Eden Hazard, protection rapprochée
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Entre sa première titularisation en Ligue 1 et ses débuts en sélection Belge, Eden Hazard, 17 ans, vient de traverser deux semaines pleines de promesses, qui ont fait de lui un jeune prodige très couvé à Lille, qui se déplace dimanche à Marseille pour le compte de la 15e journée.

Au Losc, rien ne distingue Hazard des pensionnaires du centre de formation. Sauf qu'Eden, "parce qu'un enfant apporte un coin de paradis", explique son père, Thierry, ancien de D2 belge, est le seul joueur du groupe professionnel à habiter dans son "jardin", l'enceinte du Domaine de Luchin, le centre d'entraînement lillois.

"On sent qu'il y a de la classe là-dedans! Mais il n'est pas encore entré dans sa vie d'adulte. Il faut le laisser tranquille", souligne Ludovic Obraniak, son coéquipier. "Il a tout d'un futur grand. Eden possède des qualités énormes", admire son compatriote et ex-Lillois, Kevin Mirallas.

Depuis l'émergence du petit génie face à Saint-Etienne (3-0, dont un but du belge), le 15 novembre, le club serre les rangs autour de celui qui n'a rien d'un monstre physique: il mesure à peine 1,70 m. Mais Eden Hazard compense son manque de gabarit par une technique hors norme.

"Il faut y aller doucement avec lui. Surtout vous, les journalistes ! Il a du talent, il percute, il provoque. Il peut nous débloquer des situations mais il n'est pas encore arrivé. Je crains que vous ne le preniez déjà pour un autre joueur", temporise l'entraîneur Rudy Garcia prêt à le remettre sur le banc au stade Vélodrome.

"Je ne suis pas Scifo"
Le joueur lui-même avoue devoir encore "prendre en maturité dans (son) football". Cependant, les évènements parlent d'eux mêmes: première titularisation, prolongation de contrat à Lille (jusqu'en 2012), et en bout de chaîne, première sélection avec les Diables Rouges, mercredi face au Luxembourg.

De l'autre côté de la frontière, le poids des espoirs est déjà lourd à assumer. D'autant que même René Vandereycken, le sélectionneur, avait vite posé les enjeux de ce match amical face au Grand-Duché: "Le plus important, c'est le nouveau, et ce n'est pas un Beaujolais".

Mercredi soir, Hazard à 17 ans et 316 jours est donc entré à la 67e minute de la rencontre au Luxembourg (1-1). Et il a suscité une comparaison flatteuse: la Belgique croit tenir son nouvel Enzo Scifo, sélectionné à l'âge de 18 ans en juin 1984. "Je ne suis pas Enzo Scifo, je suis Eden Hazard", a vite répondu le 7e plus jeune Diable Rouge de l'histoire.

A coups de crochets dévastateurs et de sprints fulgurants, le natif de La Louvière, comme Scifo, a de l'avenir en sélection. Lui joue la prudence. "Maintenant que j'ai goûté aux Diables, j'espère revivre de pareils moments. Mais je n'aurais aucun problème à retourner chez les jeunes", promet le Lillois.

Eden Hazard manie déjà aussi bien la langue de bois que sa technique en mouvement. Normal, dans une famille de "footeux": sa mère Carine a joué en D1 belge, son frère Kylian porte les couleurs de Tubize alors que ses cadets, Thorgan et Ethan sont, eux, en formation au RC Lens et à Tubize.