victoire 5:1 en phase de groupes ne veut rien dire. Les Suédoises ont très bien joué contre les États-Unis et nul doute qu’elles en feront de même face à nous".

Marta et destin rêvé
Preuve de la force mentale qui les animent, les Auriverdes viennent de remporter une rencontre crispante à Belo Horizonte, face à l’Australie. Toutes les actions brésiliennes, avec souvent Andressa Alves à la baguette, ont fini dans les gants de Lidya Williams ou sous les cris de frustration du public "Nous n’arrivions pas à marquer, mais je n’ai pas douté la moindre seconde, même lorsque Marta a manqué son penalty", assure-t-elle à propos d'un match qui s'est décidé aux tirs au but.

C’est justement Marta qu’Andressa rêvait d’être quand elle jouait au ballon dans la rue avec ses amis. Lorsqu’elle a partagé le vestiaire avec son idole, Christiane et Formiga pour la première fois, elle avait tout juste 20 ans. "Quand je les ai rencontrées, je suis restée bouche bée. Je les ai regardées pendant un moment en me disant : 'Marta, Cristiane...' Je n’en revenais pas ! Et dire que maintenant nous sommes amies et nous partageons le même toit ! Je n’aurais jamais imaginé pouvoir me retrouver ici avec elles pour disputer cette belle compétition."

Il suffit de voir Andressa Alves évoluer sur un terrain pour comprendre son parcours : comment elle en est arrivée là, sa participation à la Coupe du Monde de la FIFA, Canada 2015™ et son transfert au FC Barcelone après un an passé à Montpellier. Elle possède une foulée, une lecture de jeu, un caractère et un pied gauche précis. Les apparences ne trompent pas. Avec ses chaussettes à mi-hauteur, rentrées dans les protège-tibias, on sent qu’elle a le football dans la peau. Beaucoup plus que les poupées...