Saskia Bartusiak n’est pas près d’oublier cette journée. En l’espace de 90 minutes, elle a fêté sa centième sélection avec l'Allemagne et la première qualification de son pays pour une finale olympique. A l’Estadio Mineirão de Belo Horizonte, la Francfortoise a été l’une des architectes du succès de son équipe sur le Canada (2:0).

Non contente de contribuer à un exploit unique dans l’histoire du football féminin allemand, elle a également franchi un palier sur le plan personnel. "C’est super. Ça faisait un moment que j’y pensais. Bien entendu, c’est un hasard si j’ai franchi cette barre symbolique dans ces circonstances particulières. Mais je suis folle de joie. Ça y est, nous sommes en finale. Je pense que je me souviendrai longtemps de ce match", explique une Bartusiak ravie à FIFA.com.

En septembre 2015, la défenseuse avait hérité du brassard de capitaine suite à la retraite de Nadine Angerer. Pour sa première grande compétition internationale, elle a jusqu’ici fait preuve d’un grand courage, en dépit de résultats cahoteux au premier tour. La Nationalmannschaft féminine avait bouclé son parcours en phase de groupes sur une défaite face aux Canadiennes, mettant ainsi un terme à une série de 12 matches sans défaite contre cet adversaire. Avec quatre petits points, les Allemandes ont dû se contenter de la deuxième place. Mais dès le début de la seconde phase, elles ont montré un tout autre visage. "Nous nous sommes rapprochées", poursuit la joueuse du 1. FFC Francfort. "Nous avons eu un peu de mal en arrivant au Brésil mais nous avons toujours cru en nous-mêmes et nous avons corrigé certains défauts. Nous n’avons jamais douté, car nous savions que nous pouvions aller loin. Cette attitude nous a permis de monter en puissance dans les matches à élimination directe."

Relever tous les défis
Après une victoire à l’arraché (1:0) devant la RP Chine en quart de finale, les Allemandes ont confirmé leur montée en régime en s’imposant devant les Canucks au tour suivant. Pour autant, on aurait tort de croire que Bartusiak et ses coéquipières ont eu la partie facile. "Les Canadiennes sont très fortes. Elles nous ont posé beaucoup de problèmes", admet-elle. "Nous avons résisté et nous avons essayé de rester soudées. Ce tournoi est très exigeant physiquement, à l’image de cette rencontre. On peut féliciter toutes les joueuses qui ont contribué à cette victoire. Nous avons tout donné et c'est ce qui nous a permis d'arracher la victoire."

Forte de ce succès, l'Allemagne marche plus que jamais sur les traces de son homologue masculine. L'Estadio Mineirão réussit particulièrement bien aux équipes allemandes ces dernières années. "On nous a beaucoup parlé de la victoire des hommes sur le Brésil (7:1 en demi-finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2014™). La sélection olympique a également obtenu un excellent résultat ici (10:0 contre les Fidji). C’était de bon augure. De notre côté, nous avons fait le nécessaire pour prolonger la série."

Comme les protégés de Joachim Löw en 2014, les joueuses de Silvia Neid vont maintenant se rendre à Rio, où les attend un ultime test. Dans le match pour la médaille d’or au Maracanã, l’Allemagne donnera la réplique à la Suède. Mais pour la capitaine allemande, il est encore trop tôt pour entrer dans les considérations tactiques de ce duel. "On verra ça plus tard. Nous sommes tellement heureuses d’être les premières Allemandes à disputer la finale du Tournoi Olympique, nous avons encore du mal à y croire !", assure-telle. "Il faut prendre du recul, décompresser et mesurer la portée de notre exploit. Ensuite, nous pourrons relever tous les défis."