Nancy - La statégie de l'après-Fernandez
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Le président de Nancy a fait appel vendredi à "un homme de l'ombre", Patrick Gabriel, directeur du centre de formation, pour prendre en charge l'équipe première et tenter de sauver sportivement le club, dernier de Ligue 1, également dans le rouge financièrement.

Patrick Gabriel a été nommé au moins pour le match de championnat de samedi à domicile contre Lille. "On va déjà travailler sur ce match et après on verra", a déclaré le président Jacques Rousselot lors d'une conférence de presse.

"Aujourd'hui, il y a un entraîneur. Ce n'est pas facile, on est dans une situation économique difficile", a-t-il ajouté, écartant pour l'instant la nomination de Pablo Correa, ancien entraîneur de l'ASNL, qui s'est dit intéressé après l'annonce du départ de Fernandez et a même reconnu avoir été contacté.

Le président nancéien n'a par ailleurs pas caché son amertume au sujet du départ de Fernandez, arrivé en 2011 et qui était sous contrat jusqu'en 2015. "J'ai appris par la presse que notre entraîneur nous quittait, a expliqué M. Rousselot. Après les choses se sont décantées. La résiliation est signée. Je ne ferai pas de commentaires, je suis suffisamment amer et je ne veux pas aller au-delà de ce que je me suis fixé comme ligne de conduite", a-t-il dit.

"Quand on vit dans la douleur, comme je l'ai dit à plusieurs reprises depuis trois mois, et que du jour au lendemain votre cadre principal quitte le navire, c'est plutôt difficile à accepter, a-t-il ajouté. "J'ai vraiment du mal à retenir ce que j'ai sur le coeur mais c'est un choix. Compte tenu des difficultés économiques de l'ASNL, l'accord qui a été trouvé est acceptable", a-t-il conclu (Fernandez percevait un salaire mensuel estimé à au moins 110.000 euros).

"Logique financière"
"J'assume ma part de responsabilités, c'est normal", a pour sa part confié Jean Fernandez au journal l'Est Républicain. "Si j'avais eu une lueur d'espoir que l'équipe puisse de nouveau s'en sortir avec moi, je me serais battu au maximum mais ce n'était pas le cas. Il n'y a pas les moyens de renforcer l'équipe comme on l'avait fait l'hiver dernier en prenant Puygrenier et Mollo. C'est la logique financière qui l'emporte aujourd'hui pour la pérennité du club et mon départ va dans ce sens. Il faut respecter ça en tenant compte de toute l'énergie et de tout l'argent dépensés par le président Rousselot", a-t-il ajouté.

Pour remplacer Fernandez, "on a pensé que la solution venait de l'intérieur", a indiqué le président. "Je me suis appuyé sur un fidèle, un homme de l'ombre que je connais depuis 20 ans, qui a vraiment fait un travail considérable depuis quatre ans sur le recrutement des jeunes".

"Il y a une mission à remplir, un match à faire, on ne discute même pas. On va au feu, c'est tout", a de son côté lancé Patrick Gabriel, qui récupère un groupe en plein doute, dernier de L1 avec une seule victoire en 19 journées et qui devrait beaucoup changer d'ici la fin du mercato en raison des difficultés financières du club.

"Il y a quatre ou cinq joueurs que nous avons ciblés. Pour l'instant, nous discutons", a révélé Jacques Rousselot avant de se montrer autoritaire: "Pour autant, je ne braderai pas ces joueurs-là ! Il ne faut pas que les clubs qui m'appellent pensent que je suis encore patron d'un supermarché et que c'est la braderie ou les soldes...".