Sánchez ou le rêve d'un trône
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En 1993, l'Atlas de Guadalajara mène par la marge la plus étroite contre Veracruz quand à trois minutes de la fin du temps réglementaire, le gardien rojinegro Miguel Fuentes reçoit un coup qui l'oblige à quitter le terrain. Cela donne l'occasion à un jeune portier de faire ses grands débuts en première division. Son nom : Oswaldo Sánchez.

Pour ses débuts, le jeune homme aurait pu rêver mieux. Il s'incline en effet sur corner, après quoi l'arbitre siffle la fin de la partie. Le néophyte ne peut donc rien faire pour éviter à son équipe de perdre deux points...

Vingt ans plus tard, Oswaldo Sánchez est l'un des plus grands gardiens de l'histoire du football mexicain. Il n'est plus très loin d'une qualification pour la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Maroc 2013, l'une des rares compétitions qui manquent à son curriculum.

Un match spécial
Depuis ce 30 octobre 1993, le natif de Jalisco s'est fait un nom dans le football mexicain. Après avoir défendu les couleurs de l'Atlas pendant trois ans, il rejoint l'América. En 1999, il signe aux Chivas de Guadalajara, avant de s'engager finalement avec Santos Laguna en 2007. Ses performances lui ouvrent les portes de la sélection nationale, avec laquelle il a déjà disputé la Gold Cup de la CONCACAF, la Copa América, les Jeux Olympiques, la Coupe des Confédérations de la FIFA et la Coupe du Monde de la FIFA™. En club, il a pris part à la Copa Libertadores, à la défunte Merconorte et à la Ligue des champions de la CONCACAF. Il lui reste donc un seul objectif à accomplir.

"Le seul tournoi qui me manque est la Coupe du Monde des Clubs", explique l'intéressé à FIFA.com. "C'est une grande opportunité qu'il ne faut pas laisser passer, car il n'est pas si facile d'être champion ou vice-champion et d'avoir la possibilité de participer à cette ligue des champions, qui prend sans arrêt plus d'importance et dont le niveau ne cesse de grimper".

A bientôt 40 ans, Sánchez  ne veut pas passer à côté de cette opportunité de représenter la Confédération de Football d'Amérique du Nord, centrale et Caraïbes. "Je veux profiter de chaque jour, je n'arrête pas de le dire. Les gens sont surpris que je continue à jouer à mon âge. Mais dans cette vie, il n'y a ni jeune ni vieux, mais des mentalités, des états d'esprit", affirme celui qui a été champion du Mexique avec Guadalajara en 2006 et avec les Guerreros en 2008 et 2012.

Une bataille de plus
Tout au long de ces années passées sur les terrains au plus haut niveau, Sánchez a pu se rendre compte que les expériences se classaient en deux catégories : les positives et les négatives. Lorsqu'on est confronté à ces dernières, le plus important est d'en tirer les enseignements qui s'imposent. "Je me souviens très bien de ce match contre Veracruz. Après le but, nous avons donné le coup d'envoi et l'arbitre a immédiatement sifflé la fin du match. Nous avons fait match nul 1:1. C'est un souvenir aigre-doux. Je m'attendais à mieux pour mes débuts. Je suis rentré au vestiaire en larmes, mais j'ai beaucoup appris dans ces quelques minutes. Ça a été le match le plus important de ma vie", analyse le gardien, qui a connu d'autres moments difficiles comme dans les jours qui ont précédé Allemagne 2006. Son père est décédé alors qu'Oswaldo se trouvait déjà en terre germanique.

Il va sans dire que tous ces enseignements seront au service de Santos Laguna qui, après avoir concédé le nul 0:0 devant son public dans la finale aller, se rendra à Monterrey pour tenter de décrocher le billet pour Maroc 2013 avec un esprit de revanche. En 2012 en effet, les Rayados avaient remporté la finale de la Ligue des champions de la CONCACAF contre... Santos Laguna.

"Ces derniers temps, nous avons joué plusieurs fois contre eux dans des matches importants. Peut-être qu'ils auront un peu la tête à leur clásico contre Tigres. Je me suis rendu compte que pour les gens de Torreón, c'est un match très important. Nous devons en profiter et jouer au maximum de nos capacités. Nous serons au grand complet et nous avons vraiment les moyens de décrocher la victoire", lance Sánchez.

Du jeune de 20 ans qui a célébré ses débuts en allant chercher le ballon au fond de ses propres filets au gardien qui se retrouve à 90 minutes d'une place en Coupe du Monde des Clubs de la FIFA, Oswaldo Sánchez a parcouru un long et beau chemin. Il aimerait maintenant poser la cerise sur le gâteau : "Nous sommes prêts à nous battre, à lutter, et à tout donner pour gagner ce tournoi", conclut-il.