Montpellier - Cabella, l'homme providentiel
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Le milieu offensif Rémy Cabella, auteur du premier but face à Nice mercredi en quart de finale de la Coupe de la Ligue (3-2), s'avère l'homme providentiel de Montpellier, qui souffre depuis le début de saison et piétine dans son jeu depuis le transfert d'Olivier Giroud à Arsenal.

Depuis un an et le veto opposé par le président Louis Nicollin à l'entraîneur René Girard pour le remplacer lors du mercato hivernal, l'international Espoirs, âgé de 22 ans, s'est métamorphosé pour s'imposer comme une carte maîtresse du champion de France.

Animateur virevoltant, qu'il joue sur un côté ou comme meneur de jeu, Cabella s'émancipe en substituant peu à peu le superflu, qui irrite son entraîneur, par une efficacité déterminante. Joker lors de la seconde moitié de la précédente saison, il s'affiche désormais comme un titulaire incontournable et titille le N.10 Younès Belhanda, qui court après sa forme.

Laissé sur le banc de touche lors des couacs majeurs (défaites à Reims, contre Evian à la Mosson), ou encore à Rennes pour le dernier échec héraultais (2-1), Cabella enchaîne les matches et les buts, roue de secours d'une équipe en quête de la bonne carburation. Au tiers de la saison, il a déjà réussi trois passes décisives et cinq buts, dont trois inscrits lors des quatre dernières rencontres.

Auteur du but égalisateur devant le PSG (1-1) ou du but victorieux face à Bordeaux (1-0), meneur inspiré à Valenciennes (1-1), il tire presque à lui seul Montpellier de son cauchemar initial, contribuant à le rapprocher du milieu de classement de la Ligue 1 (12e) et à le maintenir en course en Coupe de la Ligue.

"Un peu junior dans le jeu"
"Rémy fait un début de saison remarquable, mais il faut être vigilant pour ne pas le perdre. Son but (face à Bordeaux ndlr) est le signe d'un garçon qui veut tout arracher", louait dimanche René Girard après le succès devant les Girondins. L'entraîneur a longtemps peu goûté les excentricités dans le jeu et la vie de Cabella, qui a cessé de décolorer sa crête et a repeint sa voiture orange dans un noir conforme au parking montpelliérain.

Ce fan du Madrilène Cristiano Ronaldo convainc peu à peu Girard par son réalisme et concilie son talent instinctif aux contraintes collectives. "Rémy est un peu junior dans le jeu. Il n'a qu'un souci, c'est attaquer, c'est aller vers l'avant. A ce niveau-là, de temps en temps, il faut mettre le frein à main. Pour gravir encore un cran, il faudra qu'il soit attentif à ça", souligne Girard.

Meneur influent à Lorient, à Valenciennes ou face à Nice mercredi, Cabella empiète sur le territoire de l'international marocain Belhanda, orphelin de Giroud, à court de confiance et agacé par les sifflets du public héraultais. "Younès est présent dans la conservation du ballon, mais il pourrait aller plus facilement de l'avant", regrettait dimanche Girard.

L'entraîneur ne veut pas jouer l'un contre l'autre, mais préfère l'un avec l'autre en attendant que les états de forme des deux anciens vainqueurs de la Coupe Gambardella (2009) se mettent au diapason.

Pour l'instant, la cote de Cabella, dont l'influence est proportionnelle à sa présence dans l'axe, ne cesse de grimper jusqu'à attirer l'attention de Didier Deschamps, qui l'avait déjà présélectionné pour le dernier Italie-France.