Johnson, une tête faite pour la couronne
© Getty Images

Eddie Johnson ne passe pas inaperçu sur le terrain. Le joueur de Seattle Sounders se distingue par un éclair rasé sur le côté du crâne, au milieu d'une chevelure jaune vif. Ce style capillaire pour le moins original ne l'a pas empêché de se faire oublier au cœur de la défense du Salvador. Quatorze secondes après son entrée en jeu, l'attaquant des Etats-Unis a mis sa coiffure à l'épreuve en expédiant une reprise de la tête en pleine lucarne. Des débuts réussis dans cette Gold Cup de la CONCACAF 2013.

"Je n'avais jamais marqué si vite", reconnaît l'intéressé au micro de FIFA.com. Sur son premier ballon, Johnson a donné un avantage conséquent (3:1) aux États-Unis à l'heure de jeu. Par la suite, Landon Donovan et Mikkel Diskerud ont encore creusé l'écart pour porter la marque à 5:1 au coup de sifflet final.

Il est rare d'assister à un changement sur un corner mais Juergen Klinsmann ne fait rien comme tout le monde. Récemment, le sélectionneur américain n'a pas hésité à prendre des risques relancer la carrière de Johnson, qui a connu des moments difficiles. "Il faut saisir les occasions qui se présentent. Donovan a tiré fort au second poteau, je n'ai eu qu'à sauter pour envoyer le ballon au fond des filets" , raconte le modeste héros, aussi remarquable par son sens du but que par celui du peigne. "Cette coiffure me donne un peu de visibilité."

Les caméras se sont à nouveau braquées sur la tête de Johnson à la 78ème minute lorsque celui-ci a remis le ballon en direction de Donovan, auteur du quatrième but américain. Fort de ce succès, les Stars and Stripes ont désormais rendez-vous avec le Honduras au Texas, le 24 juillet. "J'ai suivi les matches à la télévision en essayant de ne rien manquer", explique l'ancien joueur de Fulham, appelé juste avant la deuxième phase du tournoi, en même temps que Matt Besler, Omar Gonzalez et Alan Gordon. "Je ne savais pas que le sélectionneur allait me convoquer mais c'est un honneur. J'ai bien l'intention de justifier sa confiance."

Toujours faim
Ce n'est pas la première fois que le buteur américain se sent redevable vis-à-vis de Klinsmann. Après des expériences difficiles en Angleterre et en Grèce, Johnson a été écarté du groupe juste avant la Coupe du Monde de la FIFA 2010™. L'an dernier, le technicien allemand a pourtant décidé de le rappeler en sélection. Depuis son retour en Major League Soccer, le véloce attaquant a renoué le succès, démontrant ainsi qu'il lui restait encore de belles années devant lui. "Il suffit de le regarder jouer pour voir sa détermination. Sa façon de presser les défenseurs et ses appels intelligents prouvent qu'il a toujours faim", confirme l'ancien attaquant de l'Allemagne, arrivé il y a deux ans aux commandes de la sélection US.

Johnson a fait ses débuts en équipe nationale dès 2004, alors qu'il n'avait pas 20 ans. Auteur de quatre buts lors de ses deux premières sorties, le jeune homme a rapidement été présenté comme un véritable phénomène. Depuis, le prodige a pris de la bouteille. À 29 ans, il n'est plus un simple attaquant mais aussi et surtout un meneur d'hommes.  "Je fais partie des joueurs les plus expérimentés du groupe dans cette Gold Cup", remarque le vétéran d'Allemagne 2006, qui approche des 55 capes. "Quand les choses deviennent difficiles, les jeunes se tournent vers moi. Je sais comment gérer ces situations. Dans ces cas-là, le sang-froid est contagieux."

Suivez le guide
Depuis le début du tournoi, les Américains ont inscrit 16 buts en quatre matches. Les attaquants sont en réussite mais Johnson préfère relativiser. "Tout le monde fait le maximum pour compliquer la vie du sélectionneur au moment de choisir le groupe qui participera à la Coupe du Monde au Brésil l'année prochaine", plaisante l'un des artisans du réveil des Stars and Stripes dans les qualifications pour le rendez-vous mondial, après des débuts ratés. "La Gold Cup est une occasion de se montrer. Je vais tout faire pour marquer le plus de buts possible car je veux être du voyage au Brésil."

Mais les États-Unis ont un autre objectif, à plus court terme. Ils n'ont plus inscrit leur nom au palmarès de l'épreuve continentale depuis 2007 et pour être en finale le 28 juillet à Chicago, ils devront venir à bout du Honduras. "Si vous n'êtes pas prêt à vous battre, les Honduriens vont vite vous le faire payer", prévient Johnson qui a vécu la défaite à San Pedro Sula en ouverture du tour final des qualifications pour Brésil 2014. "Pour nous, les choses commencent à prendre forme. Nous sommes sur la bonne voie."   

Pour s'engager sur la voie du succès, Klinsmann et les membres de la sélection américaine n'ont plus qu'à suivre le guide, aisément reconnaissable à sa coiffure.