Après une journée de repos bien méritée, les joueurs italiens ont rencontré la presse dans leur retraite de Duisbourg. Ensuite, sous une chaleur étouffante, ils ont pris le chemin du terrain d'entraînement, pour une avant-dernière répétition générale avant la finale de dimanche.

La conférence débute par une mauvaise nouvelle, certes attendue. Le docteur Castellacci, médecin officiel de la Squadra azzurra, confirme que le solide défenseur central Alessandro Nesta ne participera pas à la finale de Berlin, car il se ressent toujours de la douleur aux adducteurs contractée face à la République tchèque.

A part cela, le moral est au beau fixe. Les chefs-d'œuvre de Fabio Grosso et d'Alessandro del Piero, ainsi que les célébrations qui ont suivi la première défaite de l'Allemagne dans sa forteresse de Dortmund, sont encore dans toutes les mémoires. Fabio Grosso a inscrit un but dont ses petits-enfants et probablement ses arrière-petits-enfants entendront parler. Le défenseur de Palerme décrit ce qu'il a ressenti au moment décisif : "Quand j'ai frappé, je n'avais rien de spécial en tête. J'ai été un peu surpris de me retrouver à l'intérieur de la surface. Après, j'ai essayé de placer le ballon dans le seul endroit où il avait une chance d'entrer. D'ailleurs, je ne l'ai même pas vu franchir la ligne. Mais d'après les réactions, j'ai tout de suite compris. Je dois remercier Andrea (Pirlo) pour sa passe fantastique. Il m'a mis le ballon dans un trou que lui seul est capable de voir".

"Les Français sont favoris"

Alessandro del Piero est redevenu il Pinturicchio à l'instant même où son équipe en avait le plus besoin, clouant au passage le bec à ses nombreux détracteurs. "C'est incroyable tout ce qui s'est dit sur moi. La plupart du temps, c'était complètement faux, fait-il remarquer. On a dit que je ne servais à rien. Il y en a marre de tous ces ragots. Je vais continuer de tout donner, jusqu'à la dernière seconde du dernier match." Del Piero, faut-il le rappeler, est un monstre d'expérience. C'est donc en toute logique qu'il cède à ses adversaires de dimanche le statut de favoris, "parce qu'ils (les Français) ont Zidane et qu'ils jouent désormais avec beaucoup moins de pression. Mais le match en lui-même sera spécial. Tout peut arriver."

Les Italiens sont parfaitement conscients de la tâche qui les attend face à la France. Ils savent également que pour s'imposer, ils devront encore hausser le ton par rapport au match contre l'Allemagne. Le danger des dangers se nomme évidemment Zinédine Zidane. "Nous possédons plusieurs joueurs capables de marquer Zizou, dans toutes les lignes. Nous avons aussi Gattuso, qui est dans une forme incroyable. Il n'a pas besoin d'encouragement. Au contraire, car avec un peu plus de motivation, il détruirait tout sur son passage !", plaisante Materazzi.

Le défenseur de l'Inter ajoute qu'il sera essentiel pour la Squadra de ne pas se reposer sur ses lauriers, mot d'ordre qu'il mime en se giflant gentiment. Visiblement, cela n'est pas près d'arriver, étant donné la soif de victoire qui anime les Transalpins. "Iaquinta, moi-même, Grosso et Gattuso avons parcouru un long chemin ces dernières années. Il ne faut pas oublier qu'il n'y a pas si longtemps, nous ne jouions même pas en Serie A." Franck Ribery pourrait en dire autant...