Les Suédoises rentrent au vestiaire. Elles viennent d'éliminer le Brésil de la course à l’or olympique au terme d’une séance de tirs aux buts. Les chansons pleuvent. En tendant l’oreille, on distingue quelques tubes des années 80, comme You Make My Dreams, du duo américain Hall & Oates, qui résonne comme un hymne.

L’image contraste avec le comportement affiché sur le terrain par la gardienne Hedvig Lindahl et sa défense, qu’elle dirige d’une main de maître. L’arrière-garde suédoise a su réagir après la lourde défaite subie face à ces mêmes Brésiliennes, dix jours auparavant (5:1). Lindahl a su faire preuve de sang-froid malgré 120 minutes éprouvantes, pour décoller de sa ligne et repousser deux tirs au but, notamment sur un missile d’Andressa qui prenait la direction de lucarne gauche. Lisa Dahlkvist a ensuite inscrit le tir au but de la victoire qui est venu doucher un stade prêt à s'enflammer (4:3). "Le public était contre nous, mais il n’y avait pas d’hostilité. Je n’ai pas ressenti de pression ni de stress. Jouer dans une des plus grandes ambiances de ma carrière m’a apporté confiance et motivation", glisse la gardienne à FIFA.com. "En fin de compte, c’est un duel entre moi et la tireuse. Si on fait abstraction du bruit, ou plutôt si on arrive à faire avec, les circonstances sont plus faciles à gérer."

Depuis qu’elles ont été cueillies à froid par une Seleçao déchaînée lors de la deuxième journée du Groupe E, les Suédoises ont su verrouiller en défense, avec l’aide providentielle de leur gardienne. Elles ont ainsi arraché un nul vierge à la RP Chine. Par la suite, elles sont sorties indemnes de deux matches compliqués en s’imposant aux tirs au but. En 240 minutes, face à des adversaires de prestige, elles n’ont cédé qu'à une seule reprise, face aux Américaines. "Notre tactique consiste à attirer nos adversaires afin de placer des contres. Mais c’est toute l’équipe qu’il faut féliciter. Pour jouer de la sorte, il faut vraiment être sûr de ses forces", explique Lindahl. "Aujourd’hui, par exemple, notre défense a renvoyé de nombreux centres."

La fête sera belle
Grâce à cette discipline et à cette implication, la Suède est d’ores et déjà assurée de remporter une médaille. Malgré ce succès, l’heure n’est pas encore à la fête. Il va falloir étudier et disséquer le jeu de l’Allemagne pour se parer d’or. En attendant, Emma Berglund et Olivia Schough vont pouvoir faire apprécier leurs talents de DJ. "C’est marrant. Il y a quelques années, quand les smartphones et les réseaux sociaux n’existaient pas, les célébrations dans les vestiaires étaient plus importantes. De nos jours, les filles communiquent avec leur famille, elles publient sur leur compte. Du coup, nous faisons confiance à Emma et à Olivia pour animer le vestiaire", confie Lindahl.

Au vu des exploits réalisés par la sélection de Pia Sundhage sur le terrain, nul doute que la fête sera belle. Peut-être les Suédoises décideront-elles de célébrer cette médaille sur le tube de Daryl Hall et John Oates, dont les paroles prendraient alors tout leur sens ? "Tu as ce que je désire. Et tu vas avoir du mal à me résister"...