Michu, un romantique dans un club atypique
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Dans un football professionnalisé à l'extrême, il est encore possible de trouver quelques romantiques capables de renoncer à une offre alléchante pour ne pas trahir le club cher à leur cœur. En 2010, un jeune milieu de terrain du Celta de Vigo, qui évoluait alors en deuxième division espagnole, a ainsi repoussé une proposition très tentante du Sporting de Gijón, engagé à l'échelon supérieur. La raison de ce refus ? Elle est toute simple : le Sporting est l'ennemi intime de son club formateur, Oviedo.

Cet épisode, qui a fait le bonheur des médias espagnols, a permis de découvrir un joueur qui, depuis, n'a cessé de faire parler de lui par son talent et ses buts. Aujourd'hui, on peut même affirmer sans crainte d'exagérer que Miguel Pérez Cuesta, alias Michu, fait partie des révélations de la Premier League, lui qui a inscrit 8 buts en 14 journées pour sa première saison à Swansea. "L'adaptation se passe très bien. La Premier League est l'un des meilleurs championnats du monde. Quand on m'a proposé de venir ici, dans une équipe qui joue très bien au football, avec Michael Laudrup comme entraîneur, j'ai été séduit", se réjouit-il lors de son entretien avec FIFA.com.

Michu a débarqué en Angleterre suite à une excellente saison en Liga sous les couleurs du modeste Rayo Vallecano. Ses 15 buts ainsi que ses surprenantes percées depuis l'entrejeu ont attiré l'attention du sélectionneur national, même si Vicente del Bosque ne lui a pas encore envoyé de convocation. "Je suis conscient que c'est très compliqué. En ce moment, la sélection est composée des meilleurs joueurs du monde. Ces joueurs sont doubles champions d'Europe et champions du monde donc à mes yeux, ils sont tout à fait légitimes…. jusqu'à Brésil 2014 au moins", sourit-il.

Pour le moment, il évolue à Swansea au sein d'une Pequeña Roja puisque quatre Espagnols font partie de l'effectif gallois. De plus, le système de jeu des Swans, basé sur la conservation de balle et la construction par l'arrière, rappelle étrangement celui de l'équipe de Del Bosque et du FC Barcelone. Malgré tout, Michu juge le surnom Swansealona un peu exagéré. "Personne n'est capable de jouer comme le Barça car personne n'a ses joueurs, mais c'est clair que nous cherchons à dominer nos adversaires avec le ballon. Ici, peu d'équipes cherchent à 'jouer au foot'. C'est un football plus physique, où l'on compte beaucoup sur les longues ouvertures et les deuxièmes ballons", analyse l'Asturien.

Un club atypique
Ce joueur qui n'a rien d'une diva s'est adapté sans problème à ce club atypique qu'est Swansea, où, faute de centre d'entraînement, l'équipe fréquente un gymnase où elle partage le vestiaire avec monsieur Tout-le-monde. "C'est assez étrange, mais je crois que ça s'explique par le fait que le club a grandi très vite en quatre ans. Il y a quatre saisons, ils étaient en League One. C'est un club humble, mais les supporters font beaucoup de bruit et le stade est toujours plein", affirme-t-il. "Bien sûr, on est habitués à ce que le vestiaire soit un endroit sacré mais ici, ce n'est pas le cas au quotidien. On partage l'espace avec des gens qui vont au bureau, qui accompagnent les enfants à la natation… mais on peut aussi se faire des amis", rigole-t-il.

Enchanté d'évoluer sous les ordres de son idole d'enfance, Michael Laudrup, Michu apprécie la façon de travailler du Danois. "Nous sommes très contents de lui car il accorde beaucoup de confiance aux joueurs et leur laisse beaucoup de libertés." Le numéro 9 des Swans nous explique aussi pourquoi les Espagnols réussissent aussi bien dans le championnat anglais. "Ici, il y a beaucoup d'espaces du coup, le footballeur espagnol, qui est habitué à jouer dans des périmètres réduits avec peu de touches de balle, a beaucoup de chances de réussir." Des exemples ? "Santi Cazorla, David Silva et Juan Mata étaient au-dessus en Liga… Ici, s'ils ont le temps de réfléchir, c'est bien simple, ils deviennent des stars mondiales. Ils sortent vraiment du lot."

Les Espagnols ont la cote
Selon Michu, le titre mondial de la Roja a permis de promouvoir le football espagnol. "L'étoile que les internationaux ont placée au-dessus de l'écusson en gagnant la Coupe du Monde a bénéficié aux autres Espagnols. Aujourd'hui, le footballeur espagnol est demandé et dans notre pays, on signe de bons joueurs pour pas cher", assure l'ancien joueur du Rayo Vallecano.

Le milieu de terrain sait de quoi il parle puisque Swansea a pu s'attacher ses services pour moins de trois millions d'euros. Pour l'instant, son aventure en Premier League se passe très bien. Le club gallois, dont il est le meilleur buteur, occupe actuellement la neuvième place du classement devant des ogres tels que Liverpool ou Newcastle. En prime, il a la possibilité, dans les jours qui viennent, d'accéder au dernier carré de la Carling Cup. "Mon rêve cette année, c'est de vivre une finale à Wembley". Un stade de légende pour l'un des derniers romantiques du football.