Depuis ses débuts internationaux il y a dix ans, l'Allemande Célia Sasic est devenue une référence. En remportant le Soulier d'Or adidas de la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Canada 2015™, elle a définitivement gagné sa place dans l'histoire de la discipline. Auteure de six réalisations - une de plus que sa compatriote Anja Mittag -, à égalité avec l'Américaine Carli Lloyd, également auteure d'une passe décisive, mais avec plus de minutes passées sur le terrain, elle est en outre la deuxième Allemande à remporter ce prix très convoité, après Birgit Prinz en 2003.

Sasic a marqué un triplé contre la Côte d'Ivoire, un doublé contre la Suède en huitième de finale et un penalty contre la France au tour suivant. Elle occupe désormais la quatrième place du classement des meilleures buteuses de l'histoire de l'Allemagne féminine.   

Visiblement déçue de la défaite concédée à l'Angleterre dans le match pour la troisième place, Sasic a tout de même répondu aux questions de FIFA.com avant de quitter le Canada. Elle évoque le tournoi qui vient de s'achever, le parcours de la Nationalmannschaft et son rôle de buteuse.

Célia, que ressent-on en remportant une récompense de premier plan comme le Soulier d'Or ?
Je dois admettre que j'échangerais volontiers ce trophée contre un autre, pour l'équipe. Peut-être qu'un jour, je repenserai à ce moment avec fierté. Mais nous n'avons pas rempli notre objectif. Il m'est donc difficile de me réjouir pour le moment.

On imagine que ce dernier match vous a laissé sur votre faim...
Nous voulions rentrer chez nous sur une victoire et avec une médaille autour du cou. Malheureusement, nous n'y sommes pas parvenues.

Sur le plan personnel, comment avez-vous vécu cette compétition ?
J'étais heureuse de prendre part à une deuxième Coupe du Monde. Nous avons connu de beaux moments. Je pense à nos victoires sur la Suède et sur la France. C'est toujours dur de finir sur une défaite, mais je suis sûr que nous ressentirons bientôt beaucoup de fierté en nous penchant sur tout ce que nous avons accompli. Quoi qu'il en soit, c'était un magnifique tournoi.

Êtes-vous satisfaite de vos performances sur le plan individuel ?
Normalement, je ne suis jamais contente de moi car on peut toujours faire plus et marquer davantage. Mais je n'ai pas ménagé mes efforts et j'ai donné tout ce que j'avais à chaque fois. Je suis contente d'avoir inscrit six buts et d'avoir contribué au parcours de mon équipe.

Y a-t-il un moment en particulier qui vous a marquée ?
Je me souviendrai longtemps du tournoi dans son ensemble, de notre jeu et des matches que nous avons disputés. La façon dont nous avons battu la Suède et la France était incroyable. Tout le monde a mis tellement d'énergie et de force. Pour moi, ça prouve que cette équipe est capable de tout.

À l'inverse, quel est le souvenir que vous aimeriez oublier au plus vite ?
C'est dur de perdre en demi-finale, surtout lorsqu'on enchaîne sur une défaite dans le match pour la troisième place. La pilule est d'autant plus difficile à avaler que nous avions l'ambition de ramener une médaille. C'est ainsi.

Comment avez-vous abordé cette Coupe du Monde Féminine par rapport à la première, disputée il y a quatre ans ?  
La situation était différente. Il y a quatre ans, j'étais plus jeune, j'avais une autre place au sein du groupe. De plus, la compétition avait lieu en Allemagne, ce qui changeait aussi la donne. J'ai vraiment apprécié cette Coupe du Monde. J'ai pris plaisir à disputer tous ces matches de très haut niveau.