Deux gardiennes sur un nuage
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Le Tournoi Olympique de Football Filles, Nankin 2014 a atteint des sommets de suspense, les deux demi-finales s’étant décidées aux tirs au but. Sans surprise, les gardiennes ont joué un rôle majeur dans le destin des équipes victorieuses.

Dernier rempart du Venezuela, Nayluisa Caceres a fait preuve de de sang-froid en neutralisant le Mexique malgré une blessure et en inscrivant elle-même le penalty de la victoire. Quant à Zheng Jie, deuxième choix dans les cages de la RP Chine, elle s’est montrée héroïque face à la Slovaquie en repoussant deux tirs au but consécutifs pour envoyer son équipe en finale.

Au-delà de la douleur
Après un premier tour paisible, le Venezuela a eu fort à faire face au Mexique en demi-finale. Les Sud-Américaines réussissaient une entame de rêve, l'attaquante Argelis Campos exploitant une erreur de la gardienne aztèque Kelsey Brann dès la deuxième minute. Mais Dayana Cazares a égalisait pour les Nord-Américaines six minutes plus tard. Les deux formations se neutralisaient ensuite, ayant chacune l'occasion d'inscrire le but du K.O.

Il fallait donc l’épreuve de vérité pour les départager. Et Caceres pour faire basculer le match en faveur de la Vinotinto : elle arrêtait d'abord la tentative de Montserrat Hernandez avant d’inscrire le tir au but victorieux. "Je ne pensais pas que ce match allait se jouer aux tirs au but", raconte l'héroïne à FIFA.com. "C’est clair que je ne m’attendais pas à devoir tirer moi-même donc je suis ravie d’avoir inscrit le tir au but de la victoire," ajoute-t-elle, arborant un gros bandage à son pied droit. "Je me suis blessée en seconde période. Une Mexicaine a tiré au but et j’ai plongé pour arrêter sa frappe puis une autre joueuse est tombée sur moi et je me suis fait mal au pied," explique le dernier rempart vénézuélien. "Mais je pourrai quand même jouer le prochain match... le match le plus important, face à la Chine ! Il va falloir dominer le pays hôte. Je suis d’attaque pour ce match."

La spécialiste
Par rapport à celui de Caceres, le chemin de Zheng Jie jusqu’à la finale a été plus court et moins douloureux. La gardienne chinoise n’est entrée en jeu qu’à deux minutes de la fin du temps réglementaire, sur un coup tactique de son entraîneur Lu Yiliang, désireux de faire appel à une spécialiste des tirs au but. Le match s’est terminé sur un 0:0 après 80 minutes et Zheng Jie s’interposant face aux deux premières tireuses slovaques, la capitaine Martina Surnovska et Tamara Gmitterova. En face, la RP Chine réalisait un sans-faute et s’imposait finalement 4:2.

"Nos adversaires se sont vraiment battues, mais le principal problème, c’est que nos joueuses étaient quelque peu nerveuses. Nous nous sommes créé plusieurs bonnes occasions que nous aurions facilement mises dedans en temps normaux," reconnaît après coup le sélectionneur chinois.

Interrogé sur l’entrée en jeu de Zheng Jie, le stratège chinois arbore un sourire entendu. "C’est vrai que nous avions un plan en cas de séance de tirs au but car elle est meilleure pour arrêter les penalties. Comment est-elle devenue une spécialiste de cet exercice ? La principale raison, c’est son talent. Sans cela, elle aurait pu s’entraîner tant qu’elle pouvait, cela n’y aurait rien fait." De quoi lui assurer une place de titulaire en finale ? "Pour l’instant, je ne sais pas. Tout dépendra des circonstances" !