Le Tallec, entre jeune star et vieux briscard
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"Tout va très vite dans le football". La formule est classique mais elle colle parfaitement à la carrière d’Anthony Le Tallec. En quelques saisons, l’éternel espoir du football français, vainqueur de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA en 2001, a échangé le statut de jeune star contre celui de vieux briscard. En quelques jours, il est passé du milieu de tableau de Ligue 2 avec Auxerre aux sommets de la Ligue 1 avec Valenciennes. En quelques minutes, le natif d’Hennebont est revenu au micro de FIFA.com sur 10 années de carrière professionnelle.

"J’ai beaucoup changé. L’Anthony d’aujourd’hui est très différent du Le Tallec champion du monde U-17 en 2001. J’ai pris de l’âge depuis tout ce temps et gagné en maturité", souligne l'heureux papa d’une petite fille. "Avec la paternité, on ne voit plus les choses de la même manière. Les priorités ne sont plus les mêmes. Ma fille me booste, c’est une source de motivation. J’étais heureux en 2001, je suis épanoui aujourd’hui."

Un regret vert
Le sourire est le même, mais le frêle athlète au visage juvénile de Trinité-et-Tobago s’est transformé en un attaquant costaud d’1m84 avec le poids des années. Identique est le talent, les bonnes performances sont toutefois plus régulières et l’influence sur le terrain plus grande. Aujourd’hui, Anthony Le Tallec est tout simplement l’un des meilleurs attaquants du championnat de France, auteur de 9 buts cette saison si l’on cumule le début d’exercice avec l’AJA en L2 et la suite avec Valenciennes en L1. Lui résume : "C’est simple, j’ai 28 ans aujourd’hui, je suis dans la force de l’âge. Je donne la pleine mesure de ce que je peux donner, dans un club où je peux exprimer mes capacités."
 
Ça a n’a pas été toujours le cas. Transféré du Havre, son club formateur, à Liverpool en 2003, à 18 ans, Le Tallec n’a jamais eu véritablement la possibilité de s’imposer à Anfield. "Je n'ai aucun remords. J’ai connu de très grands joueurs, un très grand club. C’était une superbe expérience", affirme-t-il, avant de tempérer : "Mon seul regret est d’avoir demandé à Rafael Benitez à être prêté à Saint-Etienne en 2003." Car en allant chez les Verts, il ne verra plus les Reds.

Mais il n’aura pas tout perdu. C’est en effet dans le Forez qu’il y rencontrera son actuel entraîneur à Valenciennes, Daniel Sanchez, alors adjoint d’Elie Baup. "Il a pu voir mon potentiel à l’époque. Il m’a suivi depuis toutes ces années. C’est quelqu’un qui, je crois, m’apprécie. Et c’est réciproque", avoue Le Tallec sept ans plus tard, après des aventures plus ou moins heureuses à Sunderland, Sochaux, Le Mans et Auxerre. Sanchez, lui, est emballé : "C'est une bonne recrue. Je le connaissais et je savais qu'il pouvait nous apporter beaucoup. Il s'est intégré avec beaucoup de facilité. Il est en réussite, profitons-en," a-t-il commenté sur RMC.

A l’arrivée, Valenciennes est actuellement cinquième de Ligue 1, proposant un jeu à la foi efficace et séduisant : "Ça joue bien, offensif, aéré. Ça me convient parfaitement. J’ai un entraîneur et un président qui me font confiance. C’est un club qui me correspond. Tout va bien." Pour autant, pas question de s'enflammer : "L’objectif du club est de se maintenir le plus vite possible. A titre personnel, je vise un maximum de passes décisives et de buts. J’en ai inscrit huit avec Le Mans en 2009/10, ça serait bien de battre ce record !"

Un rêve bleu
Mais derrière les buts se cachent également des rêves. Et l’équipe de France en reste un pour celui qui a porté le maillot des Espoirs à 36 reprises pour 12 buts marqués : "Bien sûr que c’est dans un coin de ma tête. On veut toujours atteindre ce qu’il y a de plus beau et de plus haut. Ça m’a fait plaisir de voir mon nom circuler dernièrement comme étant un Bleu potentiel. On l’espère toujours un peu, mais je ne me prends pas la tête avec ça. Il faut que ça continue à bien marcher avec Valenciennes, mais là c’est un peu trop tôt je pense."

C’est en revanche, semble-t-il, trop tard pour son autre ambition : jouer un jour au Paris Saint-Germain : "Ça a toujours été un rêve pour moi, c’est sûr, mais j’ai conscience que ça sera un petit peu plus compliqué maintenant avec l’arrivée des Qataris. Mais s’ils cherchent un attaquant français dans l’avenir, je serai là !"

Entre un passé simple et un futur conditionnel, Le Tallec préfère donc choisir le présent : "Je me demande souvent pourquoi je n’ai pas eu la carrière de Carlos Tevez ou Fernando Torres, que j’ai affrontés en 2001. Je n’ai pas la réponse. Une carrière se joue sur des détails. Mais je n’ai pas l’impression que la mienne ait été gâchée. Je suis toujours là. Je n’ai pas dit mon dernier mot."