Montpellier - Herrera trouve ses marques
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L'attaquant argentin Emanuel Herrera, arrivé à Montpellier cet été, trouve peu à peu ses marques au coeur de l'effectif du champion de France longtemps nostalgique de l'attaquant international Olivier Giroud et incapable de confirmer son titre.

Progressivement, l'ancien joueur du club chilien d'Union Espanola, âgé de 25 ans, s'affranchit de l'attente.

"Même s'il n'est pas encore au maximum, il a compris ce qu'il fallait faire. C'est même bien ce qu'il fait. Il est bien physiquement et mentalement au point de trouver sa place", apprécie René Girard, l'entraîneur de Montpellier.

Formé à Rosario et révélé au Chili, l'Argentin paraît prendre une nouvelle dimension depuis la trêve hivernale. Il a inscrit trois buts en six rencontres jusqu'à marquer les esprits au cours de ses deux ultimes titularisations en Ligue 1 à Marseille (3-2) et devant Sochaux (2-0).

Au Vélodrome, il s'est défait du marquage de la solide défense Nkoulou-Lucas Mendes, avant d'effacer le gardien Mandanda. Face à Sochaux, il a réussi une superbe reprise de volée au bout d'une action qu'il avait initiée avant de sortir sous l'ovation du public de la Mosson.

Réputé pour ses talents de finisseur, digne de la tradition argentine (Onnis, Bianchi, Battistuta voire Trézéguet), Herrera (1,86, 77 kg) élargit son éventail technique. "Il a un jeu plus complet que ce que l'on veut dire. Certes, il est adroit dans la surface et est capable de marquer pied gauche, pied droit. Ce garçon puissant possède aussi de super déplacements et peut éliminer. Désormais, il a besoin de trouver la constance. Comme il a du coffre, il peut trouver le bon régime", estime Girard.

Alternance à la pointe de l'attaque
En attendant "qu'il trouve la sérénité dans son jeu", gagne la confiance de ses partenaires, accomplisse sa part de boulot défensif et répète les performances, l'entraîneur montpelliérain prône une alternance à la pointe de l'attaque entre Herrera et Gaëtan Charbonnier.

"Même si ce n'est pas ma façon de fonctionner, j'ai instauré une utilisation basée sur la fraîcheur physique. Cela a permis aussi de leur enlever une certaine pression par rapport au passé du club. Les deux avancent en même temps et cela paie sur le plan collectif", relève Girard.

Dans une fin de saison au calendrier allégé par les éliminations en Coupes, le duo Herrera-Charbonnier, deux des quatre recrues estivales, s'oriente vers un duel. Pour faire oublier Olivier Giroud, l'attaquant international transféré cet été à Arsenal pour 12 millions d'euros, l'Argentin devra préalablement afficher sa supériorité aux dépens de son partenaire et justifier son statut.

Six maigres buts
Alors, Emanuel Herrera, sous contrat jusqu'en 2015, pourra effacer six premiers mois compliqués à Montpellier où son unique satisfaction était d'avoir marqué ses six maigres buts dans chacune des compétitions. Au-delà de l'exil et de l'isolement, l'Argentin, rejoint par sa compagne en novembre, a aussi souffert du rendement du champion de France, à la peine en Ligue des champions comme en championnat.

"Si l'équipe avait gagné plus de matchs au départ, cela aurait été plus facile", estimait en décembre l'attaquant argentin qui prend des cours de français deux fois par semaine.

Aujourd'hui, l'attaque de Montpellier, la quatrième de Ligue 1, joue et marque sans Olivier Giroud. L'équipe de René Girard sera t-elle un jour dépendante d'Emanuel Herrera jusqu'à le regretter ? "Giroud c'est Giroud, moi c'est moi. Il a bien fait son boulot, j'espère aussi laisser mon empreinte dans le club", ose Herrera qui avance dans le sens de la marche