À seulement 25 ans, la défenseuse allemande Josephine Henning compte déjà trois Ligues des champions féminines de l'UEFA, quatre Bundesligas féminines, une Coupe d'Allemagne et un UEFA EURO à son palmarès. En juillet prochain, la native de Trier tentera d'ajouter la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™ à cette collection. En dépit de l'ampleur de la tâche, elle affiche une sérénité à toute épreuve. Il faut dire que, depuis son transfert au Paris Saint-Germain, tout lui sourit.

Lors du récent stage effectué par son équipe à l'Aspire Academy de Doha, Henning est revenue sur ses premiers souvenirs balle au pied avec son père, ses rencontres marquantes avec les Brésiliens Thiago Silva et David Luiz, son rêve de soulever un jour le trophée mondiale et ses premières impressions sur le Qatar.  

La liste de vos succès, en club comme en sélection, a de quoi donner le vertige. Comment avez-vous débuté cette ascension ?
Mon père jouait au football. Quand il avait entre 30 et 35 ans, il jouait souvent avec ses amis. Enfant, je courais entre leurs jambes et j'ai fini par jouer avec eux. Un jour, il m'a dit qu'il fallait que je me trouve un club. Nous avons regardé ensemble et, par chance, il y avait une équipe féminine près de chez nous.

Aujourd'hui, vous vivez à Paris et vous jouez pour le PSG. Avez-vous le sentiment d'avoir réalisé votre rêve ?
J'ai toujours voulu connaître une expérience à l'étranger. Je ne pensais pas que ce serait en France, si près de chez moi. De par la culture et l'environnement, j'ai parfois l'impression d'être très loin de l'Allemagne. Mais je peux être à Trier, chez ma mère, en trois heures. Quand je jouais à Potsdam ou à Wolfsbourg, il me fallait six ou sept heures pour la rejoindre. C'est merveilleux de jouer à Paris. Personnellement, je recommande à tout le monde de tenter sa chance à l'étranger. On en apprend beaucoup sur le pays, sa culture et le sport ; on se découvre aussi soi-même, ce qui n'est pas négligeable.

Vous vous apprêtez à relever un défi de taille avec l'Allemagne. Le parcours de l'équipe masculine en Coupe du Monde de la FIFA 2014™ est-il une source de motivation ?  
Ça nous pousse à faire aussi bien, évidemment. Nous voulons gagner. Tout le monde est motivé et ce serait une situation extraordinaire : l'Allemagne pourrait être championne du monde chez les hommes et chez les femmes. Mais, ça ne sera pas facile. Cette fois, il n'y aura pas seulement deux ou trois favoris. Je m'attends à des surprises car les écarts se sont encore resserrés. Sur le plan physique et tactique, les entraînements se ressemblent. Beaucoup de progrès ont été réalisés.

Quelle sera la clé du succès au Canada ?
Notre sélectionneuse a de l'expérience dans tous les domaines : les tournois, l'entraînement… Le groupe aussi a du vécu. Nous avons trouvé un bon équilibre entre jeunesse et expérience. Il ne nous reste plus qu'à tirer les leçons de ce qui a fonctionné et de ce qui n'a pas marché par le passé. Nous sommes prêtes. Nous jouons régulièrement à l'extérieur, afin de nous familiariser avec les conditions qui nous attendent au Canada.

Que comptez-vous faire pour vous détendre entre les matches au Canada ?
Comme tout le monde, je discuterai avec ma famille par Skype, j'écouterai de la musique, je m'allongerai pour regarder la télévision ou je me promènerai. Mais j'aime par-dessus tout parler avec mon frère. C'est mon confident et je sais qu'avec lui, je peux me laisser aller.

Auparavant, vous allez tenter de remporter une nouvelle Ligue des champions, comme l'équipe masculine du PSG. Existe-t-il des rapports entre les deux équipes ?
Je ne connais pas tout le monde, mais nous utilisons leurs installations, qui sont excellentes. Thiago Silva et David Luiz sont très sympathiques. Ils ont cette joie de vivre typiquement sud-américaine. Ce sont aussi des joueurs extraordinaires et des modèles intéressants, puisque nous évoluons au même poste. Nous savons que le PSG peut battre Barcelone. Le potentiel est là. Si les joueurs se concentrent sur leurs forces, ils peuvent se qualifier. Ce sera un beau duel. Nous regardons souvent les matches ensemble, pour encourager nos collègues.