Sissoko a fait sa poussée de croissance
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En trois mois, l'ex-milieu de Toulouse Moussa Sissoko, passé à Newcastle cet hiver après avoir disputé les trois derniers matches des Bleus, a fait une spectaculaire poussée de croissance dont l'équipe de France espère encore tirer bénéfice mercredi en amical contre l'Allemagne.

Entre le petit Sissoko de ses débuts internationaux en octobre 2009 et celui qui a permis, par sa puissante entrée associée au replacement axial de Valbuena, de ramener un bon point d'Espagne en octobre (1-1), c'est en effet le jour et la nuit.

Trois ans et un monde séparent en effet les trois première capes, décrochées sous les ères Domenech puis Blanc, des trois dernières, avec notamment deux titularisations contre le Japon et en Italie.

"Je me sens très bien depuis que je suis revenu, beaucoup mieux que lors de mes premières apparitions", s'est souvenu le milieu relayeur, "intimidé par Henry" à ses débuts.

"La première fois, j'étais vachement jeune et très timide. Je n'osais pas faire certaines choses. Je faisais contrôle-passe, je ne prenais pas certains risques sur le terrain alors que maintenant j'essaie de dribbler, de jouer sur mes qualités. J'ai plus d'expérience".

Depuis quelques jours, il a également un nouveau club puisque, au terme d'un bras de fer avec Toulouse où il arrivait en fin de contrat en juin, il a finalement rallié Newcastle.

"L'Angleterre est faite pour moi"
Avec succès puisque, après deux matches, il compte déjà une passe décisive à Aston Villa et surtout un doublé inscrit samedi contre Chelsea.

"Je ne pensais pas le voir à ce poste, mais c'est un N.10 maintenant, en a même souri le sélectionneur Didier Deschamps. Sa situation en restant à Toulouse me semblait très compliquée et ce qu'il fait sur le terrain à Newcastle lui donne raison".

"Quand je suis arrivé, le coach m'a dit qu'il allait m'utiliser à ce poste lors des deux premiers matches, lui a expliqué à distance le joueur de 23 ans. Je l'avais déjà fait à Toulouse mais je n'aurais jamais imaginé marquer deux buts pour mon premier match à domicile, surtout face au champion d'Europe en titre".

Avant de faire les beaux jours du nouvel eldorado des Bleus, Sissoko a fait ceux du TFC où il était déjà titulaire à l'âge de 18 ans.

Pourtant, il n'a pas hésité à intégrer une "Toon Army" en déroute puisqu'elle a dû attendre son arrivée pour enfin remporter deux matches d'affilée dans son championnat.

"L'Angleterre est faite pour moi je pense", a-t-il ainsi déclaré sans trembler, histoire de montrer sa nouvelle assurance. "Elle correspond à mon style de jeu. Newcastle m'a offert cette possibilité. J'ai saisi cette chance et je suis très content d'y être".

Départ houleux de Toulouse
Et comme le natif de Seine-Saint-Denis est aussi bien élevé, hors de question pour lui de dire du mal de son club formateur même si son départ a été houleux, les relations avec le bouillonnant président Olivier Sadran n'ayant pas été simples.

"La dernière semaine à Toulouse n'a pas été facile", s'est-il contenté de répondre à demi-mot, préférant ensuite expliquer plus en détail pourquoi la "Premier League" lui ira comme un gant.

"A Toulouse, il y a beaucoup de joueurs de qualité mais on avait des difficultés offensives même si c'était mieux cette saison. En Angleterre, c'est plus porté vers l'avant et ça correspond plus à mon jeu. Je peux m'exprimer plus et avoir plus de ballons de contre-attaque".

En tous cas, il n'a pas attendu de parler couramment anglais pour rappeler que le football est une langue universelle.