Les Bleus veulent prolonger la série
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Forte d'un match nul fondateur en Espagne (1-1) et d'une victoire en Italie (2-1), la France cherchera mercredi au Stade de France à confirmer son renouveau contre un nouvel adversaire de prestige, l'Allemagne, pour aborder au mieux les échéances décisives du mois de mars.

Les rencontres amicales de février ont souvent des airs de match de trop pour des joueurs fatigués par l'hiver et ses terrains gras, au moment où la Ligue des champions s'apprête à revenir sur le devant de la scène.

"Celui du mois d'août n'est pas une priorité, celui de février n'est pas une priorité... A ce rythme-là, on ne va plus en jouer beaucoup", a soupiré lundi le sélectionneur Didier Deschamps.

Les Bleus ont pourtant plein d'excellentes raisons de vouloir briller mercredi devant un public qu'ils ont quitté mi-octobre sur une défaite contre le Japon.

D'abord, pour confirmer la jolie dynamique née à Madrid le 16 octobre 2012, quand après une formidable deuxième période, Giroud a offert aux Bleus un nul mérité sur la pelouse de la grande Espagne (1-1).

Un mois plus tard à Parme, c'est l'Italie qui faisait les frais de l'enthousiasme de cette équipe de France que Deschamps a su relancer après un Euro-2012 mitigé.

"Les bons résultats, c'est la meilleure chose pour construire", a estimé le sélectionneur lundi. Espagne, Italie, Allemagne: il y aurait là de quoi bâtir sur des fondations solides.

Ensuite, le pedigree de l'adversaire devrait suffire à donner aux Français un petit supplément de motivation.

L'Allemagne, deuxième au classement Fifa et demi-finaliste du dernier Mondial ainsi que du dernier Euro, est un rival historique même si deux joueurs seulement (Landreau et Evra) étaient nés en 1982, quand Schumacher a traumatisé une génération de supporteurs en percutant Battiston à Séville.

Benzema attendu
Paradoxalement, la Mannschaft réussit d'ailleurs plutôt bien à l'équipe de France, qui n'a plus été battue depuis 1987 et reste sur une série de cinq victoires et un nul.

Mais la meilleure raison de prendre le match de mercredi très au sérieux, c'est qu'il est le dernier sur la route de ceux contre la Géorgie (22 mars) et l'Espagne (26 mars), cruciaux pour la qualification pour le Mondial-2014.

"Le mois de mars": l'expression est revenue comme un gimmick lors des deux conférences de presse de Deschamps et il en sera forcément encore question après l'Allemagne, quel que soit le résultat.

D'ici-là, et dans un match que "Kaiser Franck" Ribéry abordera avec une envie particulière, Deschamps va enregistrer le retour de Benzema, absent en Italie.

Avec cinq buts seulement en Liga, le Madrilène ne traverse pas la période la plus faste de sa carrière et, en Bleu, il n'a plus marqué depuis le mois de juin dernier et un match de préparation à l'Euro contre l'Estonie.

L'ancien Lyonnais reste bien sûr incontournable mais derrière lui, Giroud, qui avait trouvé l'ouverture contre l'Allemagne à Brême en février 2012 (victoire 2-1), est devenu une option sérieuse.

On guettera aussi les débuts d'Alessandrini, spectaculaire et décisif avec Rennes, ainsi que la prestation de Sakho, remarquable ces derniers temps avec le Paris SG et qui a renoué le fil de son histoire avec les Bleus depuis l'arrivée de Deschamps.

En face, l'Allemagne arrive affaiblie au Stade de France avec une conséquente liste d'absents (Schweinsteiger, Reus, Götze, Schmelzer, Klose...). Mais pour Joachim Löw aussi, ce match est important. Sa cote a baissé depuis le dernier Euro et l'élimination par l'Italie en demi-finale et il doit encore digérer l'invraisemblable remontée de la Suède de 4-0 à 4-4 en octobre.