Daviaga ne renonce pas
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Si le courage rapportait des médailles, la gardienne de la Papouasie-Nouvelle-Guinée Eileen Daviaga ne serait certainement pas rentrée les mains vides du Tournoi Olympique de Football Filles, Nankin 2014.

Le 20 août, la Slovaquie a composté son billet pour les demi-finales de la compétition en s'imposant 4:0 devant la sélection océanienne pour la dernière journée du Groupe A. Le public chinois n'est pas resté indifférent pour autant aux exploits du dernier rempart de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, qui a multiplié les interventions décisives. Il aurait sans doute été encore plus admiratif s'il avait su que la gardienne souffrait d'une blessure au majeur, contractée à l'échauffement.

Daviaga s'est contentée de laisser faire le médecin et, malgré la douleur, elle a réussi le match de sa vie. "Je crois que c'était ma meilleure performance", confirme l'intéressée au micro de FIFA.com, sans se soucier de ses doigts bandés. "Finalement, ma blessure n'a pas eu d'impact négatif sur ma prestation. Il n'y a rien de grave. Le médecin a dit que je serais totalement remise dans deux ou trois jours".

Gardienne de poche
Du haut de son mètre 58, elle est la plus petite gardienne du tournoi, à égalité avec la Mexicaine Paulina Gutierrez. Contrairement à cette dernière, qui n'a pas encore eu l'occasion de s'illustrer sur le terrain, Daviaga est considérée comme une pièce maîtresse de son équipe, comme en témoignent ses deux titularisations depuis le début de la compétition. Mais comment, malgré sa taille, a-t-elle réussi à surpasser toutes ses concurrentes ?

"Il y a cinq ans, j'ai commencé à jouer au football à l'école. J'ai vite découvert que j'avais une bonne détente", raconte-t-elle. "J'ai donc décidé de devenir gardienne. Nous étions trois en lice pour le poste, lors de la création de l'équipe des Jeux Olympiques de la Jeunesse. Les deux autres étaient plus grandes, mais j'ai tout de même pu me faire une place parmi les 18. Je suis très à l'aise sur les plongeons. J'ai une bonne détente et de bons réflexes. J'ai confiance en mes moyens. Généralement, j'ai tendance à hausser mon niveau de jeu en compétition, par rapport à l'entraînement".

La plupart des joueuses présentes il y a quatre ans à Singapour ont depuis intégré d'autres sélections de Papouasie-Nouvelle-Guinée. Certaines ont même été convoquées en équipe nationale. Encouragée par ses performances à Nankin, la gardienne compte bien marcher sur les traces de ses devancières : "Je veux continuer à progresser. J'espère être appelée dans les sélections de jeunes et, à terme, en équipe nationale. Comme mes aînées."

La Papouasie-Nouvelle-Guinée avait bouclé les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2010 avec trois défaites au compteur, sans avoir inscrit le moindre but. La série noire s'est prolongée à Nankin, avec deux nouveaux revers. Daviaga espère pourtant que sa présence dans le but permettra aux Kurakums d'enregistrer une première victoire historique avant la fin de cette édition 2014. "Je vais vite guérir, afin de pouvoir disputer le prochain match", annonce la gardienne, qui n'est pas du genre à reculer devant un défi.