City-Real - Les retrouvailles de Benzema et Nasri
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A défaut d'évoluer ensemble en équipe de France d'où Samir Nasri est tenu à l'écart depuis le dernier Euro, l'attaquant du Real Madrid Karim Benzema et le milieu de Manchester City vont croiser le fer à l'Etihad Stadium, mercredi en Ligue des champions.

Ces deux joueurs au destin si différent en bleu, l'un en étant un des piliers pendant que l'autre peine à se défaire d'une étiquette de mal aimé, affrontent la même réalité en club, celle d'une lutte de tous les instants pour une place de titulaire au sein d'un effectif exceptionnellement riche.

Le Madrilène connaît actuellement un retour en grâce chez les "Merengue". Après un début de saison perturbé par les blessures au cours duquel il avait laissé son concurrent argentin Gonzalo Higuain lui ravir le premier rang, le Français a repris l'initiative.

Il a suffi d'un seul match au "chat" pour inverser la tendance. Samedi contre l'Athletic Bilbao (5-1), Benzema est redevenu "Benzegol", marquant un but, en provoquant un autre et délivrant une passe décisive. "La soirée de Benzema" avait titré le lendemain le quotidien sportif AS.

En l'absence d'Higuain, toujours blessé à la cuisse, contre Manchester City, le Tricolore - qui pointe désormais à 6 buts et 9 passes décisives au total - sait qu'une voie royale s'ouvre devant lui. "Mon meilleur match est encore à venir", affirmait ainsi le joueur de 24 ans dans AS, sûr de sa force actuelle.

Et comme dans le jeu, où il apporte énormément de liant, le Français pense aussi aux camarades. En l'occurrence à Nasri, dont il avait pris la défense il y a une semaine.

Nasri à la lutte
"Il faut le laisser tranquille, il faut lui donner de la confiance, et je pense qu'il va faire beaucoup de bien à l'équipe de France parce que c'est un joueur qui a déjà joué au très haut niveau", avait assuré le Madrilène dans l'émission Téléfoot.

La tranquillité, Nasri ne l'a pas non plus à City. Le Marseillais a certes bénéficié de la confiance de Roberto Mancini en début de saison et a payé l'Italien de retour par de très bonnes performances dans l'animation offensive.

Il n'en reste pas moins que, lorsque l'entraîneur a voulu renforcer la récupération en milieu de terrain, à un moment où City prenait beaucoup trop de buts, c'est Nasri qui en a fait les frais en regagnant le banc, notamment lors du gros match contre Tottenham il y a quinze jours (2-1).

En raison des blessures, en particulier celles de David Silva, qui est lui la pièce-maîtresse du système offensif de Mancini, puis celle du plus défensif James Milner, la hiérarchie interne ne paraît pas encore complètement établie.

Les chiffres semblent pour l'instant parler pour le Français. Avec huit titularisations en douze matches de Premier League, et quatre en quatre rencontres de Ligue des champions, pour un total de deux buts et deux passes, alors même qu'il a manqué deux rencontres à cause d'une blessure, Nasri ne peut pas se plaindre d'être sous-utilisé.

Mais il lui faudra sans nul doute payer de sa personne dans les matches cruciaux, comme celui de mercredi face à Madrid, et être plus constant pour assurer son avenir en club. Retrouver les Bleus est hypothétique. Didier Deschamps a son groupe en tête, il correspond à ceux qui étaient du match référence en Espagne (1-1) en octobre. Nasri n'y était pas.