Première Coupe du Monde de la FIFA et premier exploit pour l'Ukraine. Alors que beaucoup lui promettaient la sortie dès la phase de groupe, l'ex-république soviétique s'est hissée parmi les huit meilleures nations de la planète. Battue par l'Italie en quart de finale, l'Ukraine n'en est pas abattue pour autant.

Après l'élimination de son équipe, c'est un Oleg Blokhin souriant qui se présente en conférence de presse. Pourtant ses joueurs viennent d'encaisser un sévère 3-0 face à la Squadra azzurra et ont laissé échapper l'occasion de se qualifier pour les demi-finales du tournoi.

Mais le sélectionneur national ukrainien ne s'arrête pas sur ce dernier match et préfère juger la performance de son groupe sur l'ensemble de la compétition. "Je ne suis pas déçu. Au contraire, je suis satisfait", affirme Blokhin. "Nous avons fait ce qu'aucune équipe d'Ukraine n'avait fait avant, à savoir atteindre les quarts de finale sachant que c'était notre première participation."

Pourtant, les choses avaient plutôt mal commencé. Pour la première rencontre de leur histoire dans la compétition, les Ukrainiens subissent la loi des attaquants espagnols. Battus 4-0 et finissant le match à 10, ils paient cher leur manque d'expérience et leur naïveté. Une déroute qui pousse alors Marcos Paqueta, entraîneur de l'Arabie saoudite, à qualifier son futur adversaire de "faible".

Un football basé sur le résultat

Le Brésilien ne se doute pas encore que la réaction d'orgueil des Est-européens va être terrible. Pour son deuxième match face aux Saoudiens, l'Ukraine termine une seconde fois avec un tableau d'affichage annonçant un 4-0, mais en sa faveur cette fois. Il faut croire que Blokhin a su trouver les mots juste pour relancer ses joueurs.

C'est donc avec son destin entre les pieds que l'Ukraine aborde son dernier match du Groupe H face à la Tunisie. On est loin de la démonstration offensive infligée aux Saoudiens, mais l'essentiel est là : l'Ukraine décroche une victoire 1-0, Andriy Shevchenko inscrit son deuxième but dans le tournoi et, pour sa première participation, l'Ukraine est en huitième de finale.

Toujours aussi peu spectaculaire, elle pousse la Suisse jusqu'à la séance de tirs au but où un Oleksandr Shovkovskyi des grands soirs ruine les espoirs helvétiques. "Nous pratiquons un football basé sur le résultat" lançait simplement Blokhin après la qualification pour répondre aux critiques quant à la qualité de jeu de son équipe. Même son de cloche de la part de son attaquant Andriy Voronin : "Notre style de jeu n'est pas très palpitant pour les spectateurs, mais il nous a réussi jusqu'à présent. Nous sommes solides en défense". C'était avant le quart de finale face à l'Italie…

Les promesses d'un avenir doré

Mais c'est avec le sentiment du devoir accompli et un avenir plein de belles promesses que l'Ukraine quitte la compétition. Au rayon des satisfactions, la ligne défensive a confirmé les espoirs entrevus lors des qualifications. Devant Shovkovskyi, le jeune Andriy Rusol a dirigé une défense qui a passé trois matches sans encaisser de but. Anatoliy Timoschuk s'est fait un nom sur la scène mondiale en promenant efficacement sa chevelure blonde aux quatre coins du terrain. En attaque, Sheva a réussi à inscrire deux buts, bien soutenu par Voronin et Maksym Kalinichenko, révélation ukrainienne du tournoi.

Avec quatre joueurs vice-champions d'Europe espoirs dans l'effectif , dont le très prometteur Artem Milevskiy, l'équipe d'Oleg Blokhin est d'ores et déjà promise à un avenir doré pour les prochaines échéances internationales.

"Nous sommes capables de gagner la Coupe du Monde" annonçait Blokhin après la qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA 2006. Avec son réservoir de talents et l'expérience acquise sur le sol allemand, ce sera peut-être pour 2010.