Ashe sort la hache de guerre
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"Ça va être un match amusant", glisse d'un ton espiègle le défenseur du Houston Dynamo Corey Ashe au micro de FIFA.com, en vue de la finale de MLS qui attend son équipe samedi 1er décembre face au Los Angeles Galaxy. Un remake de la finale 2011, remportée 1:0 par les golden boys californiens face à Houston l'industrieuse, considérée comme la formation la plus coriace de la ligue.

"On est juste un groupe de types qui détestent perdre", explique le latéral gauche, qui compense sa relative petite taille par une combativité hors du commun. Personne ne sait définir mieux que lui la mentalité travailleuse de la franchise texane. "On est tous des compétiteurs, sur le terrain et en dehors. On bosse dur et on a du talent, mais on ne fait pas parler de nous. Chacun d'entre nous donne sa vie sur le terrain à chaque match."

Le contraste entre Houston et son adversaire du jour ne pourrait être plus saisissant. Deux joueurs de Los Angeles figurent dans le onze-type de l'année qui vient d'être désigné, mais aucun en provenance de Houston, connu pour son approche plus collective. "Depuis cet été, on est la meilleure équipe de MLS", clamait tout récemment l'entraîneur californien Bruce Arena. Aussi arrogante qu'elle puisse paraître, cette affirmation, de l'aveu même de Corey Ashe, est difficile à réfuter.

L'armada hollywoodienne
"Los Angeles possède un groupe extrêmement talentueux. Landon Donovan et Robbie Keane sont en grande forme et David Beckham fait ce qu'il veut avec ses passes", s'émerveille l'arrière gauche, capable également d'évoluer dans l'entrejeu. "Ils ont de grands noms. Ce sera un gros combat, mais on aime ça."

Ashe incarne à la perfection le système de jeu que l'entraîneur du Dynamo Dominic Kinnear s'est évertué à mettre en place depuis son arrivée il y a sept ans. Drafté en 2007, un an après la naissance de la franchise, Ashe était loin d'être le joueur le plus coté lors de la fameuse loterie annuelle. Personne ne lui prédit un brillant avenir malgré son statut de capitaine des États-Unis lors de la Coupe du Monde U-17 de la FIFA 2003 en Finlande. En dépit d'une jolie carrière universitaire, sa petite taille apparaît rédhibitoire en MLS.

Kinnear, ancien international américain, décèle pourtant quelque chose chez ce joueur intelligent et généreux dans l'effort, qui a du courage à revendre. "Dom Kinnear savait que je me donnerais à fond avec ou sans le ballon et je savais ce qu'il attendait de moi", se souvient Ashe, qui semble avoir un don pour glisser des tacles hyper risqués au millimètre près. "À mon arrivée en 2007, j'ai tout de suite compris en voyant les anciens qu'il faudrait bosser dur. J'ai fait le maximum pour suivre la cadence et Dom a été sensible à cela."

Quelques années plus tard, Ashe s'est complètement épanoui à Houston. À l'image de l'équipe, il a progressé chaque année. Titulaire occasionnel lors de ses deux premières saisons, il représente aujourd'hui un cadre incontournable de l'équipe et un véritable porte-étendard de la philosophie Kinnear. "L'entraîneur m'a donné ma chance", avoue Ashe. "J'ai gagné sa confiance et il croit en moi."

Un Dynamo déconsidéré
Malgré deux sacres et six participations aux play-offs en sept années d'existence en MLS, le Houston Dynamo ne jouit pas forcément du respect qu'il mérite. On lui reproche souvent son style de jeu trop direct, trop physique. Une critique que les joueurs assument totalement. "Jouer à l'extérieur ne nous fait pas peur", poursuit Ashe eu égard au fait que la rencontre aura lieu à Los Angeles, comme la saison dernière. "Le lieu du match importe peu. C'est pour cela qu'on travaille très dur toute l'année. Les joueurs du Galaxy possèdent peut-être un léger avantage dans la mesure où ils jouent devant leurs fans et qu'ils n'ont pas besoin de voyager. Mais cela nous est égal. Jouer chez eux nous convient parfaitement."

Si Corey Ashe garde certainement un souvenir amer de la finale 2011, remportée par Los Angeles sur un but de l'inévitable Landon Donovan, cela ne se voit pas. Il préfère regarder devant lui. "Vu que c'est le dernier match de Beckham, il y a beaucoup d'emballement médiatique. Mais cela ne me pose pas de problème", assure-t-il. "Je pense que ça va être un match ouvert", reprend-il avec une impatience palpable. "Un match plein d'intensité où on va tout donner pendant 90 minutes."