FIFAworldcup.com s'est entretenu avec Marco Tardelli et Dominique Rocheteau, qui ont participé aux éditions 1978 et 1986 de la Coupe du Monde de la FIFA. FIFAworldcup.com a échangé quelques propos avec les deux champions, en s'attardant plus particulièrement sur la finale de dimanche.

Monsieur Tardelli, quel souvenir gardez-vous du France - Italie d'Argentine 1978 ?
On a eu du mal. La France était un adversaire difficile, doté de joueurs talentueux, comme Platini et Six. Nous avons gagné 2-1, grâce à notre plus grande expérience. On savait gérer la tension d'une compétition comme celle-là. Leur équipe, cependant, était d'un excellent niveau, avec des joueurs qui savaient jouer au ballon. Ils l'ont démontré quatre ans plus tard en Espagne.

Et du match de Mexique 1986 conclu sur le score de 2-0 pour la France ?
J'en ai de vagues souvenirs. Ce jour-là je n'ai pas joué. Aussi, je peux dire que malgré la "malédiction française" qui depuis frappe l'Italie (de 1986 à aujourd'hui l'Italie a toujours perdu ou a été éliminée contre la France), je n'ai jamais perdu face à la France.

Venons-en à la finale de dimanche soir : quel est votre sentiment sur ce choc entre les deux nations ?
J'ai vu une excellente équipe d'Italie, notamment dans les dernières rencontres. J'avoue avoir nourri quelques doutes au début du tournoi, car nos adversaires ne me semblaient pas du meilleur calibre. Mas au vu de la demi-finale contre l'Allemagne, on peut dire que les hommes de Lippi affichent une condition optimale tant au niveau physique que sur le plan mental.

Le fait de perdre de façon récurrente contre une même équipe peut-il avoir une influence sur un match de cette importance ?
En l'emportant en demi-finale, l'Italie a confirmé ses succès récurrents face à l'Allemagne. Il faut espérer que cette logique ne s'appliquera pas dimanche à notre détriment ! Il faut bien admettre que nos cousins français nous ont souvent donné du fil à retordre, même avant 1986, date du début de la malédiction française. Je me souviens de deux rencontres amicales, à Naples et à Paris, particulièrement difficiles pour nous (Italie – France (2-2) le 8 février 1978 à Naples ; France – Italie (2-0) le 23 février 1982 à Paris).

Croyez-vous que les joueurs français qui jouent ou ont joué dans le championnat italien auront une motivation supplémentaire dimanche soir ?
Je pense qu'il n'y aura pas de place pour de telles considérations. Peut-être que Zidane voudra laisser une impression inoubliable pour son dernier match… Pour le reste, une finale de Coupe du Monde suffirait, à elle seule, à motiver n'importe qui. Ce n'est pas la peine d'aller chercher plus loin. Tout le monde donnera le maximum, parce que c'est une finale et qu'il faut la gagner.

Croyez-vous qu'il y a aujourd'hui un nouveau Tardelli dans l'équipe de Lippi ?
Je pense que le football moderne est tellement différent, en terme de rapidité et de programmes d'entraînement, que l'on ne peut pas comparer les joueurs d'hier à ceux d'aujourd'hui. En ce qui me concerne, j'ai toujours marqué mon ami Platini : chaque fois que nous étions opposés je ne le lâchais pas d'une semelle (il sourit). Ce n'est plus possible aujourd'hui. Je ne vois pas Gattuso coller Zidane. Ce sont des choses qui ne se font plus.

Dernière question : que pensez-vous de Dominique Rocheteau ?
Lui et moi, on ne s'est jamais rencontrés sur un terrain de football. De toute façon, on n'occupait pas la même zone de jeu. C'était un excellent footballeur, qui jouait dans une grande équipe.