C. Ronaldo : "Je cherche toujours à apprendre et à gagner"

Cristiano Ronaldo est l'un de ces noms qui font rêver des millions de fans à travers le monde. Il est la grande star du Real Madrid et l'un des meilleurs attaquants du football mondial. Ses déboulés dans le couloir gauche, ses actions lumineuses et surtout ses buts - aussi abondants que spectaculaires - figurent en bonne place dans le livre d'or des grands moments du sport le plus populaire du monde.

L'attaquant portugais fait partie des trois meilleurs joueurs de la planète depuis quatre ans. Le 7 janvier dernier à Zurich, il a encore obtenu la deuxième place au Gala FIFA Ballon d'Or 2012. C'est à cette occasion, juste avant la remise des prix, que Cristiano Ronaldo a accordé un entretien exclusif à FIFA.com, au cours duquel il évoque sa vie professionnelle et personnelle.

Cristiano Ronaldo, cela fait déjà cinq fois de suite que vous assistez au Gala FIFA Ballon d'Or. Vous faites une nouvelle fois partie de l'élite mondiale. Comment vous sentez-vous ?
Très bien. Faire partie des nominés est un grands honneur et cela me rend très heureux. Ça démontre que j'ai maintenu un très bon niveau dans ma carrière et ça me donne beaucoup de bonheur. Qu'est-ce qui a changé au fil de ces années ? Je suis resté à peu près le même, sauf que j'ai un peu plus d'expérience qu'il y a quelques années. J'ai toujours autant d'ambition et dans l'ensemble, je suis la même personne et le même joueur.

Il y a quatre ans, vous jouiez à Manchester United. Aujourd'hui, vous êtes au Real Madrid. Quelle est la différence entre ces deux clubs ?
Ce sont les deux meilleurs clubs du monde et c'est pour ça qu'il est difficile d'y réussir. Ils ont de bonnes choses et de moins bonnes. Au Real Madrid, il y a plus de pression qu'à Manchester. Cela fait trois ans et demi que je suis arrivé ici et il me semble que cette pression vient surtout du fait que tout le monde veut gagner une dixième Ligue des champions. Cela crée une forme d'anxieté que l'on ressent en permanence.

À votre avis, ces attentes autour du Real ont-elles une influence sur ce qui se passe sur le terrain ?
Je crois que oui. Il y a trop de pression et cela a une influence. Mais nous devons essayer de la surmonter, de ne pas se laisser influencer par ce que l'on dit de nous, surtout dans la presse, qui parle tous les jours du Real Madrid. En fin de compte, c'est une décision personnelle. On n'est pas obligé de lire ce qui se raconte dans les journaux car de toute façon, ça n'a pas beaucoup d'importance. Il ne faut pas dramatiser sur ce sujet.

Le début de saison irrégulier de l'équipe en championnat a-t-il contribué à mettre encore plus de pression ?
Nous n'avons pas bien débuté le championnat, c'est vrai. Aujourd'hui, nous sommes dans une position difficile, mais en football rien n'est impossible. Nous devons travailler et gagner les matches et ensuite, on verra ce qui arrivera. Et puis il y a la Ligue des champions et la Coupe d'Espagne. Il y a encore beaucoup de choses à gagner cette année.

Étant donné les circonstances, gagner la Ligue des champions de l'UEFA est-il devenu la priorité du Real ?
Oui, bien sûr. Tous les Madridistas ont tellement envie de cette dixième Ligue des champions. Nous en sommes parfaitement conscients. L'année dernière, nous sommes passés tout près. Ça a été très frustrant. Heureusement, nous avons la possibilité de prendre notre revanche cette année, avec la difficulté supplémentaire de devoir affronter Manchester United. Ça ne va pas être facile et selon moi, ça va être du 50/50. Cela dit, je suis très confiant.

