Des surprises à rendre baba
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De l'apparition du tout petit Cap-Vert en quarts à l'absence du champion en titre, la Zambie, pour la première fois depuis 21 ans, le premier tour de la CAN-2013 en Afrique du Sud a été prodigue en sensations parmi les participants, les favoris et les joueurs attendus.

Surprises à gogo
Fou-fou : Le Cap-Vert, plus petite nation ayant participé à une CAN (513.000 habitants), a créé la plus grosse sensation du tournoi en allant en quarts pour sa première participation à une CAN, grâce à sa solidarité défensive, quelques individualités (Mendes, Platini, Heldon) et une qualification à l'arraché.

Kif-kif : C'est la débâcle pour les trois pays du Maghreb, éliminés dès le premier tour: le Maroc n'a obtenu que des nuls, la Tunisie n'a pas produit de jeu et l'Algérie de Vahid Halilhodzic, pourtant séduisante, s'est montrée naïve. L'ouest du continent en revanche fait fort en quarts: seule l'Afrique du Sud, pays organisateur, n'y est pas.

Toc-toc : Le Togo et le Burkina Faso frappent désormais à la porte des grands. Les "Eperviers" de Didier Six, trois ans après la fusillade de Cabinda, ont surmonté leurs traditionnels soubresauts pour fêter la première qualification de leur histoire. Les "Etalons" de Paul Put ont brisé leur série noire de 18 matches sans victoire en CAN en signant le carton du premier tour (4-0 contre l'Ethiopie), avant de finir devant le Nigeria et la Zambie.

Bye-bye : La défense de son titre s'est arrêtée prématurément pour la Zambie d'Hervé Renard, neutralisée (trois nuls). "C'est mieux de gagner une fois dans la vie que d'aller en quart à chaque fois et ne jamais rien gagner", a relativisé l'entraîneur français, éliminé dès le premier tour comme son mentor Claude Le Roy, à la tête de la RD Congo, qui officiait pour sa 7e CAN (record).

Favoris couci-couça
Chouchou : Grand favori et finaliste de la dernière édition, la Côte d'Ivoire a d'abord livré une prestation médiocre contre le Togo malgré le succès (2-1), "la pire" sous sa direction, selon le sélectionneur Sabri Lamouchi. Les Eléphants se sont ensuite réveillés, avec la manière (3-0 contre la Tunisie). Dans le match des "coiffeurs", sans enjeu, ils sont restés invaincus en remontant deux buts (2-2 contre l'Algérie).

Ni ni : Ni bon ni mauvais, le Ghana sans les frères Ayew a lui aussi mal débuté, même sur le plan comptable, rejoint par la RD Congo (2-2). Il a ensuite vaincu sans génie le Mali (1-0) avant de corriger le faible Niger (3-0). Montée en puissance?

Stars en yoyo
Dare-dare : Yaya Touré et Gervinho, les deux sauveurs de la Côte d'Ivoire, décisifs et influents, prétendent déjà au titre de meilleur joueur. Auteur du but de l'unique victoire malienne, Seydou Keita, 33 ans, était omniprésent sur le terrain et à côté, digne ambassadeur de la paix dans son pays. Le Burkinabè Alain Traoré, meilleur buteur du premier tour (3 buts), en fut l'un des hommes forts, mais sa CAN est terminée (blessure).

Cache-cache : Adebayor a commencé doucement, puis a marqué un but et donné une passe décisive. Le capitaine du Togo a rempli son contrat sans donner sa pleine mesure. Son homologue ghanéen Gyan a lui aussi tardé à entrer dans le vif du sujet, allant crescendo jusqu'à un troisième match de classe (un but et artisan de deux autres).

Planplan : Est-ce le poids des ans (bientôt 35), le manque de compétition ou l'imbroglio entre les clubs de Shanghai et Galatasaray? Drogba avait manifestement l'esprit ailleurs, et a été fantomatique au point d'être relégué sur le banc. Sursaut d'orgueil, le capitaine ivoirien a marqué dans le "match des remplaçants". Elu meilleur joueur du tournoi 2012 dont il a soulevé le trophée, le capitaine zambien Katongo a raté son tournoi.