Dix prétendants au trône d’Afrique
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La remise des récompenses approche à grands pas. En attendant le Gala FIFA Ballon d’Or 2012 qui consacrera le meilleur joueur du monde, l’Afrique ouvrira le bal en sacrant le 20 décembre prochain le Joueur Africain de l’Année 2012. Ils étaient 34 en lice au départ, ils ne sont plus que dix prétendants à la succession de l’Ivoirien Yaya Touré, dont le lauréat 2011 lui-même.

Sur un Continent Mère où chaque rencontre entre équipes nationales est un règlement de compte au royaume animal en raison des surnoms des sélections, toute l’Afrique se demande aujourd’hui qui sera le nouveau roi des animaux.

A tout seigneur, tout honneur, l’Eléphant Yaya Toure, qui avait dompté la savane l’an dernier, est décidé à conserver sa couronne. Pour cela, le milieu ivoirien a frappé un grand coup en menant son club de Manchester City à un titre de champion d’Angleterre, que les Citizens attendaient depuis 44 ans ! Quelques mois avant, il avait déjà été l’un des meilleurs joueurs de la CAN 2012, où la Côte d’Ivoire avait atteint la finale. Seul bémol pour l’ancien Barcelonais, son parcours en Ligue des champions de l’UEFA 2011/12 s’est arrêté dès la phase de groupes.

Du coup, son principal rival pourrait bien être son coéquipier et capitaine en sélection, Didier Drogba. Après avoir connu la consécration dans toutes les compétitions anglaises, il ne lui manquait qu’un succès européen pour finir en beauté son aventure avec Chelsea. C’est chose faite depuis mai dernier, puisque le néo-attaquant de Shanghai Shenhua a permis aux Blues de remporter la Ligue des champions en marquant notamment le but de l’égalisation face au Bayern Munich, avant d’inscrire le tir au but décisif. De quoi lui faire oublier son échec du point de penalty en finale de la CAN 2012 face à la Zambie, et lui permettre de rêver à un troisième sacre africain après ses couronnes de 2006 et 2009.

C’est bien connu, les Eléphants se déplacent souvent en troupeau. Rien d’étonnant donc à trouver un troisième pachyderme sur la route qui mène au trône d’Afrique. Même s’il n’a remporté aucun titre en 2012, l’attaquant Gervinho a réalisé une excellente première saison sous le maillot d’Arsenal, non seulement en inscrivant quelques buts importants, mais surtout en multipliant les passes décisives qui ont permis à Robin van Persie de terminer meilleur buteur de Premier League. Outre ses performances avec les Gunners, le finaliste de la CAN 2012 a intégré l’équipe-type du tournoi africain.

Le Zambien Christopher Katongo, lui, a fait encore mieux, au moins sur le plan continental. Capitaine des Chipolopolo, il a surpris l’Afrique - voire le monde - en menant les siens au triomphe lors de la CAN 2012. Capable de jouer à tous les postes du milieu ou en attaque, le meneur de jeu de Henan Jianye a inscrit trois buts dans le tournoi qui a offert son premier sacre à la Zambie, 19 ans après le tragique accident d’avion qui avait décimé la sélection menée par Kalusha Bwalya. Le meilleur joueur de l’histoire du pays, lui, avait évité le drame et avait été sacré Ballon d’Or Africain en 1988. Plus de deux décennies plus tard, Katongo pourrait boucler la boucle…

Autres prétendants naturels au titre de roi des animaux, les Lions espèrent faire honneur à leur surnom. Celui de l’Atlas, le Marocain Younes Belhanda a fait une entrée fracassante dans la cour des grands, en étant le meilleur joueur de Montpellier, surprenant champion de France 2012. Meilleur espoir de Ligue 1, il a malheureusement manqué sa CAN, comme toute son équipe, mais a assurément le niveau pour être le premier Marocain sacré depuis Mustapha Hadji en 1998.

Celui de la Teranga, Demba Ba a connu le même parcours, à savoir des performances brillantes en championnat, mais une immense déception en sélection. Le Sénégal a en effet quitté la CAN 2012 avec trois défaites en trois matches, mais l’attaquant a enfilé les buts comme les perles à Newcastle, aidant les Magpies à terminer cinquièmes de Premier League. Enfin, le Lion indomptable Alexandre Song a enchaîné les bonnes performances au milieu de terrain d'Arsenal, signant notamment 11 passes décisives en Premier League, et a gagné une place dans l’effectif de rêve du FC Barcelone, et du même coup dans les 10 nominés au titre de Joueur Africain de l’Année.

Pierre-Emerick Aubameyang, lui, est un autre type de félin : une Panthère du Gabon. Il a marqué de sa griffe non seulement la Ligue 1 française, mais également le football africain. Avec 16 buts en 2011/12 et déjà huit autres depuis le début de saison avec Saint-Etienne, le tout à 23 ans seulement, le fils de l’ancien international Pierre Aubame gravit à toute vitesse les marches de la gloire. Auteur d’un but au Tournoi Olympique de Football Masculin, Londres 2012, il avait déjà marqué trois fois lors de la CAN 2012 co-organisée par son pays avant, malheureusement, de manquer son tir au but en quart de finale contre le Mali.

Si aucun Aigle malien n’est en lice pour régner sur le football africain cette saison, un autre rapace, le Super Eagle John Obi Mikel peut rêver de la distinction individuelle suprême. Certes, le Nigeria n’était pas de la partie pour la CAN 2012, mais le milieu de terrain s’est rattrapé sous le maillot de Chelsea. Les meilleurs joueurs du monde ont beau se succéder chaque année dans l’effectif londonien, l’international nigérian ne perd jamais sa place de titulaire. Il était d’ailleurs aligné d’entrée face au Bayern en finale de la Ligue des champions de l’UEFA remportée par les Blues. De quoi succéder à Nwankwo Kanu, dernier Nigérian sacré en 1999 ?

Enfin, terminons ce tour d’Afrique des étoiles, par l’une des plus étincelantes du Ghana. La Black Star André Ayew, demi-finaliste de la CAN 2012, ne cesse de confirmer les espoirs nés de sa brillante Coupe du Monde de la FIFA 2010™. Auteur de deux buts au Gabon et en Guinée équatoriale, il a inscrit quatre buts en Ligue des champions, aidant l’Olympique de Marseille à atteindre les quarts de finale, et ajouté la Coupe de la Ligue à son palmarès. Ironie de l'histoire, le dernier Ghanéen à avoir été sacré Roi d’Afrique était un certain Abedi Pelé, lui aussi ancien Marseillais, et accessoirement père d’André Ayew…