L'avenir de Mourinho au Real en pointillés
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L'avenir de José Mourinho au Real Madrid s'écrit en pointillés après sa décision de reléguer sur le banc son gardien et capitaine Iker Casillas, samedi lors de la défaite à Malaga (3-2), nouvel épisode dans ses relations tendues avec le vestiaire et le public madrilènes.

La presse espagnole a presque unanimement condamné dimanche le choix de l'entraîneur portugais, d'autant plus critiqué que le remplaçant de Casillas, Antonio Adan, n'a pas été exempt de tout reproche sur le troisième but de Malaga.

Du côté des joueurs, c'est aussi l'incompréhension qui domine à l'image de la réaction de Sergio Ramos, autre taulier du vestiaire madrilène.

"Nous avons tous été surpris par le remplacement de Casillas, mais c'est le capitaine. C'est lui qui joue et il continuera à jouer car c'est un très grand gardien", a déclaré le défenseur international au micro de Canal+ Espagne.

Le principal intéressé a toutefois tenu à dédramatiser la situation: "Il faut respecter la décision de l'entraîneur et s'entraîner beaucoup plus. Je ne suis pas habitué à être remplaçant, mais l'équipe est au-dessus de n'importe quel joueur. Il faut continuer à s'entraîner et tenter de récupérer ma place de titulaire", a affirmé Casillas à la chaîne de télévision espagnole La Sexta.

Ennemi juré
Depuis son arrivée en mai 2010, dans la foulée de sa conquête d'une deuxième Ligue des champions avec l'Inter Milan, Mourinho a, il est vrai, multiplié les bras-de-fer au sein d'un club à l'image traditionnellement policée.

Après avoir obtenu la tête du directeur sportif Jorge Valdano, Mourinho s'était accroché en janvier avec Casillas et Ramos. Cette saison, il a renouvelé ses critiques aux joueurs en début de saison et plus récemment après une série de résultats qui ont relégué le Real à 16 points de son ennemi juré, le FC Barcelone, en championnat.

Samedi soir, il a néanmoins assuré que le choix de titulariser Adan était une "décision technique", liée au mauvais début de saison de Casillas.

20 M d'euros d'indemnités
Mourinho n'a en tout cas pas peur des conséquences de ce choix controversé. "Je ne suis pas du tout inquiet pour mon travail et je ne vais pas démissionner non plus", a-t-il déclaré. L'entraîneur peut jusqu'ici compter sur le soutien de la direction du Real Madrid, même si le président du club Florentino Pérez n'a guère apprécié que le Portugais ait déclaré il y a une semaine qu'il lui paraissait "impossible" de gagner la Liga.

Le Real Madrid "a pour principe de ne jamais rendre les armes, même face à des défis difficiles", a déclaré Perez. Mais limoger "Mou", qui a prolongé son contrat jusqu'en 2016 au mois de mai, coûterait très cher. "Si Florentino licenciait Mou maintenant, il devrait lui verser une indemnité de 20 millions d'euros et de cinq millions d'euros s'il le faisait en juin", souligne Mundo Deportivo.

Les supporteurs du Real, qui ont maintes fois sifflé Mourinho en raison de son style de jeu souvent jugé trop défensif, sont eux majoritairement favorables au départ du Portugais. Sur le site de Marca, qui demande à ses lecteurs "Le Real Madrid doit-il licencier Mourinho?", plus de 80% d'entre eux (sur un total de 80.000 réponses) ont répondu "oui".