Biancucchi veut couper les liens familiaux
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Contrairement à ce que l'on imagine, vivre avec une star du football mondial dans sa famille peut s'avérer compliqué. Encore plus si la vedette en question exerce la même profession que vous.

Mais il n'y a pas de fatalité et certains footballeurs, par leur force de caractère et leur persévérance, arrivent à forger leur propre destin malgré la pression inévitable des médias. C'est le cas de Maximiliano Biancucchi. L'Argentin profite au Paraguay d'une tranquillité enfin trouvée. "Ici à l'Olimpia, je ne suis pas le cousin de Messi", raconte-t-il à FIFA.com.

Soit, mais un changement de lieu n'est pas synonyme de changement familial. Biancucchi reste le cousin de la star du FC Barcelone, étiquette qui ne l'a pas forcément aidé lors de ses passages à Flamengo et à Cruz Azul. "Quand je ne suis pas bon, je suis à peu près sûr que quelqu'un va me lancer : 'Tu es ici parce que tu es le cousin de Messi'. Chaque fois que j'entends ça, c'est comme un coup de poing à l'estomac. On peut me dire que je joue mal, mais pas mettre en doute mes qualités", affirme celui qui est devenu un joueur-clé de l'Olimpia, l'un des trois représentants paraguayens dans la Copa Libertadores 2012.

Adopté au Paraguay
Si quelque chose caractérise l'attaquant de 27 ans né à Rosario, en Argentine, c'est bien - au‑delà de ses qualités de footballeur - sa persévérance. Après avoir été libéré par San Lorenzo dès l'âge de 18 ans, il décide d'emménager seul dans une pension au Paraguay. Malgré l'éloignement de sa famille, tout semblait aller à peu près bien, jusqu'au traumatisme crânien subi lors de son premier entraînement avec Libertad. Diagnostic : sept mois d'arrêt.

C'est la première d'une longue série de coups du destin. "Je n'ai vraiment pas eu de chance avec les blessures", confirme-t-il. "Un an plus tard, alors que je commençais à trouver mes repères à Flamengo, j'ai eu une déchirure. J'ai été remplacé par Renato Augusto, qui a commencé à marquer but sur but. Aujourd'hui, il joue à Leverkusen ! Même chose à Cruz Azul. J'avais bien commencé, jusqu'à ce que je me blesse. C'est Javier Orozco qui m'a remplacé. Il a mis suffisamment de buts pour être appelé en sélection. Trouvez-moi un remplaçant, vous êtes sûr qu'il deviendra une star", ajoute-t-il en éclatant de rire.

Les malheurs de Biancucchi ont commencé au Paraguay et pour l'instant, c'est là qu'ils semblent devoir s'achever. En effet, à force de débordements, de passes décisives et de buts inscrits avec son pied favori, le droit, "Maxi" a largement contribué au titre de champion d'Olimpia, le premier depuis 11 ans pour le club, à l'issue de la Clausura 2011. "Ça a été impressionnant de gagner le championnat avec un club qui a une si riche histoire, et tellement de supporters. Aujourd'hui, nous disputons la Libertadores et les gens y croient", reconnaît celui qui a débuté la saison avec des buts décisifs au cours des deux dernières victoires en championnat et en Libertadores.

"C'est ce que je cherche", poursuit-il, avant d'énumérer ses principaux objectifs : "Je veux prendre ma revanche et jouer un championnat tout entier. C'est avec de la continuité qu'on peut s'améliorer et se dépasser. J'aimerais réussir un bon championnat et aller le plus loin possible en Libertadores".

Ne fermer aucune porte
Il n'est peut-être pas anodin que, à l'image de son illustre cousin, Biancucchi fasse carrière hors des frontières argentines. Quand on lui demande s'il envisage éventuellement de revenir au pays, il affirme : "J'ai toujours été supporter de Newell's Old Boys et j'aimerais bien y jouer un jour. Ou ailleurs. Il ne faut fermer aucune porte". Mais pour l'instant, cet admirateur de Javier Saviola a les yeux bien rivés sur le tournoi continental suprême sud-américain, que l'Olimpia a déjà remporté trois fois, en 1979, 1990 et 2002.

El Decano (le doyen) est pensionnaire du Groupe 2 de la Copa Libertadores 2012, aux côtés d'Emelec, Flamengo et Lanús, contre qui Biancucchi a marqué un but de toute beauté pour offrir la victoire 2:1. "Nous savons que c'est une compétition très difficile, mais nous avons de l'expérience et nous avons bien débuté. C'est une compétition merveilleuse, qui fait rêver beaucoup de monde. Nous avons bien commencé. Il faut continuer de la même façon", explique celui qui n'en est pas à son coup d'essai au Paraguay puisqu'il a déjà porté les couleurs de Libertad, Tacuarí et Sportivo Luqueño, avec qui il a été champion en 2007.

"En football, les choses sont simples : si vous jouez bien, on vous applaudit. Si vous jouez mal on vous insulte. Que vous soyez le cousin de Maradona, de Pelé ou de qui que ce soit ne change rien à l'affaire. Leo est un phénomène comme joueur et encore plus comme personne, mais en ce qui me concerne, je veux qu'on me juge par rapport à ce que je fais sur le terrain, rien d'autre." De ce point de vue, le numéro 7 de l'Olimpia est sur la bonne voie.