Nigeria, le retour du spécialiste
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Le Nigeria, absent de la dernière édition, a effectué un retour fracassant à la CAN-2013 en se hissant en demi-finale, une vieille habitude pour ce mastodonte du football africain, pourtant arrivé en Afrique du Sud avec une équipe inexpérimentée.

Les Super Eagles, sacrés à deux reprises (1980, 1994), atteignent pour la 14e fois en 17 participations le dernier carré d'une Coupe d'Afrique, ce qui suffit à situer leur place singulière sur l'échiquier continental. Mais cette année personne n'aurait osé miser quoi que ce soit sur cette formation débarquée à la CAN sans éléments de renom hormis le milieu de Chelsea John Obi Mikel et le vieillissant Josef Yobo (32 ans).

La recette concoctée par le sélectionneur Stephen Keshi, nommé en novembre 2011, a toutefois fonctionné à merveille et l'amalgame entre joueurs du cru et quelques expatriés chevronnés (Yobo, Mikel, Brown, Enyeama, Uche) s'est avéré d'une redoutable efficacité.

Il faudra désormais compter avec la génération montante incarnée par Emmanuel Emenike (Spartak Moscou, 25 ans et meilleur buteur du tournoi avec 3 buts, à égalité avec Alain Traoré et Wakaso), Victor Moses (Chelsea, 22 ans) ou Sunday Mba (Enugu Rangers, 24 ans), auteur du but qui a terrassé la Côte d'Ivoire en quart de finale sur une frappe déviée (2-1) et donné le droit à son pays de se frotter au Mali pour une place en finale, mercredi à Durban .

Des joueurs bien décidés à marcher sur les pas de leurs glorieux aînés (Okocha, Amokashi, Kanu, Amunike, Yekini, Oliseh...) et à faire taire les critiques après un 1er tour sans saveur, conclu à la 2e place du groupe C derrière le Burkina Faso.

Revanche
"Personne ne donnait cher de notre peau, ne nous donnait la moindre chance, mais on a montré du caractère. Quand j'ai pris cette équipe, je savais qu'on allait devoir se battre mais elle progresse à chaque match et elle a fait preuve de caractère et de discipline", a ainsi déclaré Keshi, ancien international avant de connaître un parcours d'entraîneur contrasté à la tête du Togo et du Mali.

Keshi a surtout savouré sa petite revanche sur le scepticisme ambiant au pays, inquiet de voir certains des piliers habituels des Super Eagles non retenus (Odemwingie, Martins) au profit de joueurs évoluant au Nigeria comme Mba.

"Tous mes joueurs sont des héros, des stars hollywoodiennes mais c'est bien de voir des locaux se révéler, a-t-il expliqué. C'est juste dommage que notre pays se montre aussi impatient avec eux."

Au-delà de l'organisation mise en place par le technicien nigérian, ce qui frappe d'emblée c'est la puissance physique que dégage son équipe, marque de fabrique des Super Eagles. Pour la technique, elle s'en remet au métronome Mikel, chargé d'orienter le jeu sans faire de fioritures, loin des dribbles et des gestes venus d'ailleurs d'un Okocha.

Place désormais au Mali, une nation que Keshi connaît sur le bout des doigts pour l'avoir dirigée lors de la CAN-2010. Le Nigérian n'a sûrement pas oublié son limogeage après une sortie de route au 1er tour et a sans doute sa petite idée sur la manière de mettre fin au rêve des Aigles.