Côte d'Ivoire : enfin la bonne ?
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En l'absence de l'Egypte et du Cameroun, comme en 2012, la Côte d'Ivoire de Didier Drogba fait figure de grand favori de la CAN-2013 (19 janvier-10 février) et doit remettre l'ouvrage sur le métier après avoir laissé échapper le dernier trophée d'un cheveu, d'un tir au but.

Dans la nuit de Libreville, ce 12 février, les Eléphants semblaient inconsolables. Ils avaient fait le tournoi parfait, au gré de cinq victoires en cinq matches, et sans encaisser le moindre but jusqu'au coup de sifflet final. Qui devait retentir à l'issue de la finale après le tir au but victorieux de Sunzu pour la Zambie (0-0 a.p., 8-7 t.a.b.).

La terre s'était dérobée sous les pieds de Drogba, qui avait réussi son tir au but mais raté un penalty dans la seconde période du temps réglementaire. Le capitaine des Eléphants s'était par la suite consolé sur son continent d'adoption en remportant la Ligue des champions avec Chelsea, avant de filer en Chine.

Lui qui aura 35 ans en mars saisira-t-il le trophée qui échappe aux Ivoiriens depuis 1992, leur unique titre continental ? Le leader de la "génération dorée" pourrait abattre en Afrique du Sud son ultime carte.

"Cette Coupe d'Afrique est sans doute ma dernière", a-t-il dit dans la presse ivoirienne, en indiquant qu'il comptait prendre sa retraite internationale après le Mondial-2014 si son équipe s'y qualifie, et sachant que la prochaine CAN est programmée pour 2015. "Je veux mettre tout mon coeur et ma force dans cette Coupe d'Afrique, a-t-il ajouté. Nous sommes arrivés très près du trophée deux fois (2006 et 2012, ndlr), mais ça ne veut pas dire qu'il faut se relâcher. Nous avons appris de nos échecs et revenons pour remporter le titre". 

Traoré et Bony, buteurs émergents
En compagnie de l'emblématique capitaine se trouvent les frères Touré, Kolo et Yaya (double Ballon d'Or africain) et les milieux Romaric et Zokora, derrière un secteur offensif fourni, composé notamment de Gervinho, Kalou, Arouna Koné et Gradel, mais aussi Lacina Traoré (qui brille à l'Anzhi Makhachkala aux côtés d'Eto'o), ou encore Bony, meilleur buteur actuel du Championnat des Pays-Bas (16 buts en 18 matches avec Vitesse Arnhem).

Les Eléphants avaient frôlé l'excellence sans décrocher le trophée; Sabri Lamouchi les aidera-t-il à accomplir leur rêve ? Le Français de 41 ans occupe le premier poste d'entraîneur de sa jeune carrière. Et note des imperfections.

"Dans le jeu, il y a forcément des choses à revoir, a-t-il dit vendredi dernier. A mon sens, on perd trop vite le ballon et j'aimerais que quand on ne l'a pas, on soit plus compact. Mais nous allons remédier à cela dans les prochains jours". Lamouchi, aussi néophyte soit-il, demeure néanmoins invaincu depuis sa prise de fonctions en sept matches, avec lundi dernier une victoire contre l'Egypte (4-2) aux Emirats arabes unis.

Mais rien ne vaut la compétition pour jauger la Côte d'Ivoire version 2013, et dès son premier match, contre le Togo, le 22 janvier à Rustenburg. "C'est à ce moment-là qu'il faudra être déterminé, prêt physiquement et complètement frais psychologiquement pour affronter une équipe qui ne sait pas si elle pourra compter sur Adebayor, estime Lamouchi. Ce qui est certain, c'est ce que cette équipe-là a des atouts, avec ou sans Adebayor".

Le cornac et ses Eléphants ont en tout cas la pression: seule la victoire en finale sera belle.