Montpellier ne digère toujours pas son titre
© AFP

Le champion de France Montpellier n'a pas réussi à digérer le premier titre de sa jeune histoire et à supporter le menu copieux de la Ligue des champions, bouclant à la trêve une première moitié de saison qui laisse le club sur sa faim.

Après la défaite concédée samedi à Lille (4-1), la plus sévère de la saison, les Héraultais pointent à la 11e place, avec 26 points, à douze longueurs de la tête de la L1 et bien loin des objectifs initiaux. Le club n'a pas non plus tenu le choc pour sa première participation en Ligue des champions, avec deux petits points récoltés et aucune victoire.

L'équipe de l'entraîneur René Girard, plombée par le transfert à Arsenal de son attaquant international Olivier Giroud, la déception du recrutement, les tensions internes et le rendement insuffisant de certains leaders, a été incapable d'assumer son nouveau statut de champion.

Alors que depuis trois saisons Montpellier négociait très bien ses entrées en matière, cette année le club a signé un très mauvais départ, avec seulement huit points lors des neuf premières journées. Deux défaites, une chez le promu Reims (3-1) lors de la 5e journée et l'autre à domicile face à Evian (2-3) lors de la 8e journée, ont plongé Montpellier dans le bas du classement et ont plombé son parcours en Ligue 1.

Le club héraultais a payé au prix fort l'échec de son recrutement, notamment l'indigence de l'attaquant Emanuel Herrera, qui n'a jamais fait oublier Giroud (meilleur buteur de L1 avec 21 buts et auteur de 10 passes décisives), et les erreurs répétées du défenseur Daniel Congré, débauché de Toulouse pour plus de 5 millions d'euros. Presque invulnérable à la Mosson la saison passée, l'équipe de René Girard a cette année dû attendre le 27 octobre pour connaître son premier succès à domicile, aux dépens de Nice (3-1).

Les blessures s'accumulent
"On a très, très mal débuté. Il a fallu quelque temps, quelques mois, à certains joueurs pour retrouver leurs esprits après le titre", consent le jeune milieu offensif Rémy Cabella, l'un des rares joueurs à son niveau. "Sans la Ligue des champions, il y a moins de stress, moins de fatigue physique et mentale. On peut bien finir la saison, si on préserve le même état d'esprit, et le même niveau que lors des derniers matches", ajoute-t-il.

Montpellier s'est en effet recentré sur le championnat après sa défaite à la Mosson devant l'Olympiakos Le Pirée, rédhibitoire pour la poursuite de son aventure en Ligue des champions comme en Europa League. Manquant grandement d'expérience, la formation héraultaise, charpentée autour d'anciens joueurs du centre de formation (Belhanda, Yanga-Mbiwa ou encore Saihi) n'a jamais réussi à concilier les deux compétitions et en a payé le prix sur le plan physique et mental.

Epargné depuis plusieurs saisons par les blessures, Montpellier comptait samedi à Lille, pour la dernière journée avant la trêve, neuf joueurs absents. Aux mauvais résultats s'ajoutent les tensions qui ont pollué l'atmosphère: l'affaire Jeunechamp, suspendu un an pour avoir frappé un journaliste après le match à Valenciennes le 17 novembre, ou encore les critiques publiques du président Louis Nicollin, mécontent de la première moitié de saison et pas convaincu de reconduire le contrat de son entraîneur René Girard, libre en juin.

Reste à savoir si cette première partie de saison manquée peut se conclure par le divorce des deux artisans de la conquête du titre.