Matuidi éclaire la bataille du milieu
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Seul buteur d'un sommet Paris SG-Lyon assez pauvre en occasions, Blaise Matuidi a par son action décisive apporté un peu de lumière à un match où l'essentiel s'est joué dans les durs combats du milieu de terrain, là où il a comme d'habitude répondu présent.

Le premier tiers de la saison avait été le sien et celui d'Ibrahimovic. Placé le plus souvent au poste de relayeur gauche, il s'était imposé comme un élément indiscutable du 11 de Carlo Ancelotti par son travail incessant à la récupération et à la remontée du ballon. Depuis quatre matches et l'installation du 4-4-2, sa position est plus reculée mais sa mission n'a pas fondamentalement changé.

En laissant l'essentiel des sales besognes au nettoyeur Thiago Motta, l'ancien Stéphanois garde la liberté d'aller franchement de l'avant, comme il l'a fait sur l'action du but vainqueur. Au bout d'une action partie d'une relance de Thiago Silva dans la surface, c'est bien le milieu de terrain des Bleus qui était là, plein axe, pour reprendre de la tête un centre d'Ibrahimovic et tromper Vercoutre (45+1).

Dès le début de la saison dernière, sa première à Paris, Matuidi avait annoncé que le principal cap à franchir pour lui se trouvait dans le jeu offensif. Le travail a été payant puisqu'à une journée de la trêve, le voilà déjà à quatre buts, trois en Ligue 1 et un en Ligue des Champions. "D'habitude j'en mets trois par saison, là j'en suis à trois en novembre, c'est bien", avait-il lâché dans un sourire après le dernier en date, le 24 novembre contre Troyes.

C'était déjà sur une passe décisive d'Ibrahimovic, la bonne entente entre les deux hommes étant attestée par le fait que trois des quatre buts de Matuidi ont été offerts par le géant suédois. Mais "la faucheuse", son dernier surnom, choisi par Christophe Jallet, n'en a pas pour autant oublié sa mission première.

Bleu de chauffe
Multipliant les allers et retours sur toute la longueur du terrain, il a récupéré quantité de ballons à l'image de cet énorme retour sur Gomis à la 49e minute. Mettre le bleu de chauffe était d'ailleurs indispensable car Matuidi et les Parisiens étaient confrontés avec le milieu lyonnais à ce qui se fait de mieux dans ce domaine en L1.

En dépit de l'absence de Grenier et Gourcuff, le très travailleur triangle Malbranque-Gonalons-Fofana a posé beaucoup de problèmes au PSG, au moins jusqu'à l'heure de jeu et à la baisse d'influence sensible de Malbranque. Au centre de tout, celui qui a passé dix saisons en Angleterre a comme presque toujours depuis le début de saison été teigneux, précieux et longtemps clairvoyant, s'offrant même un petit pont sur Ibrahimovic (53).

Derrière lui, Gonalons a montré pourquoi le sélectionneur Didier Deschamps avait choisi de lui accorder sa confiance depuis sa prise de fonction. Autrefois trop brutal, Gonalons est devenu un joueur très propre, techniquement précis et toujours à la recherche de la passe qui fera avancer le jeu et son équipe.

Fofana a quant à lui été plus discret mais son ouverture magnifique du gauche a été à l'origine de la meilleure occasion lyonnaise, la volée du gauche de Lisandro repoussée par le poteau de Sirigu. Face à ces trois combattants, le combat a été âpre mais c'est bien Matuidi qui en est sorti vainqueur.