• Invaincue, la République d'Irlande est première ex æquo de son groupe de qualification pour France 2019
  • En novembre, les Irlandaises ont mis fin à la série de 11 victoires de rang des Pays-Bas
  • FIFA.com a rencontré Karen Duggan, Joueuse irlandaise de l'année

"Je ne sais pas si j'aurais les mots pour décrire ce sentiment." Difficile pour Karen Duggan de penser à la possible qualification de la République d'Irlande pour son tout premier grand tournoi féminin. "Depuis qu'on sait taper dans un ballon, c'est une chose à laquelle on aspire toutes", confie-t-elle à FIFA.com. "Quand le coup de sifflet final a retenti contre les Pays-Bas, ce fut l'un des plus beaux moments de ma vie. Pourtant, ce n'était qu'un match. Donc se qualifier pour un grand tournoi, je ne peux qu'imaginer le bonheur que ça doit procurer."

Ce n'était peut-être qu'un match parmi d'autres, mais cette rencontre aux Pays-Bas, qui s'est soldée par un nul vierge et a mis un terme à la série de 11 succès de rang des championnes d'Europe, a eu un impact important. Il a confirmé la volonté des Irlandaises de marquer les qualifications pour la Coupe du Monde Féminine de la FIFA™, elles qui revivent sous la houlette de leur sélectionneur Colin Bell. Après trois journées dans le Groupe 3, les guerrières de l'île d'Émeraude sont invaincues et occupent la première place avec les Pays-Bas.

"Quand vous pensez aux grands moments du sport irlandais en 2017, je crois que ce match doit se placer assez haut dans la liste", affirme Duggan à propos du nul obtenu à Nimègue. "Avant la rencontre, on a passé énormément de temps à analyser les Néerlandaises et à mettre en place un plan de jeu adapté. Colin a réussi à ce que tout le monde croie en notre approche."

"Je dirais que nous n'avons jamais eu une équipe aussi solide", ajoute Duggan. Tout est bien huilé. "Colin est notre premier sélectionneur à temps plein, ce qui nous a donné un petit plus. Il apporte une grande expérience. Les jeunes qui ont connu le succès dans les sélections juniors sont en train d'éclore et de s'imposer dans cette équipe."

Duggan comprend l'importance de Bell, l'entraîneur anglais, qui s'est forgé une carrière d'exception en Allemagne. "Il est professionnel jusqu'au bout des doigts", affirme la star de l'UCD Waves à Dublin. "Nous devons répondre à ses attentes." Malgré un départ tonitruant, les Irlandaises restent outsiders dans un groupe qui comporte donc les championnes d'Europe, mais également la Norvège, l'une des quatre nations à avoir brandi le trophée suprême. Pour faire mentir les pronostics, leur source d'inspiration pourrait se nommer Duggan. En effet, la polyvalente joueuse de 26 ans est la Joueuse irlandaise de l'année en titre, une récompense qu'elle a obtenue alors même qu'elle a refusé des contrats professionnels à l'étranger.

Le dilemme de Duggan

  • Partir ou rester ?
    Alors que ses coéquipières sont parties à la découverte des championnats anglais, allemand et américain, Duggan est restée en Irlande, avec les UCD Waves
    "J'adore jouer en Irlande et je veux rester en Women’s National League. Je travaille aussi pour une agence de conseils en management et j'ai de l'ambition dans cette société, une fois ma carrière de footballeuse terminée. Je m'entraîne seule pendant ma pause déjeuner et avec mon club le soir. Il faut faire preuve de discipline évidemment puisqu'il faut aller à la salle de sport toute seule. Ce n'est pas organisé, mais je sais que je dois en passer par là pour continuer à évoluer aux côtés des joueuses professionnelles de mon équipe. C'est un défi que j'aime relever."
  • Le foot ou le camogie ?
    Duggan a laissé tomber le camogie, un sport traditionnel irlandais (équivalent du hurling chez les hommes) dans lequel elle a pourtant remporté des titres, pour poursuivre ses rêves balle au pied
    "J'ai continué à pratiquer le camogie aussi longtemps que j'ai pu. Mais pour atteindre le niveau requis par Colin, il faut se dévouer à 100 %. Le football a toujours été ma priorité. Il offre des opportunités et des expériences qu'aucun autre sport peut offrir."

Ce 18 janvier, Duggan et ses collègues vont affronter le Portugal dans le premier match d'une double confrontation amicale, afin de bien se préparer à la reprise des qualifications pour la Coupe du Monde Féminine en avril.

"Après le match face aux Pays-Bas, on n'avait qu'une hâte : se retrouver sur le terrain parce qu'on veut continuer sur notre lancée", conclut-elle. "On sait que cette équipe est capable de se qualifier pour un grand tournoi. Tout le monde sait aussi qu'il reste beaucoup de chemin à parcourir avant de même penser à la Coupe du Monde. Mais on va continuer à travailler et à rêver."