Organisée à Hô-Chi-Minh-Ville, au Viêt-Nam, la Coupe d'Asie féminine de l'AFC a permis à cinq nations de se qualifier pour la prochaine Coupe du Monde Féminine de la FIFA™, désormais élargie à 24 équipes. Le Japon, vainqueur du tournoi, l'Australie, la RP Chine, la République de Corée et la Thaïlande ont ainsi validé leur billet pour Canada 2015.

Cette dernière fera sa première apparition en phase finale et deviendra la première équipe du sud-est asiatique à intégrer l'élite mondiale. L'autre sensation est venue de la Jordanie, première nation de l'ouest à se hisser parmi les huit qualifiés pour le grand rendez-vous continental. Enfin, les scores assez serrés entre les favoris et les outsiders montrent un nivellement des valeurs.

La hiérarchie a été respectée : les Japonaises, championnes du monde en titre, ont été sacrées face aux Australiennes. Cette conclusion était cependant loin d'être écrite d'avance car le Japon, malgré son sacre mondial en 2011, ne s'était jamais imposé sur son continent en 13 participations. Sa courte victoire 1:0 en finale sur les Matildas a mis fin à cette malédiction. Ce titre a également permis à la milieu de terrain Homare Sawa de remporter, à 35 ans, un titre qu'elle convoitait depuis de nombreuses années.

Toutefois, la sélection nippone a tremblé à plusieurs reprises. Elle a notamment dû remonter un handicap de deux buts pour arracher l'égalisation contre l'Australie, pour son entrée en lice. En demi-finale, les Japonaises ont bataillé ferme pour venir à bout d'une formation chinoise rajeunie. Les Nadeshiko n'ont dû leur qualification pour la finale qu'à un but décisif à la 122ème minute de la défenseuse Azusa Iwashimizu.

En finale, après un but en première période de cette même Iwashimizu, les Japonaises ont subi la pression de jeunes Australiennes, qui ne sont inclinées que face à l'expérience de leurs adversaires, même privées de plusieurs championnes du monde. "Pour le moment, l'écart est grand entre nos joueuses les plus expérimentées et les jeunes, mais l'objectif pour les 12 prochains mois est de faire fusionner ces deux groupes pour que nous puissions défendre notre couronne", explique le sélectionneur japonais Norio Sasaki.

De son côté, l'Australie est en pleine reconstruction après avoir remercié son ancienne sélectionneuse Hesterine de Reus. Son successeur par intérim, Alen Stajcic, a aligné six joueuses de moins de 20 ans en finale et se dit confiant pour l'avenir. "Pour rivaliser avec les meilleures, nous devons progresser techniquement", estime-t-il. "La prochaine fois que nous rencontrerons les Japonaises, j'espère que nous pourrons leur poser encore plus de difficultés."

Les outsiders se distinguent
La compétition a également vu le retour au premier plan de la RP Chine. Ancienne grande puissance du football féminin, le vice-champion du monde en 1999 vient de traverser une période difficile, marquée pour une non-qualification pour Allemagne 2011. Cette fois, l'Empire du Milieu a chuté aux portes de la finale et, malgré la blessure de plusieurs joueuses, est parvenu à décrocher la troisième place aux dépens de la République de Corée, également de retour sur le devant de la scène.

Avec leur quatrième place, les Sud-Coréennes mettent fin à 12 ans d'absence en Coupe du Monde. Lors de la phase de groupes, elles avaient pourtant terminé devant la RP Chine. Forte de ses six buts et de son titre de meilleure buteuse de la compétition à égalité avec la Chinoise Yang Li, la puissante attaquante Park Eunsun a été la révélation du tournoi. Park est d'ailleurs la seule Sud-Coréenne encore en activité à avoir disputé la Coupe du Monde 2003 aux États-Unis. À l'époque, elle avait 16 ans.

Le match pour la cinquième place devait sceller la première qualification de l'une des deux équipes pour l'épreuve suprême. Dans un stade comble, l'équipe locale du Viêt-Nam a disputé le match le plus important de son histoire. Malgré l'enthousiasme des supporters, la victoire est finalement revenue à la Thaïlande (2:1), un succès d'autant plus inespéré que les Thaïlandaises avaient eu toutes les peines du monde à se débarrasser des Philippines durant les qualifications.

Entraînée par Masahiko Okiyama, la Jordanie s'est révélée difficile à manœuvrer. Sa capitaine, Stephanie Al Naber, a signé l'un des plus beaux buts de la compétition lors de la défaite (3:1) face à l'Australie. "C'était une expérience enrichissante. Nous pouvons êtres fières de ce que nous avonns accompli", s'est félicité Okiyama. "Notre présence en phase finale témoigne des progrès que nous avons réalisés. Comme tous les autres concurrents, nous rêvions de la Coupe du Monde. Malheureusement, nous n'avons pas pu nous qualifier, mais nous espérons y parvenir la prochaine fois."