Nice - Cvitanich déjà "Super Dario"
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Adepte des réseaux sociaux et agitateur singulier des défenses, Dario Cvitanich, 28 ans, recruté l'été dernier par Nice à l'Ajax d'Amsterdam pour 400.000 euros et trois ans, a rapidement pris ses marques dans le club azuréen.

Auteur de cinq buts en dix matches de championnat - plus deux en Coupe de la Ligue à Brest -, l'Argentin à l'ascendance croate a pris une cadence (42% de ses tirs font mouche) justifiant son surnom de "Super Dario".

Claude Puel a apprécié, dimanche devant Toulouse, "le meilleur match" de sa recrue, qui a célébré son but (1-0/13e j.) en suçant son pouce, annonce mimée de la future naissance de sa fille.

"Il sait garder le ballon et possède la gestuelle du buteur. Il va crescendo et a encore une bonne marge de progression", estime l'entraîneur, persuadé que cet attaquant au format (1,74 m pour 72 kg) aussi atypique que le parcours (Banfield, Ajax, Pachuca, Boca Juniors) "en a encore en magasin".

"Ce n'est ni Pauleta, ni Trezeguet. Mais il est malin, intelligent et met beaucoup d'énergie à garder le ballon, il deviendra rapidement le chouchou du Ray", avait dit Renato Civelli de son compagnon de formation à Banfield et ami dans la vie.

Auparavant, un certain Marco Van Basten avait lui aussi flashé sur cet attaquant à l'ancienne, quitte à faire débourser à l'Ajax 7,5 millions d'euros pour l'engager en 2008 pour quatre ans.

"Cocon latino"
Cvitanich a été prêté en 2009 à Pachuca (Mexique), le temps de remporter la Ligue des Champions de la Concacaf, puis à Boca Juniors avec une finale en Copa Libertadores (défaite devant les Brésiliens de Corinthians) et le titre argentin, son "meilleur souvenir".

Taiseux d'apparence mais bavard sur Twitter, ce fan de Tevez s'est exprimé samedi. "Je suis un numéro 9 atypique dans un championnat très physique, je ne suis ni très grand, ni très costaud. Je joue sur la vivacité. Je dois être là pour sauter sur le moindre ballon qui traîne, sur la moindre occasion", a-t-il admis.

"Souvent les attaquants sud-américains ont besoin de temps pour s'acclimater, raconte Eric Bauthéac. Au début, on avait du mal à le trouver et lui à comprendre nos passes. Le travail d'ajustement aux entraînements paie. Je pense que notre cocon latino (Civelli, Ospina, Férnandez, NDLR) a facilité son adaptation".

"Il a déjà joué en Europe, cela aide, complète Civelli. Il commence à parler français et vit très bien dans le vestiaire. Il n'est pas discret, ni introverti. Ce n'est pas un leader non plus, il est juste réservé. Cela ne l'empêche pas d'être chambreur".

Ni d'être un attaquant précieux dans la construction et à fort tempérament capable de réussir une Panenka sur penalty (Montpellier 3-1/10e j.), une semaine après un échec dans l'exercice devant l'ASSE (1-1).

Buteur tout terrain (cinq de ses sept buts ont été inscrits en déplacement), Dario Cvitanich a très envie de réussir son retour en Europe. Le stade Bonal, où pas un Niçois n'a marqué depuis cinq ans, constitue un nouveau défi.