Alessandrini, le panache et l'envie
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Après sa qualification en finale de la Coupe de la Ligue et sa victoire à Bastia en championnat le 20 janvier dernier, le Stade Rennais, 5ème de Ligue 1, aborde la réception de l'Olympique de Marseille, troisième, avec un mélange d'euphorie et de prudence.

Pour Romain Alessandrini, natif de Marseille, recevoir l'équipe où il a effectué une bonne partie de sa formation a forcément une saveur particulière… et inédite puisque c'est la première saison dans l'élite de ce milieu de terrain de 23 ans, dont le talent éclate depuis quelques mois.

"Personnellement, j'ai envie de faire un meilleur match qu'à l'aller, où je jouais un de mes premiers matches en tant que titulaire", confie Alessandrini à FIFA.com, évoquant la défaite 1:3 subie à Marseille le 2 septembre dernier. "Mais c'était pour moi une émotion énorme de fouler la pelouse du Vélodrome, parce que j'assistais à tous les matches là-bas quand j'étais gamin."

Ce retour aux source est d'autant plus émouvant que le joueur revient de loin. Son parcours professionnel a commencé en National avec le FC Gueugnon en 2008 et, après une blessure qui l'a mis sur la touche presque une saison entière, il a connu la Ligue 2 avec Clermont Foot pendant deux ans. C'est là qu'Alessandrini a pris son envol, élu deux fois dans l'équipe-type de la saison : "Ça m'a apporté beaucoup de confiance. C'est toujours plaisant de voir son travail reconnu par tous, et j'étais très fier d'en faire partie".

Le fond et la forme
Cette reconnaissance a été le tremplin idéal vers le plus niveau. Lancé à pleine vitesse lors de son arrivée en Bretagne l'été dernier, Alessandrini n'a pas tardé à s'imposer comme titulaire : "J'avais à coeur de montrer ce que je pouvais donner sur un terrain. Après ma première année à Clermont, j'avais déjà eu l'opportunité d'évoluer en Ligue 1. Je pense que je n'aurais pas fait la même chose si j'avais franchi le pas plus tôt. Cette deuxième année en Ligue 2 m'a fait énormément de bien, et je pense que ça joue un rôle dans le fait que je sois plus libéré cette saison".

Fantasque et culotté, le gaucher est tout simplement le meilleur finisseur du club avec Julien Féret (8 buts), et s'est même offert le luxe de signer quelques chefs d'oeuvre, comme un missile du droit contre Lille, une reprise de volée en pleine lucarne contre Nancy, ou une ouverture du score inspirée contre le Paris Saint-Germain lors de l'héroïque victoire des Bretons au Parc des Princes, le 17 novembre dernier, à neuf contre 11. 

Même si Alessandrini a dû s'adapter à la rigueur du haut niveau sous la direction de Frédéric Antonetti, il a su conserverune part de folie : "Ma spontanéité est une de mes qualités depuis un moment déjà. L'entraîneur m'a beaucoup appris sur mon placement sur le terrain, et je sens que je m'améliore de plus en plus dans ce domaine. J'essaie malgré tout de garder mes spécificités et faire ce que je sais faire dans les 30 derniers mètres, avec plus ou moins de réussite… Mais en ce moment ça va !", juge-t-il en rigolant.

Des exemples à suivre
Affichant un meilleur ratio de buts par match depuis son passage en Ligue 1, il attribue aussi cette réussite à la grande forme de ses coéquipiers en attaque : "Quand on joue avec Féret, Mevlüt Erding ou Jonathan Pitroipa, c'est certain qu'on se procure beaucoup plus d'occasions…"

Et ces derniers profitent aussi largement de l'activité de leur nouveau coéquipier dont les coups d'éclats à la finition sont agrémentés d'une grande débauche d'énergie sur le terrain : "Ça fait partie de moi d'être au pressing tout le temps, de courir partout et de me donner à 200%, même aux entraînements. Je ne relâche jamais mes efforts, et c'est ce qui fait le joueur que je suis. Si je n'ai pas ça, je deviens un joueur moyen. J'ai besoin de cette fraîcheur pour apporter des choses à mon équipe."

Cette générosité sur le terrain, ces inspirations offensives et cette percée éclair dans l'élite ne sont pas sans rappeler le profil de deux internationaux français qui évoluent au même poste qu'Alessandrini : Franck Ribéry et Mathieu Valbuena. Une similitude qui n'a pas échappé à l'intéressé : "Ce sont deux joueurs que je suis beaucoup, parce qu'ils ont connu comme moi une ascension depuis le National. Alors je regarde ce qu'il faisaient quand ils avaient mon âge, et j'essaie de m'en inspirer parce que ce sont de grands joueurs. Ils ont montré que tout pouvait arriver dans le football, et leur exemple me pousse à tout donner pour ne pas avoir de regrets".