Si le Real Madrid parvient de nouveau à jouer comme la saison dernière, doit-il être considéré comme favori ?
Aucune équipe n'est invincible, mais si nous jouons à notre meilleur niveau, nous sommes une équipe vraiment très forte. Il ne faut pas oublier que Manchester United a fait un grand début de championnat et possède aujourd'hui beaucoup d'avance dans le championnat d'Angleterre. Mais dans les faits, si nous jouons à notre niveau, nous pouvons les battre. Pour y arriver, nous devrons être unis et faire preuve d'esprit d'équipe, comme nous l'avons fait dans beaucoup de matches.

La situation du Real en championnat se traduit par les protestations d'une partie du public de Santiago Bernabéu contre votre entraîneur, José Mourinho. Quelle est votre opinion à ce sujet ?
Les gens s'expriment de cette façon et il faut le respecter, même si à mon avis, ils devraient faire preuve d'un peu de patience. Je sais parfaitement que Mourinho veut toujours donner le meilleur de lui-même pour le club et qu'il le défendra à mort. Cela, nous le savons tous et c'est pour ça que nous sommes avec lui. Mais l'opinion du public doit être respectée. Selon moi, c'est le meilleur entraîneur du monde. Il a beaucoup d'expérience et a tout gagné.

Vous êtes vous-même parfois contesté par une partie du public. D'où vient cette polémique à votre égard ?
Je ne sais pas. Je ne peux pas répondre à cette question avec 100 % de certitude, car je me la pose moi-même. Ceux qui me connaissent et ceux qui ont joué avec moi savent quel type de personne je suis. Ceux qui ne me connaissent pas peuvent dire ce qu'ils veulent et penser ce qu'ils veulent. Je respecte ceux qui me critiquent, mais je sais que l'opinion qu'ils ont de moi n'est pas juste. Il faut savoir vivre avec ce genre de choses car elles font partie de la vie de tous les joueurs et, en fait, de toutes les personnes.

Un des sujets de discussion est l'éventualité de votre départ du Real. Est-ce une option que vous considérez pour l'avenir ?
Ce que je sais, c'est que je veux honorer mon contrat avec le Real Madrid. Ce qui se passera après, je n'en sais rien.

Sur un plan plus personnel, à quoi attribuez-vous votre réussite immense depuis le début de votre carrière ?
Je crois que c'est un mélange de talent et de beaucoup de travail pour atteindre mes objectifs. Il faut avoir suffisamment d'humilité pour comprendre ce qui vous manque et progresser. Durant toute ma carrière, j'ai toujours cherché à apprendre, à évoluer et à gagner des trophées. Je suis très ambitieux, je veux toujours gagner et il en sera ainsi jusqu'au jour où j'arrêterai.

En dehors du terrain, vous avez eu également de bonnes nouvelles, comme la naissance de votre fils…
Ce fut le plus beau moment de ma vie. C'est un motif de fierté car cela me donne un sentiment d'accomplissement et me rend très heureux.

Aimeriez-vous le voir devenir footballeur ?
Il fera ce qu'il voudra. J'aimerais bien, oui, et j'essaierai de l'initier au football, mais ce sera sa décision et je le soutiendrai quoi qu'il décide.

On parle beaucoup de Cristiano le footballeur, mais on ne connaît pas l'homme en dehors des terrains. Comment passez-vous votre temps libre ?
J'aime faire des choses que je ne peux pas faire quand je travaille, comme être avec ma famille, voyager, me promener, regarder du basket-ball, du tennis, être avec mon fils… Pour moi, le football s'arrête quand je sors du terrain. En dehors, je préfère être une personne normale.

La célébrité vous pèse-t-elle ? N'aimeriez-vous pas être un personnage un peu moins public ?
Être joueur de football possède des bons côtés et des moins bons. Vous perdez certaines choses normales et vous sacrifiez des situations que vous pourriez vivre si vous n'étiez pas une personne publique. C'est la profession que j'ai choisie et tout cela en fait partie. Je ne regrette rien du tout.

Pour terminer, vous sentez-vous heureux à ce point de votre carrière ?
Sincèrement, oui. Je fais ce que j'aime, j'y prends du plaisir. Je sais que je suis un privilégié et cela me donne un sentiment d'accomplissement.