Le cas Drogba
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Hors du coup lors des deux premiers matches de la Côte d'Ivoire, Didier Drogba est sorti de sa torpeur mercredi en inscrivant son premier but à la CAN-2013, posant un cas de conscience à Sabri Lamouchi avant le quart contre le Nigeria, dimanche.

Que faire de la star des Eléphants ? La question doit hanter les nuits au sélectionneur ivoirien, confronté soudainement à un sacré dilemme. En reléguant son attaquant vedette sur le banc contre la Tunisie (3-0) puis en l'alignant avec les réservistes pour une rencontre sans enjeu face à l'Algérie (2-2), l'ancien international français avait envoyé un signal assez clair.

La performance de Drogba a toutefois changé la donne et pourrait rebattre les cartes dans l'optique du choc contre les Super Eagles. L'ex-buteur de Chelsea a certes été assez discret dans le jeu au sein d'une formation composée de doublures et donc manquant logiquement d'automatismes, voire d'un soupçon de talent.

Mais il a su exploiter à merveille l'une de ses rares opportunités, réduisant le score sur une magnifique tête. Comment dès lors remettre sur la touche un joueur qui vient de porter son total de buts à la CAN à 11 et qui a tenu à bout de bras la sélection depuis ses débuts avec les Eléphants en 2002?

A bientôt 35 ans (le 11 mars), Drogba est au crépuscule de sa carrière et ses six mois passés au Shanghaï Shenhua lui ont singulièrement fait perdre le rythme du haut niveau. Reste que se passer de son expérience pourrait constituer une arme à double tranchant. Le malheureux Andre Villas-Boas avait cru pouvoir s'en débarrasser au début de son court mandat à la tête des Blues mais il n'aura même pas réussi à terminer la saison 2011-12.

Lamouchi droit dans ses bottes
Drogba lui avait même administré une belle leçon et avait pris une revanche éclatante avec deux buts décisifs en demi-finale aller et surtout en finale de la Ligue des champions, finissant enfin par soulever cette Coupe aux grandes oreilles qui faisait tant fantasmer le propriétaire des Blues Roman Abramovitch.

Droit dans ses bottes, Sabri Lamouchi "assume" sa décision qu'il qualifie de "tactique" mais n'est pas dupe. "Qu'est-ce que je n'aurai pas entendu si on avait perdu contre la Tunisie?", a-t-il déclaré.

Drogba, fidèle à son habitude, a de son côté réduit au minimum durant cette CAN ses interventions médiatiques et refuse de s'épancher sur son cas personnel. "Ce n'est pas un but qui nous donne la victoire, a-t-il expliqué mercredi. Il nous permet juste de nous relancer. Je ne m'attarde pas trop sur ma performance mais plutôt sur la prestation collective."

Après avoir tant échoué aux portes de la gloire continentale (finales en 2006 et 2012, demi-finale en 2008, quart de finale en 2010), Drogba ne risque pas de jouer les capricieux, lui qui rêve tant d'ajouter la seule ligne manquant encore à son prestigieux palmarès.