24 mai 1992 : Milan fait le grand huit à Foggia

Régulièrement, FIFA.com se penche sur l'anniversaire d'un évènement qui a marqué l'histoire du beau jeu. En ce 24 mai 2012, retour sur le sursaut d'orgueil de l'AC Milan à Foggia, qui lui a permis de devenir le premier champion d'Italie invaincu, il y a 20 ans.

À la veille de la dernière journée de la saison 1991/92, l'AC Milan est d'ores et déjà assuré de rempoter le titre. Les Rossoneri abordent donc leur ultime déplacement à Foggia sans pression mais bien décidés à obtenir un résultat positif. En effet, les hommes de Fabio Capello ont l'occasion de devenir la deuxième équipe à terminer la saison sans concéder la moindre défaite. En outre, les Milanais peuvent devenir le premier champion invaincu de l'histoire. Avec 11 victoires et 19 nuls en 1978/79, Pérouse a déjà connu une saison sans défaite mais les Grifoni avaient échoué à la deuxième place, derrière Milan. 

Franco Baresi, Paolo Maldini, Carlo Ancelotti, Frank Rijkaard, Roberto Donadoni, Ruud Gullit, Marco van Basten et leurs coéquipiers savent pourtant que la tâche s'annonce difficile. En l'espace de quelques saisons, le Tchèque Zdenek Zeman a transformé une modeste formation de Serie C en l'une des équipes les plus spectaculaires du pays. Les Satanelli comptent alors dans leurs rangs quelques stars en devenir, comme Dan Petrescu, Igor Shalimov, Giuseppe Signori ou encore Francesco Baiano. En cas de succès face aux Rossoneri, Foggia terminerait à la huitième place devant l'Inter, soit le meilleur classement de son histoire dans l'élite.

Les locaux débutent la rencontre tambour battant et obligent Sebastiano Rossi à réaliser trois arrêts décisifs dans les 20 premières minutes. Pourtant, l'AC Milan ouvre le score contre le cours du jeu. Gullit se démarque sur la droite et expédie le ballon au second poteau. Au prix d'un mouvement peu académique, Maldini parvient à reprendre de la tête pour donner l'avantage à son équipe.

Une vraie performance
Foggia ne se décourage pas pour autant. Six minutes avant la pause, Baiano efface deux défenseurs, initie un une-deux avec Roberto Rambaudi et sert Signori, qui place sa frappe hors de portée de Rossi. Quelques secondes plus tard, Baiano profite d'une longue ouverture pour doubler la mise, après avoir résisté au retour de Mauro Tassotti.

Dominés au score et dans le jeu, les Milanais voient leur rêve leur échapper au moment de rejoindre les vestiaires. Mais 15 minutes après la reprise, la situation s'inverse. Dans un angle apparemment impossible, Gullit égalise sur un tir surpuissant. Dans la foulée, van Basten redonne l'avantage aux Rossoneri d'une somptueuse reprise de demi-volée. Quelques minutes plus tard, la frappe de Marco Simone est déviée par Salvatore Matrecano dans ses propres filets.

Le futur attaquant parisien s'offre par la suite un doublé pour porter le score à 6:2. van Basten ajoute un deuxième but personnel, avant que le remplaçant Diego Fuser ne vienne clore la marque sur une frappe à ras de terre. Le tableau d'affichage indique 8:2 en faveur des visiteurs au coup de sifflet final. L'AC Milan termine la saison avec 22 victoires, 12 nuls et une différence de buts de +30 par rapport à la Juventus, son premier poursuivant.

À l'issue de la partie, un journaliste demande à Capello ce qu'il ressent à l'idée d'égaler la performance de Pérouse, vieille de 13 ans. "Pérouse a fini deuxième", répond l'entraîneur milanais en souriant. "Ici, ce n'est pas ce qu'on appelle une performance."