La défense de l'Atlético a convaincu Felipão
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Il est difficile de parler de la meilleure saison de l'Atlético de Madrid depuis de nombreuses années sans penser immédiatement aux buts de Radamel Falcao Garcia. Mais pour comprendre plus en profondeur la réussite de l'équipe, il faut regarder de l'autre côté du terrain. Leur défense solide permet aux Colchoneros de contester l'hégémonie de Barcelone et du Real Madrid.

L'actuel deuxième de la Liga espagnole affiche le deuxième meilleur bilan défensif à ce jour, avec seulement 21 buts encaissés. Seul Malaga fait mieux. Cet état de fait n'est pas passé inaperçu, du moins pour un champion du monde. Dans la liste publiée par Luiz Felipe Scolari pour le match amical du Brésil contre l'Angleterre, l'entraîneur a convoqué deux défenseurs de l'Atlético : l'arrière central Miranda et le latéral Filipe Luís. L'entente entre les deux joueurs explique en partie la réussite de l'équipe espagnole et permet aux deux intéressés de faire partie de la première liste publiée par Felipão, à quelques mois à peine de la Coupe des Confédérations de la FIFA et à moins de 500 jours de la Coupe du Monde de la FIFA, Brésil 2014™.

"En Europe, c'est très important. La défense compte beaucoup", explique Filipe à FIFA.com. "Nous sommes en train de grandir, de gagner des titres, des choses importantes, et nous devons continuer sur cette lancée. Mon point faible, c'était le marquage. Ici, un latéral doit avant tout bien défendre, et seulement ensuite attaquer. C'est sur ce point que j'ai le plus évolué. J'ai beaucoup progressé et aujourd'hui, je suis un joueur plus complet."

Être prêt
Pour Miranda en revanche, le marquage n'a plus de secret depuis longtemps. Tous les supporters de São Paulo qui l'ont vu à l'œuvre pendant cinq ans vous le diront. Habile balle au pied, celui qui a remporté trois titres de champion du Brésil avec le Tricolor estime qu'il a encore progressé depuis son arrivée en Espagne. "Je connais mon potentiel et je dois dire que depuis quelque temps, mon rendement est meilleur à l'Atlético qu'il ne l'était à São Paulo, à une époque où j'étais pourtant convoqué régulièrement en équipe nationale. Mais la Seleção fonctionne par cycles. C'est à vous d'être prêt", affirme-t-il à FIFA.com.

Prêts, Filipe et Miranda le sont, leurs performances en Espagne sont là pour le prouver. L'Atlético est invaincu dans son stade de Vicente Calderón, où il n'a plu encaissé de but depuis le 11 novembre dernier. Dans l'ensemble, si l'on compte les matches en UEFA Europa League, dont ils détiennent le trophée, les Colchoneros ont concédé 25 buts en 28 matches. "L'idée est de toujours bien défendre afin de pouvoir surprendre en attaque", explique Filipe.

Ce concept a pris forme au fur et à mesure du travail réalisé avec l'entraîneur Diego Simeone avec, à la clé, deux titres continentaux, l'UEFA Europa League et la Supercoupe de l'UEFA. "Quand il est arrivé, l'équipe traversait une période délicate", se souvient Filipe, à propos du technicien argentin. "Ça n'allait pas sur le terrain. Aujourd'hui, les joueurs donnent plus sur le plan tactique. Je crois qu'il a réussi à nous donner une mentalité de gagneurs. L'équipe a retrouvé ce qui a toujours fait les valeurs de l'Atlético."

Au nombre des défaites, l'Atlético est la deuxième équipe la plus performante de la Liga. C'est grâce à cela qu'il réussit à ne pas se laisser trop distancer par un FC Barcelone qui pulvérise les records les uns après les autres. Mais dans la rivalité directe avec le voisin du Real, l'Atlético a le dessus pour la première fois depuis de nombreuses années. "Nous sommes dans un championnat où il y a deux superpuissances", analyse Miranda. "Nous avons réussi à gagner l'Europa League. La prochaine étape est une place en Ligue des champions. Il est certain que nous jouons toujours pour gagner mais quand vous avez des adversaires comme Barcelone où le Real Madrid, dans un championnat qui dure longtemps, vous devez aussi garder les pieds sur terre."

Concurrence énorme à gauche
Pour les deux hommes, la dure concurrence ne se limite pas à la lutte pour la première place du championnat d'Espagne. Sélectionnés une fois par Scolari, ils se battent aussi pour une place en équipe nationale avec, en ligne d'horizon, les deux grands événements organisés par leur pays. "Je veux y aller pour durer, pas seulement pour faire un grand match. Je veux faire partie d'un groupe qui gagne", annonce Filipe.

Pour le latéral, cela signifie encore une fois être en concurrence avec des compatriotes du Real et du Barça. "Sur le flanc gauche, la concurrence est énorme. Marcelo est impérial avec le Real et Adriano fait lui aussi une grande saison à Barcelone. C'est un joueur extrêmement complet. Cela montre la qualité de notre football : dans les trois meilleures équipes d'Espagne, les trois latéraux gauches sont brésiliens", fait-il remarquer.

Non que la vie soit plus facile pour son coéquipier Miranda. Durant ses années triomphales à São Paulo, le défenseur a toujours vécu dans l'ombre de Juan et de Lúcio. Aujourd'hui, non seulement ces deux vétérans sont toujours en activité dans des grands clubs brésiliens, mais des arrières centraux plus jeunes se mêlent désormais à la lutte, à commencer par Thiago Silva et David Luiz. "Avec Lúcio et Juan, qui s'étaient imposés depuis longtemps déjà, il était plus compliqué d'espérer une place de titulaire. Mais quand on m'en a donné l'occasion, j'ai montré ma valeur. Aujourd'hui, je suis de nouveau appelé. Le fait d'être dans une équipe forte et qui gagne aide, c'est certain", ajoute le défenseur central.

Cela aide, et Felipão en a pris note. Et il y a plus… En tant que défenseurs de l'Atlético de Madrid, Miranda et Filipe Luís évitent un casse-tête de taille : ils n'ont pas à se demander comment neutraliser un certain Falcao Garcia.