Le Barça et le Real jouent gros
© AFP

Le FC Barcelone, douché par sa défaite en 8e de finale aller de Ligue des champions contre l'AC Milan (2-0), et le Real Madrid, distancé en championnat, à l'avenir incertain en C1 et auteur d'un nul à l'aller (1-1), jouent gros en demi-finale retour de la Coupe du Roi mardi.

Malheur au perdant: telle pourrait être la devise de ce clasico, encore plus important que celui qui suivra en Championnat d'Espagne, samedi à Bernabeu.

Avant cette semaine-clé, aucun des deux Grands d'Espagne n'est en effet dans une situation confortable.

Dans le cas du Real, le constat est plus qu'évident: relégués à 16 points du Barça après un parcours des plus décevants en championnat, les Madrilènes et leur entraîneur José Mourinho jouent une bonne moitié de leur saison, mardi au Camp-Nou. L'autre moitié se décidera à Old Trafford, à l'occasion du 8e de finale retour de la C1, mardi prochain contre Manchester United (1-1 à l'aller).

Mais paradoxalement, le Barça a récemment vu sa situation se rapprocher de celle de son éternel rival. Si les Blaugrana peuvent en effet se targuer d'avoir déjà réglé son sort à la Liga, leur récente contre-performance à Milan convertit aussi cette semaine en test pour les hommes de Jordi Roura.

Certes, les Barcelonais se lancent dans cette bataille avec le mince avantage de leur nul à l'aller à Bernabeu. Mais on voit mal le Barça, qui n'a jamais spéculé, commencer à le faire contre son "meilleur ennemi".

Messi en personne annonçait ainsi la couleur, dimanche: "Nous devrons être à notre meilleur niveau face au Real, ce serait une grave erreur de les attendre dans notre camp. Il nous faut gagner pour nous projeter en finale."

Côté Real, l'équation est encore plus simple: pour se qualifier, les Merengue devront forcément faire mouche au moins une fois, pour renverser le score défavorable du match aller.

Les retours de Villa et Benzema ?
Une mission comme taillée sur mesure pour les deux chasseurs Messi et Ronaldo. Soumis à d'éternelles comparaisons sur leur style de jeu, les deux buteurs semblent aussi liés par un autre point commun: l'influence extrême qu'ils exercent sur le jeu de leur équipe.

L'un comme l'autre semblent en effet fonctionner comme des baromètres pour leur club. Ainsi, la Messi-dépendance du Barça a été plus que palpable mercredi dernier face à Milan où les Blaugrana auront été au diapason d'un Messi aux abonnés absents. De la même manière, l'absence de Ronaldo lors de la victoire à La Corogne (2-1) samedi, s'est faite cruellement sentir avant que le Portugais n'entre pour distribuer une passe décisive.

A Barcelone, la récente montée en puissance de David Villa, enfin débarrassé de ses différents ennuis de santé, pourrait fournir un point d'appui salvateur à Messi. Mais le meilleur buteur de l'histoire de la sélection espagnole (53 buts) n'est pas totalement assuré d'être titulaire mardi. Roura et Tito Vilanova, toujours en soins à New York pour le traitement de son cancer mais toujours en lien avec son staff, hésitent ainsi entre renforcer l'attaque avec "El Guaje" ou parier comme à l'aller sur Fabregas au milieu.

Côté Real, le principal dilemme pour Mourinho se situe sur l'attaquant de pointe.

Après son but décisif de samedi contre La Corogne, l'Argentin Higuain semble en effet avoir pris le meilleur sur Benzema, certes remis de ses problèmes à un genou, mais peu en en verve ces temps-ci. A moins que "Mou" ne pense que l'heure de Benzema ne soit enfin venue.