On n'arrête plus le Stade Rennais
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Relégable après sa défaite face à Lorient, mi-septembre, Rennes est à portée de la tête de la L1 après sa victoire héroïque à 9 contre 11 samedi à Paris (2-1), un spectaculaire redressement né d'une réunion de crise qui s'est tenue au lendemain du revers dans le derby breton.

Depuis, le Stade Rennais, porté par un état d'esprit et des cadres retrouvés, a empoché 19 points sur 24, meilleure récolte du Championnat, de quoi nourrir de sérieux espoirs pour la suite de la saison.

Ironie du sort, la dynamique rennaise est née au lendemain de la quatrième défaite en cinq journées face à des Lorientais réduits à 9 (1-2). "On a eu une discussion entre nous, on s'est dit les choses, les vérités, et cela a eu son petit effet. Si on n'avait pas eu cette réunion, aujourd'hui on serait mal", déclarait cette semaine Kana-Biyik.

Frédéric Antonetti a aussi effectué des choix forts après cette défaite. Mvila a été sorti de l'équipe - il est en train de retrouver sa place de titulaire -, Théophile-Catherine déplacé sur la droite de la défense aux dépens de Danzé, aligné au sein d'un milieu plus renforcé. L'entraîneur s'est ainsi tourné vers un jeu moins ambitieux et davantage basé sur le contre, notamment à l'extérieur.

"On prend moins de risques, on est plus solides, et l'état d'esprit est complètement différent, ce qui fait notre force en ce moment", a résumé Pajot, louant samedi "l'état d'esprit de guerrier" de ses coéquipiers. Antonetti a lui salué une "force de caractère" qui faisait souvent défaut à ses troupes.

Des cadres au niveau
Si Makoun, arrivé à l'intersaison, a "stabilisé" l'équipe en devenant rapidement le "leader de vestiaire et de terrain" qui manquait, d'après Kana-Biyik, et si Alessandrini a confirmé son exceptionnel début de saison d'un nouveau but magnifique samedi, son sixième toutes compétitions confondues, les cadres de l'an dernier ont aussi retrouvé leur niveau.

Kana-Biyik, intraitable en défense samedi, revient à son meilleur niveau, comme Féret, buteur avant de se sacrifier lors du siège parisien en seconde période. Erding, remplacé dès la demi-heure de jeu après l'exclusion de Costil, restait lui sur quatre buts en cinq rencontres. Arrivé en janvier après une saison morose au PSG, il a depuis cet été trouvé à huit reprises le chemin des filets, toutes compétitions confondues, et sa complicité avec Alessandrini s'affine de match en match.

Les Rennais, à qui le propriétaire du club François-Henri Pinault, présent samedi, a offert après le match des bouteilles de Château-Latour, un Premier grand cru classé bordelais, ont passé avec brio ce test qui devait, d'après eux, matérialiser ou non leur regain de forme. Antonetti a espéré que ce match soit "un déclic", "un acte fondateur pour faire la plus belle saison possible." "Cela ne sert à rien de gagner ici si c'est pour gâcher après", a-t-il ajouté.

Après avoir rencontré tous les cadors du Championnat (défaites face à Lyon, Bordeaux, Marseille et Saint-Etienne, victoires contre Lille, Montpellier et le PSG), les Bretons affronteront des équipes supposées plus faibles jusqu'à la trêve, à commencer par l'Evian-TG samedi. Habitués à commencer fort avant de fléchir au printemps, ils ont peut-être cette fois déjà mangé leur pain noir et peuvent nourrir de solides espoirs européens pour la fin de saison s'ils poursuivent sur cette voie-là. "On saura vraiment où se situer à partir de la trêve", avait déclaré Kana-Biyik cette semaine, ne voulant "pas parler d'objectifs" et rappelant que Rennes "(pansait) encore ses plaies". Elle ont cicatrisé plus vite que prévu.