Ladji Doucouré, sprinteur, 110m haies
Né le 28 mars 1983 à Juvisy-sur-Orge, l'enfant de la banlieue parisienne se passionne très tôt pour le football. Une fracture du tibia l'éloigne de la pelouse mais pas des stades, puisqu'il se licencie en athlétisme. Il opte d'abord pour le décathlon mais se spécialise ensuite sur le 110m haies. Il rate sa course aux JO 2004 à Athènes en chutant à quelques mètres de la médaille d'argent. Il conquiert toutefois le titre mondial le 12 août 2005 à Helsinki dans sa spécialité, s'octroyant également le jour suivant, la médaille d'or du relais 4x100 avec ses coéquipiers tricolores.
Qu'avez-vous pensé du match ?
Je les ai sentis un peu fatigués. Du coup, ils ont joué avec l'expérience. Ils ont pressés jusqu'à ce qu'ils marquent et ensuite ils ont géré. Ce n'est pas exactement qu'ils aient subi mais ils ont laissé jouer les Portugais pour, à leur tour, miser sur le contre. Du moins, c'est l'impression que j'ai eue.
Qu'est-ce qui vous a le plus impressionné ?
C'est la confiance et le calme qu'ils ont affiché. Ils ont été pris d'assaut de tous les côtés, attaqués par Cristiano Ronaldo qui menait la charge de toute une équipe, et ils n'ont jamais paniqué. Ils les ont laissé monter, sans se jeter sur eux, et les ont bloqués juste au bon moment. C'était incroyable. Les Portugais ont lancé beaucoup d'actions et eu énormément d'occasions de revenir au score mais la défense française n'a jamais paniqué, avec un Lilian Thuram magistral. Ils contrôlaient tout ce qu'ils faisaient.
Vous avez suivi les autres matches des Bleus ?
Evidemment, je les ai tous regardés. A mon avis, face à la Suisse, ils n'ont pas brillé car les deux équipes se connaissaient trop bien et ça n'a pas joué d'un côté comme de l'autre. Pour moi, le déclic a eu lieu face au Togo, qui avait envie de montrer qu'en tant que pays francophone, ils pouvaient s'élever à leur niveau. C'était un peu à quitte ou double. Déjà, pendant la première mi-temps face à la Corée, les Français ont commencé à placer leur jeu et installer leur football. Il manquait encore un peu de caisse', disons les choses comme ça. Le préparateur physique des Bleus avait d'ailleurs expliqué qu'ils avaient été entraînés pour monter en puissance au fur et à mesure des matches. Je pense que ça s'est vérifié sur le terrain.
On était en Coupe d'Europe à Malaga quand on a joué l'Espagne. On était confiants même si les Espagnols nous ont bien charriés la veille du match. Je pense que les Français ont eu ce déclic qu'ils pouvaient faire quelque chose. Et puis il y a eu le Brésil. Cela faisait des années qu'on ne les avait plus vus jouer comme ça. C'est vrai que c'est le match qui a le plus marqué les gens mais dans le milieu sportif, on a vu le déclic entre Togo et Espagne. La confiance est arrivée à ce moment là, je pense, parce qu'avant, ils attendaient un peu que ça arrive. C'est arrivé et ce n'est pas fini.
Peu importe ce qu'il se passera en finale, le but est qu'ils se fassent plaisir. Et qu'ils gagnent bien sur dans l'idéal... Mais ce qui compte vraiment, c'est que cet état d'esprit perdure avec et pour les générations à venir.
Pensez-vous qu'il y a un passage de relais ?
Il y a un moment où les Bleus ont manqué de fraîcheur. Le fait que des jeunes comme Ribéry par exemple, arrivent dans cette équipe, a dû leur faire beaucoup de bien. C'est comme en 1998, avec David Trézéguet et Thierry Henry qui avaient beaucoup apporté à l'équipe de France. Maintenant, il faut que ça continue dans ce sens là.
Vous supportez un club en particulier ?
J'habite à Paris donc je supporte le PSG en particulier. Mais j'aime le football en général. Je regarde tous les championnats européens, avec une prédilection pour Barcelone en Espagne et Arsenal en Angleterre. Pour la finale de la Ligue des Champions, j'étais très partagé entre mon admiration pour Ronaldinho et pour Thierry (Henry). Mais je voulais surtout voir un beau match, qui malheureusement a été gâché par la sortie de Lehmann.
J'espère que la finale de la Coupe du monde sera belle, elle aussi. J'ai une course la veille au meeting Gaz de France. Je vais essayer de m'organiser avec des amis pour qu'on regarde le match tous ensemble, avec les étrangers qui resteront sur Paris. Je vais me mettre tout en bleu. Allez les bleus !