Le double défi de Boudebouz
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A 22 ans, Ryad Boudebouz est le joueur le plus reconnu et le plus convoité de Sochaux, qui compte sur lui pour se maintenir dans l'élite en France, et c'est aussi le maître à jouer de l'Algérie, versée dans le groupe le plus relevé de la CAN-2013 (19 janvier-10 février).

Que ce soit au sein des Lionceaux ou des Fennecs, le joueur s'appuie sur une technique exceptionnelle, à l'image de ce lob de 45 mètres décoché face à Monaco en Coupe de France en 2010.

"Ryad dispose d'une technique au-dessus de la moyenne. C'est un joueur extrêmement complet qui en dépit de son jeune âge et de toute la médiatisation autour de lui a toujours gardé les pieds sur terre. C'est l'un de nos leaders", explique l'entraîneur Eric Hély.

Pur produit du centre de formation sochalien qu'il a rejoint en 2002 à 12 ans, le natif de Colmar s'est incorporé au groupe CFA dès 2006 avant d'être lancé dans le grand bain de l'élite le 8 octobre 2008, à Nice. Un mois plus tard, Boudebouz signait son premier but en L1 pour offrir une victoire capitale à Sochaux face au Mans (2-1). Il est resté à Sochaux cet été alors qu'il était annoncé avec insistance du côté de Marseille.

"Tout jeune, il avait déjà une grande facilité dans les basiques, que ce soit dans sa qualité de passe, sa conduite de balle ou ses dribbles", abonde Bernard Genghini, adjoint d'Hély et entraîneur de la réserve entre 2006 et 2008. A l'époque, Boudebouz jouait milieu droit, le rôle de meneur de jeu étant dévolu à son ami Marvin Martin. Il a conservé certaines aptitudes à droite en dépit de son replacement dans l'axe cette saison.

Ballon d'or algérien
"Il ne disposait certes pas de qualités d'explosivité à même de lui permettre de prendre la profondeur mais sa technique lui permettait largement de compenser. Dans le couloir, il évolue dans un registre proche de celui de Jérôme Rothen à ses années monégasques", explique Genghini.

Ce dernier souligne aussi que Boudebouz doit maintenant gagner en régularité, pour lui permettre de renouveler une saison comme celle réussie en 2011 (huit buts et sept passes décisives) qui lui avait permis de décrocher le Ballon d'or algérien.

Boudebouz n'a cependant pas attendu cette distinction pour franchir un palier en intégrant dès 2010 l'équipe d'Algérie, avec laquelle il participe au Mondial sud-africain dans la foulée. Une belle récompense pour un garçon qui a toujours clamé son amour pour les Fennecs. "Dès mes 14 ans j'avais déjà décidé d'évoluer avec la sélection algérienne. Et je n'ai jamais regretté cette décision", rappelait-il après avoir reçu son Ballon d'or algérien. Mais le Sochalien n'est pas encore un cadre en sélection (14 capes) et il sait qu'il devra se montrer décisif en Afrique du Sud, surtout dans ce "groupe de la mort" comprenant Côte d'Ivoire, Tunisie et Togo.

"Notre objectif dans cette CAN est d'aller le plus loin possible. Si l'opportunité de gagner le titre se présente, nous saurons puiser dans nos ressources pour triompher. Nous restons conscients de la difficulté de notre tâche. Le premier match contre la Tunisie sera déterminant pour la suite", expliquait Boudebouz début janvier.

Même s'il se gardera bien de l'avouer, l'état-major sochalien, à l'instar de tous les clubs de L1 privés de leurs internationaux africains, ne serait sûrement pas trop déçu de voir l'aventure des Fennecs s'arrêter prématurément. A chacun ses impératifs.