Les Italiens champions du monde à Espagne 1982 assisteront ce soir à Italie France en espérant fêter la victoire avec leurs dignes successeurs. Mais surtout, ils se souviendront de leur compagnon Gaetano Scirea, homme et footballeur exceptionnel, qui les a quittés.
Dino Zoff, Ivano Bordon, Giovanni Galli, Giuseppe Bergomi, Claudio Gentile, Pietro Vierchowod, Franco Baresi, Fulvio Collovati, Antonio Cabrini, Gabriele Oriali, Giampiero Marini, Giancarlo Antognoni, Marco Tardelli, Bruno Conti, Giuseppe Dossena, Franco Causio, Franco Selvaggi, Daniele Massaro, Paolo Rossi, Alessandro Altobelli, Francesco Graziani.
La plupart des héros d'Espagne 1982 seront ce soir à l'Olympiastadion, certains en mission officielle, d'autres comme simples supporters. Giuseppe Bergomi, par exemple, commentera la rencontre en direct, tandis que Ivano Bordon sera sur le banc italien, exactement comme le 11 juillet 1982. Ce jour-là, il était gardien de but remplaçant. Ce soir, ce sera en sa qualité d'entraîneur des gardiens qu'il siègera sur la panchina.
Seul le superbe libéro de cette Italie championne du monde manquera à l'appel. Gaetano Scirea est en effet décédé le 3 septembre 1989 à l'âge de 36 ans dans un accident de la route, non loin de Varsovie, en Pologne, à environ 500 km du lieu qui accueillera ce soir la finale d'Allemagne 2006. Il travaillait pour la Juventus, un club avec lequel il avait tout gagné et qui, depuis, a donné son nom au virage du Stadio delle Alpi qui abrite ses supporters.
Nous avons demandé quel souvenir avaient gardé de lui ceux qui l'accompagnaient dans cette formidable aventure espagnole et dont beaucoup le côtoyaient aussi à la Juve. La réponse a été unanime : "Un garçon exceptionnel, que tout le monde aimait et respectait". Côté technique, Scirea faisait parler sa classe au sein de la défense, en artiste accompli et jamais égalé depuis. Rempart infranchissable, il savait aussi se muer en milieu de terrain élégant quand la situation sur le terrain l'exigeait.
Tête haute, personnalité affirmée, jeu propre
C'est lui qui est à l'origine de l'action qui amène le second but de la finale contre l'Allemagne, celui de Marco Tardelli. A l'instar de Ruud Krol et de Franz Beckenbauer, il a contribué à donner une autre image du rôle de libéro. Au cours de sa carrière, il n'a jamais été expulsé : un record.
Scirea a fait ses premiers pas sous le maillot azzurro en 1975, à l'âge de 22 ans (Italie Grèce : 3-2). Son dernier match, il l'a joué contre la France, justement. C'était celui de la Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 1986, sa troisième édition. Il aura honoré 78 sélections et marqué deux buts avec la Squadra Azzurra. En club, il signe 24 buts en 397 matchs de Serie A. Avec la Juventus, il s'adjuge 7 Scudetti, 2 Coupes d'Italie, une Coupe de l'UEFA, une Coupe des Coupes, une Coupe d'Europe des clubs champions, une Super Coupe d'Europe et une Coupe Intercontinentale.