Lyon - A l'heure du mercato, la voie d'Aulas
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Comme l'été dernier, le président de Lyon Jean-Michel Aulas a choisi après un succès à Troyes qui a offert à son club la place de leader d'occuper l'espace médiatique pour mobiliser les énergies et convaincre que l'ambition demeure, malgré son intention de se séparer d'un ou plusieurs joueurs.

"Ce n'est pas parce que l'on perd un joueur que l'on s'affaiblit", a-t-il encore insisté samedi, ajoutant qu'il espérait bien garder les commandes du championnat "le plus longtemps possible". "Plus nous serons premiers vers la fin, et mieux ce sera", a-t-il même confié à OLTV, la chaîne de télévision du club, suggérant qu'il n'a pas renoncé au 8e titre de champion malgré la puissance sportive financière du Paris SG.

"Notre effectif est très brillant et nous permet d'envisager de briguer au moins les places qualificatives pour la Ligue des Champions. Je pense que le PSG est très au dessus, compte tenu des moyens mis en oeuvre", glisse-t-il pourtant sur son principal concurrent, actuel 2e du classement.

Mais alors que le PSG semble afficher un manque d'unité sur l'attitude à adopter lors du marché hivernal des transferts, l'OL ne parle que d'une seule voix, celle de son patron. "Je n'ai pas grand chose à dire là-dessus. J'essaie d'en faire abstraction avec les joueurs. Vivement le 31", reconnaît ainsi l'entraîneur Rémi Garde, fataliste mais respectueux de la ligne présidentielle.

"Les entraîneurs n'ont pas envie de voir bouger leur effectif, je le comprends. Mais dans la réalité, les choses sont très actives et mon propos n'est pas seulement économique. Il tient aussi au respect des équilibres psychologiques et relationnels", souligne de son côté JMA.

Réduire la concurrence
"Nous voulons réduire à la fois la masse salariale et la concurrence sportive", explique l'homme fort du club rhodanien, qui souhaite ainsi dynamiser l'état d'esprit des joueurs en supprimant "les doublons" sur certains postes. Selon lui, ceux-ci peuvent nuire au rendement du groupe, à son ambiance mais aussi à la promotion de jeunes talents du centre de formation avec au final, là aussi, des implications financières négatives.

Ainsi, Lisandro ne cache plus son mal-être de ne pas jouer avant-centre, seul poste que peut occuper Gomis, meilleur buteur de l'équipe. L'Argentin a même rendu son brassard de capitaine, attribué désormais à Gonalons. Entre Lisandro et Gomis, qui ont joué ensemble samedi dans un mélange de 4-2-3-1 et de 4-4-2, l'OL est donc apparemment prêt à choisir.

Le président a également fustigé le sous-emploi de certains éléments. "Engager des joueurs sans les faire jouer, c'est investir sans retour", a-t-il estimé, citant l'exemple de Monzon, transféré cet été de Nice avec un contrat de quatre ans et qui ne s'est pas imposé. "Quand on est joueur professionnel, il faut jouer et Fabian le fera à Fluminense où il va être prêté ce qui va immédiatement soulager notre masse salariale", a-t-il ajouté.

D'autres pourraient suivre l'Argentin, également sous forme de prêt même si pour le "Boss", "l'idéal serait de réaliser un gros transfert d'ici au 31 janvier". Mais pour l'heure, les propositions ne se bousculent pas car les salaires des joueurs lyonnais sont très élevés. En outre, la situation financière difficile de l'OL est connue et n'incite pas les clients éventuels à formuler des propositions importantes. Ainsi, la Juventus Turin, a demandé à se faire prêter Lisandro, une possibilité refusée par l'OL.