Wondolowski, buteur sans faute de frappe
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Le 9 juillet dernier, Chris Wondolowski a quitté la pelouse du Jeld-Wen Field de Portland avec le sourire et le ballon du match sous le bras. Les supporters ont salué avec enthousiasme sa performance exceptionnelle contre le Belize, en ouverture de la Gold Cup de la CONCACAF 2013. Landon Donovan lui-même a été parmi les premiers à le congratuler. Il faut dire que l'attaquant des San José Earthquakes venait alors tout juste de signer son premier triplé en sélection.

Pour l'un des plus grands moments de sa carrière, le Californien d'origine portait un maillot… mal orthographié. "J'ai trouvé ça très drôle", confie l'intéressé à FIFA.com, sans en vouloir au responsable de cette méprise, qui l'a vu disputer l'intégralité du match sous le nom de 'Wondowlowski'. "Tant qu'on m'attribue un numéro, peu importe la façon dont on écrit mon nom !"

Je ne suis pas le plus rapide, je ne suis pas le fort et je ne suis pas le plus technique
Chris Wondolowski, attaquant des Etats-Unis

De toute façon, les supporters des Quakes préfèrent le surnommer Wondo. Vieil habitué de la Major League Soccer, le trentenaire a inscrit 27 buts la saison passée avec San José, soit plus que Thierry Henry et Robbie Keane, pour s'attribuer le titre de meilleur buteur du championnat des États-Unis.

Se faire un nom sans faute
Le meilleur réalisateur de l'histoire des Quakes figure depuis quatre saisons dans l'équipe all-star de la MLS. Pourtant, sa présence au sein de l'équipe de Jürgen Klinsmann a surpris. On lui reproche de manquer de puissance ou de vivacité pour concurrence les stars expatriées comme Jozy Altidore et Clint Dempsey. Mais ses cinq buts ont largement contribué aux succès américains contre le Belize (6:1) et Cuba (4:1). Après deux journées, Wondolowski n'est pas seulement le meilleur buteur de cette édition 2013 mais aussi le meilleur buteur américain de l'histoire de la Gold Cup de la CONCACAF. De quoi commencer à se faire un nom, sans faute de frappe...

Le responsable des maillots aurait sans doute eu droit à une sévère remontrance, si son erreur avait concerné un joueur plus connu. Pour autant, Wondo n'a pas laissé passer l'occasion de rire un peu à ses dépens. "Je suis allé le voir et je lui ai dit : je suis superstitieux et je viens de marquer trois buts avec ce W en plus, alors pas question de l'enlever ! J'ai fait ça pour le taquiner un peu mais il a trouvé le moyen de coudre ce W à l'intérieur du maillot. Il m'a promis qu'il le ferait tout au long du tournoi."

Malgré son statut d'international, Wondolowski a su rester simple. Il faut dire que le chemin qui l'a mené en équipe nationale a été long et sinueux. Compte tenu de son âge, il considère sa participation à la Gold Cup de la CONCACAF avec beaucoup de recul. Après avoir écumé la deuxième division du système universitaire américain, il a intégré la MLS en 2005, dans la plus grande discrétion. Pendant plusieurs saisons, il a dû se contenter de végéter en équipe réserve. Ce n'est qu'en 2010 que son inlassable travail a commencé à porter ses fruits.

Depuis, il s'est imposé comme l'une des valeurs sûres de l'élite. "Je ne suis pas le plus rapide, je ne suis pas le fort et je ne suis pas le plus technique. Je suis donc obligé de lire le jeu, d'étudier les réactions des défenseurs pour anticiper leurs mouvements."

Pour le moment, Wondo réalise des merveilles au sein d'une sélection américaine assemblée à la hâte. Klinsmann a en effet profité de ce tournoi pour offrir un peu de temps de jeu à des internationaux moins cotés comme Wondolowski, le petit gardien Nick Rimando ou l'ailier Brek Shea. Des blessés de longue date comme Oguchi Onyewu et Stuart Holden ont également fait leur retour. Tout cela n'empêche pas les Stars and Stripes de nourrir l'ambition de remporter leur premier titre continental depuis 2007.

Après une longue pause loin des terrains, le meneur de jeu Landon Donovan est aussi de la partie. Son association avec Wondolowski se révèle pour le moment très productive. Wondo le bûcheur et Donovan, l'ex-golden boy reconverti en sauveur, forment pourtant un attelage bien improbable. "Il possède une intelligence de jeu incroyable", assure Wondolowski lorsque l'on évoque son partenaire, qui ne manque jamais une occasion de le servir depuis le début du tournoi. "Sa vision du jeu et son attitude sur le terrain son exceptionnelles."

Saisir sa chance
Si Wondolowski n'est sans doute pas près de déloger les titulaires habituels, il ne ménage pas ses efforts pour ouvrir des brèches à ses partenaires. En outre, ce véritable amoureux de la sélection n’est pas maladroit devant le but adverse. "Je suis tranquille. Je me sens à l'aise à ce niveau", poursuit Wondo, qui ne compte pourtant qu'une poignée de matches avec les États-Unis. "Je suis entouré de grands joueurs, qui m'adressent des passes extraordinaires. Tout ce que j'ai à faire, c'est de pousser le ballon au fond des filets. C'est le plus facile !"

Tout le monde ne sera pas d'accord mais peu importe : Wondolowski, né d'un père polonais et d'une mère indienne, est actuellement porté par la vague du succès. "Je suis comme tous les attaquants. Quand je marque, je me sens bien", reconnaît le Californien, resté muet contre le Costa Rica. "Dans ces conditions, tout devient plus facile : les passes, les appels… Je suis détendu et en confiance."

Wondolowski se retrouve aujourd'hui fer de lance d'une équipe américaine faite de bric et de broc, au sein de laquelle tout le monde ou presque a quelque chose à prouver. "Nous voulons remporter ce tournoi", prévient l'attaquant, à quelques jours du quart de finale contre le Salvador. "Nous avons tous envie de nous faire justice et de montrer de quoi nous sommes vraiment capables." Jusqu'à présent, personne n'a saisi sa chance avec autant d'ardeur et d'enthousiasme que Wondolowski, quelle que soit la façon dont on l'écrit.