Camara, l'Impact de l'excellence
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Hassoun Camara fait partie des valeurs sûres de la Major League Soccer. Le Montréal Impact est actuellement en tête de la Conférence Est avec une défense de fer dont il est un pion essentiel depuis son arrivée il y a deux ans. "Je me sens très bien ici, j'ai trouvé un équilibre de vie", confie le joueur de 27 ans au micro de FIFA.com

Son arrivée au Canada en 2011, dans cette franchise qui se préparait alors à intégrer l'élite nord-américaine, était un pari aux risques maîtrisés. "Je ne connaissais pas trop la MLS, mais je savais que c'était un championnat en vogue, notamment depuis les venues de Thierry Henry et David Beckham", raconte-t-il. "Je me suis un peu penché sur le club, sa structure, et j'ai vu que c'était très professionnel. Aujourd'hui, je ne regrette pas, et je vois que de plus en plus de joueurs veulent venir ici. Je dirais que je suis arrivé au bon moment".

Originaire de la région parisienne, Camara décroche son premier contrat pro en 2006 avec l'Olympique de Marseille. Difficile de faire plus prestigieux, mais les places sont chères et il connait surtout l'équipe réserve pendant deux ans. Il décide alors de rebondir en Ligue 2 avec Bastia, où il goute à la vie de titulaire, avant de se trouver dans l'impasse au bout de sa troisième année en Corse. En 2010, libre de tout contrat, il se cherche un avenir. "J'avais quelques touches, plus ou moins intéressantes", se souvient-il. "Ce que je voulais, c'était être compétitif et carré. Donc je n'avais pas envie d'aller dans des championnats trop exotiques. Je savais que la MLS était un championnat très bien organisé, avec des stades pleins et modernes, donc j'ai décidé de m'impliquer ici à 100%".

Et l'implication paie. Camara s'intègre à merveille et s'adapte aux besoins en défense ou au milieu de terrain. Pour sa première saison, il est élu meilleur joueur de l'Impact et figure dans l'équipe-type de NASL (deuxième division nord-américaine), juste avant le grand saut en MLS. "Ma polyvalence m'a bien aidé. Je suis capable d'évoluer à plusieurs postes, et j'ai une technique au dessus de la moyenne pour un défenseur central", concède-t-il quand on l'invite à brusquer sa modestie naturelle. 

A l'Italienne
L'Impact de Montréal a mis tous les moyens de son côté pour s'affirmer dès sa première année au plus haut niveau. Courant 2012, la formation québécoise s'est progressivement renforcée avec des noms prestigieux comme Marco Di Vaio ou Alessandro Nesta. "C'est extraordinaire pour moi", sourit Camara, tout heureux d'évoluer aux côté d'une telle légende en défense. "Au delà du joueur, Nesta est un type exceptionnel qui amène beaucoup de bonne humeur dans le vestiaire, et qui donne beaucoup de bons conseils. Sa mentalité m'impressionne. Quand il rentre sur le terrain, on le voit tout de suite se transformer en compétiteur intraitable qui est prêt à tout donner pour ne pas prendre de but. J'essaie d'apprendre un maximum de lui avant qu'il parte pour pouvoir aider l'équipe dans le futur. Nous communiquons beaucoup, et tout semble plus facile avec lui."

Preuve que l'affaire tourne bien, l'Impact possède actuellement la meilleure défense de la Conférence Est. "Nous avons attaqué la saison par le bon bout. Avec l'effectif que nous avons, je pense sincèrement que nous pouvons faire quelque chose de bien cette année", analyse Camara, qui estime que le chemin parcouru depuis la septième place de la division décrochée l'an dernier est parti d'un déclic. "Nous avons fait un stage de pré-saison en Italie où nous avons évolué contre des équipes comme Bologne et la Fiorentina. Nous avons alors vu que nous pouvions tenir tête à ces équipes-là, et ça nous a donné conscience de notre potentiel. Nous sommes revenus en MLS avec beaucoup de motivation et l'envie de prouver notre valeur. Nous avons complètement oublié nos complexes de l'an dernier, où nous étions nouveaux dans la ligue."

"Nous avons une organisation assez européenne", poursuit-il. "Les Italiens qui sont dans l'équipe nous ont apporté beaucoup tactiquement. Des joueurs comme Nesta ou Matteo Ferrari sont des sacrés arguments pour rendre l'équipe imperméable. Après, on sait qu'avec des joueurs comme Di Vaio ou Daniele Paponi devant, on peut marquer à tout moment." 

Avec un tel effectif et des résultats à la clé, le soccer connaît une montée en puissance sans précédent dans cette région traditionnellement plus portée sur le hockey. "On sent que ça prend bien, et c'est logique avec ce sport qui se mondialise de plus en plus", analyse Camara, plus que jamais sous le charme de la Belle Province. "Ici, la mentalité est très agréable. C'est le compromis idéal pour un Français d'être sur une terre américaine et francophone. J'ai envie de rester le plus longtemps possible, même si le sport de haut niveau est fait de rebondissements", conclut-il.