Celtic - L'Europe vaut bien le Old Firm
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Le Celtic, adversaire de la Juventus mardi en huitième de finale de la Ligue des champions, est privé de son rival historique en Ecosse depuis la faillite des Rangers l'été dernier, mais le frisson européen a permis au club des catholiques de Glasgow de mieux supporter la solitude.

"Pas vraiment", a répondu le directeur général du Celtic, Peter Lawwell, lorsqu'on lui a demandé si les fameux derbys de Glasgow lui manquaient. "Il y a du pour et du contre, ça s'équilibre, mais en tout cas je ne donnerais pas la Ligue des champions en échange", a-t-il dit.

Est-ce parce qu'il a pu préserver l'énergie qu'il consacrait d'habitude aux quatre affrontements annuels avec Rangers? En tout cas le Celtic s'est sorti de la phase de poule pour la troisième fois seulement en vingt ans, et la première depuis 2008, en récoltant le plus gros total d'un club écossais en Ligue des champions: dix points, dont trois pris lors d'une mémorable victoire sur le FC Barcelone (2-1) à Parkhead.

L'aventure européenne rappelle au Celtic le souvenir glorieux de 1967, lorsqu'il avait été le premier club britannique champion d'Europe, et permet d'oublier la fadeur de la Premier League écossaise depuis la rétrogradation en quatrième division des Rangers, le club de la majorité protestante qui croulait sous les dettes.

Sans le rival avec lequel il partageait tous les titres depuis 1986 -17 pour les Rangers, 10 pour le Celtic - les joueurs au maillot cerclé vert et blanc se promènent évidemment en tête du Championnat d'Ecosse, avec 18 points d'avance sur Inverness et Motherwell.

La Juve chez les Rangers
Du point de vue économique, les dirigeants des "Hoops" (cerceaux) ont dû s'adapter à la nouvelle situation. Ainsi le Celtic vient de signer un contrat exclusif avec un nouveau sponsor pour son maillot, une marque irlandaise de cidre, alors que depuis quatorze ans les négociations étaient menées en commun avec les Rangers. Preuve qu'au-delà de la haine affichée, les deux ennemis, surnommés collectivement "The Old Firm" (la vieille firme), savaient s'entendre lorsque leurs intérêts se rejoignaient.

Le beau parcours en Ligue des champions a permis de compenser provisoirement le manque à gagner dû à la disparition des derbys, mais beaucoup pensent que les déboires des Rangers finiront par se répercuter sur leur ancien rival.

"Le Celtic n'a plus de concurrent sérieux en Ecosse, ce qui ne pourra pas rester longtemps sans conséquence sur la fréquentation du stade", a ainsi estimé récemment l'ancien joueur international du Celtic Murdo McLeod.

Or le club de Glasgow ne peut guère se permettre de perdre des ressources, lui qui est déjà bien incapable de concurrencer les clubs anglais sur le terrain financier. Au mercato d'hiver, le Celtic s'est contenté de faire signer un Australien (Rogic) et un Israélien (Gershon) pour renforcer un effectif dépourvu de stars. Son meilleur buteur, l'Anglais Gary Hooper, est donné partant dans un avenir proche.

Ejectés de la scène sportive, les Rangers ont quand même trouvé un moyen, bien inoffensif, de mettre leur grain de sel dans l'affrontement entre le Celtic et la Juventus. C'est dans leur centre d'entraînement de Murray Park que les Italiens viendront préparer le match.