Sakho, l'assurance tout risque du PSG
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A la fois distant et incontournable, Mamadou Sakho est à 19 ans un cadre de la sélection Espoirs, qui débute vendredi ses éliminatoires de l'Euro-2011, mais également du PSG, qui tient là un joueur si habitué à dominer qu'il tombe encore parfois dans la facilité.

Profilé pour imposer sa masse musculaire en défense, le jeune homme a comme fait d'arme d'être le plus jeune capitaine de L1 depuis que son entraîneur d'alors, Paul Le Guen, convaincu de tenir une pépite, lui avait confié le brassard un soir de Valenciennes-PSG. A 17 ans.

Depuis, le brassard a disparu mais Sakho n'a plus quitté l'équipe. Etonnant destin pour ce pur produit d'une formation parisienne souvent décriée, et systématiquement surclassé capitaine des différentes sélections depuis son adolescence.

"Etre pro, ce n'était pas un objectif mais une obligation. Je ne suis pas né avec une cuillère en argent dans la bouche", témoigne Sakho. Dernier fils d'une fratrie de sept frères et soeurs d'origine sénégalaise, orphelin de père à 14 ans, Sakho a grandi dans le dur quartier parisien de la Goutte d'Or.

"Tête dure"
"Petit, j'étais la tête dure de la famille, se souvient-il. Je n'aimais pas qu'on m'impose les choses. A l'école, je chantais pendant les contrôles". Avec ce caractère turbulent, il évite de peu le renvoi du centre de formation du PSG.

Mutique, il compense cependant par son abattage et sa maturité, et le phénomène n'échappe pas aux grands clubs européens.

"On m'a beaucoup mis en avant à mes débuts. Je suis quelqu'un de réservé et je n'aime pas trop m'exprimer", explique Sakho, qui fuit systématiquement les sollicitations et se réfugie derrière son site internet officiel, une rareté pour un joueur aussi jeune.

"Grâce aux aléas de la vie, j'ai pris conscience que j'étais costaud mentalement, prévient-il. De l'extérieur on peut penser que je frime, mais ça ne me touche pas. Au PSG, peu nombreux sont ceux qui pensent à leur quartier. Moi, j'achète une quarantaine de places à chaque match".

C'est également lui qui, à 13 ans, a financé le voyage à la Mecque de ses parents avec ses première primes.

"Kirikou"
Supporteur de Paris avant d'être joueur, Sakho assistait aux matches "tout en haut du Parc", l'oeil rivé sur Gabriel Heinze. De l'Argentin, il a conservé l'âpreté et la haine de la défaite, lui qui n'a pu retenir ses larmes au lendemain d'un revers humiliant à Caen.

"Il est puissant et a un potentiel exceptionnel, décrypte son sélectionneur Erick Mombaerts. Il peut encore développer son sens tactique, et son jeu aérien. Malgré son bon pied gauche, il sait aussi qu'il doit sécuriser sa relance".

En effet, Sakho est tellement habitué à avoir le dessus qu'il donne parfois l'impression de verser dans l'excès de confiance et commet des erreurs évitables, comme cette malheureuse passe en retrait dimanche contre Lille.

"C'est un problème de concentration. Je suis conscient que j'ai un jeu à risque et je dois travailler là-dessus", explique-t-il.

"En identifiant ses axes de progression, il a déjà fait la moitié du chemin, tempère Mombaerts. Il est sur la voie royale. C'est forcément un défenseur d'avenir".

Vraisemblablement, le sien finira par rejoindre celui de la grande Equipe de France, où on verra alors cette crète capillaire qui lui vaut le surnom de "Kirikou".