Il existe plusieurs similitudes entre la grande équipe du Portugal qui avait marqué de son empreinte le football des années 60 et l'actuelle sélection lusitanienne. Cette dernière se caractérise par son mélange de jeunes talents et de joueurs chevronnés, mais aussi par son jeu discipliné.

La ressemblance la plus évidente relève sans nul doute de la nature du sélectionneur. Les équipes en question sont en effet toutes deux dirigées par un entraîneur brésilien. FIFAworldcup.com analyse ces points communs entre l'escadron magique d'Eusébio, Torres et Coluna, et la sélection actuelle de Figo, Pauleta et Cristiano Ronaldo, qui veut elle aussi rentrer dans l'histoire de la Coupe du Monde de la FIFA.


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Un Brésilien aux commandes

Durant les éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA 1966, le Portugal était dirigé par Otto Glória. La carrière de ce Brésilien, natif de Rio, s'est principalement déroulée au Portugal, où il a également été joueur. En tant qu'entraîneur, Glória remporte cinq fois le championnat du Portugal et six fois la Coupe. Il dirige successivement Benfica, Belenenses et le Sporting du Portugal.

Glória, qui décède en 1986 à l'âge de 69 ans, se caractérise par sa rigidité. Il n'hésite pas à se passer des services de joueurs de renom quand il le pense nécessaire. On se souvient de le voir fréquemment hurler du bord du terrain à l'entraînement. Il est connu pour sa main de fer. Adepte du football offensif, il autorise pourtant ses attaquants à pratiquer le jeu individuel. Glória reste reconnu comme un grand expert du football. Grâce à son tempérament de vainqueur, il enlève également des titres au Brésil, ainsi que la Coupe d'Afrique des Nations 1980 avec le Nigeria. Il faut toutefois souligner que le sélectionneur officiel de l'équipe de 1966 était Manuel da Luz Afonso, Otto Glória en était l'entraîneur.

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Tout comme Otto Glória, l'actuel sélectionneur et entraîneur de la sélection portugaise, Luiz Felipe Scolari, ancien défenseur, est lui aussi un homme exigent, dur et très porté sur la discipline. Toujours déterminé, parfois méthodique, c'est avant tout un gagneur. Certains plaisantent parfois sur Felipão, comme on le surnomme, en disant qu'il aime susciter la polémique, pour s'offrir ensuite le plaisir de répondre aux critiques par des trophées. C'était déjà le cas à Grêmio. Son football pragmatique, tant contesté, permet pourtant au club de remporter la Copa Libertadores. À Palmeiras aussi, une partie de la presse critique largement sa philosophie. Mais là encore, il enlève entre autres le titre sud-américain. Aux commandes de la sélection brésilienne, à la Coupe du Monde de la FIFA, Corée/Japon 2002, il s'oppose de nouveau à tous en décidant de ne pas retenir l'attaquant Romário. Et c'est en champion du monde qu'il rentre au pays. À la tête du Portugal, la confiance qu'il accorde au milieu de terrain d'origine brésilienne Deco est critiquée, mais une fois de plus, le choix de Scolari s'avère être le bon.

Les formations d'Otto Glória et de Scolari passent toutes deux tranquillement les éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA. La qualification s'obtient dans les deux cas sans véritable crainte. Pour l'édition 1966, le Portugal affronte, par matches aller/retour les sélections de Turquie, Roumanie et Tchécoslovaquie. En remportant leurs quatre premières rencontres, les Portugais s'assurent pratiquement leur place en phase finale. Malgré un résultat nul contre les Tchécoslovaques et une défaite lors du dernier match contre les Roumains, ils terminent premiers de leur groupe et s'offrent ainsi leur première participation à une Coupe du Monde de la FIFA.

Pour Allemagne 2006, le Portugal termine aussi en tête de son groupe, sans jamais se faire véritablement peur et sans la moindre défaite. Les seuls moments de doute sont peut-être ceux qui succèdent le match nul 2-2 contre le Liechtenstein. Ce résultat, face à la modeste Principauté qui n'avait jusqu'alors jamais obtenu le moindre point lors d'éliminatoires de la Coupe du Monde de la FIFA, est vécu par beaucoup comme une humiliation. Les critiques se taisent quatre jours plus tard, lorsque les rouges et verts massacrent la Russie 7-1, infligeant du même coup aux joueurs de l'est leur pire défaite depuis la dissolution de l'Union soviétique.

Les buteurs

Eusébio, le grand attaquant de Benfica, est sans conteste la grande star de la sélection portugaise qui remporte la troisième place en 1966. Le meilleur footballeur portugais de tous les temps est le meilleur joueur de la compétition et l'un des meilleurs buteurs de la compétition . Il marque neuf fois en six rencontres.

La sélection d'aujourd'hui compte dans ses rangs des joueurs comme Figo et Cristiano Ronaldo, capables de sceller le sort d'un match. Mais c'est surtout sur l'attaquant du Paris Saint-Germain Pedro Pauleta que reposent tous les espoirs pour trouver le chemin des filets. Le Parisien vient de rejoindre Eusébio dans l'histoire, en battant récemment le record de buts marqués, détenu jusqu'à présent en exclusivité par le légendaire avant-centre des années 60. Eusébio a d'ailleurs tenu à appeler personnellement le nouveau recordman pour le féliciter. Les supporters lusitaniens souhaitent maintenant que cette passation soit un signe de bon augure en vue du prochain tournoi en Allemagne.

Pour les plus superstitieux, d'autres coïncidences sont troublantes. La seule fois où le Portugal a passé le premier tour de la Coupe du Monde de la FIFA, il avait dans son groupe une de ses anciennes colonies. Cette année, ce sera à nouveau le cas puisqu'il affrontera l'Angola.

En 1966, le défi semblait plutôt rude à relever. L'ancienne colonie n'était autre que le Brésil, déjà double champion du monde, qui comptait dans ses rangs des noms tels que Pelé et Garrincha.

On se souvient comment les Portugais ont renvoyé leurs cousins chez eux plus tôt que prévu. Les hommes de Figo veulent cette fois-ci en faire de même avec leurs adversaires angolais.

Jusqu'où le Portugal peut-il aller ?

Il est impossible de prévoir si l'équipe de 2006 pourra égaler, voire dépasser, la performance de son homologue d'il y a 40 ans. Pourtant, nombreux sont ceux qui pensent que cette équipe peut aller très loin.

Le milieu de terrain Luis Figo, un des capitaines de la sélection, a déclaré lors d'un entretien à FIFAworldcup.com : "Pour moi, le succès, c'est la victoire. C'est la seule chose qui compte pour un professionnel. Toutefois, je suis bien conscient du fait que plusieurs équipes ont de meilleurs chances que nous de s'imposer... Mais il y a toujours eu des surprises et il peut y en avoir d'autres. (...) Evidemment, nous serions très heureux de parvenir en demi-finale. Ce ne serait pas si mal que ça pour nous, vous ne pensez pas ?".

A l'instar de son expérimenté capitaine, le sélectionneur Scolari est très clair : "L'objectif est d´être champions, mais si l'équipe parvient en demi-finale, ce sera déjà un excellent résultat".

Dans tout le pays, les supporters semblent être sur la même longueur d'onde : atteindre la demi-finale serait déjà une grande performance. Mais tous s'autorisent aussi à rêver, en premier lieu, à la conquête du titre mondial. Reste donc à savoir si toutes ces coïncidences entre les deux générations se prolongeront jusqu'à la fin de la compétition. Pour cela, il nous faudra encore patienter et observer avec intérêt le grand événement sportif qui se déroulera en Allemagne en cet été européen !