L'Algérie joue avec le feu
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Un choc entre ternes vainqueurs, Côte d'Ivoire et Tunisie à la recherche de leur jeu, et un autre entre séduisants perdants, Algérie et Togo qui joueront leur peau dans la CAN-2013: c'est ce décor paradoxal que plante le groupe D samedi à Rustenburg.

Côte d'Ivoire-Tunisie (15h00 GMT) : à qui la qualification ?
Le vainqueur de ce match serait quasiment qualifié. Mais ce sont surtout les Eléphants qui sont attendus, au titre de favoris, et au premier chef par leur cornac lui-même, Sabri Lamouchi. "C'est surtout la prestation de mon équipe qui compte", avance le sélectionneur, déçu par le "contenu pas bon" du match contre le Togo malgré la victoire (2-1). "Si on veut prendre le maximum de points, il faudra faire une performance du niveau des Eléphants".

Yaya Touré et Gervinho ont joué les hommes providentiels, mais le reste de l'équipe a cahoté, à l'image de Drogba, transparent, ou d'un Zokora peu influent. "On a besoin d'un Gervinho en grande forme, et de tout l'effectif en grande forme", souligne Lamouchi.

D'autant que le Français, opposé à l'équipe du "pays de (ses) parents", se méfie de Tunisiens qui ont "joué à l'italienne" contre l'Algérie (1-0) et "sont sortis très peu mais quand ils sortent ils le font très bien".

Les Aigles de Carthage comptent eux aussi déployer "un football nettement meilleur", selon leur coach Sami Trabelsi. Pour lequel les Ivoiriens ne sont "pas imbattables" et qui, histoire de leur transmettre le mistigri de la pression, s'est interrogé devant la presse: "Ils ont certainement les meilleurs joueurs d'Afrique, et je ne sais pas pourquoi ils n'arrivent pas à avoir le titre depuis plusieurs années. S'ils n'y arrivent pas, c'est qu'il y a des défaillances quelque part"

La Tunisie va s'appuyer sur "85% de l'ossature" du onze de mardi, sans Jemaa, forfait pour le reste du tournoi (entorse du genou), et avec Msakni, auteur d'un but splendide et dont Trabelsi estime qu'il "peut montrer encore mieux".

Algérie-Togo (18h00 GMT) : qui va rester en vie ?
Les deux perdants de mardi auront l'avantage de connaître le résultat de l'autre match. Mais ils ont aussi pris un coup au moral en encaissant des buts dans les dernières minutes.

Les Algériens ne pensaient pas avoir à guerroyer dès le deuxième match pour leur survie dans la CAN. Après avoir fait preuve de volonté offensive et de manque de réalisme, il s'agit de prendre les 3 points, coûte que coûte.

Leur sélectionneur Vahid Halilhodzic a joué les paratonnerres jeudi en essuyant les foudres de la presse algérienne. En quatre actes: 1. Il assume la responsabilité de la défaite, 2. ne regrette pas ses choix tactiques, 3. ne reproche rien à ses joueurs si ce n'est leur "naïveté", et 4. critique la pression médiatique liée à "l'euphorie" créée par la qualification pour la CAN.

Le seul pépin concerne Feghouli, principal moteur de l'équipe, touché à la hanche gauche. Resté aux soins mercredi, auteur de tours de terrains jeudi, le meneur de jeu devrait néanmoins être apte.

L'entraîneur franco-bosnien promet aussi que ses Fennecs auront sur Adebayor "un oeil particulier dans la zone de finition". Son homologue du Togo, Didier Six, promet de son côté que son buteur va "monter en puissance" après avoir passé "le match le plus dur en marquage".

Où en sont vraiment les Togolais, eux qui ont bousculé les Ivoiriens ? Le fait que le sélectionneur ait délégué son adjoint en conférence de presse d'avant-match vendredi a en tout cas ravivé les soupçons de tiraillements dans un nid d'Eperviers qui n'en est jamais avare...